Le suicide au Gabon : une pratique qui se répand.

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Le suicide est une cause importante de décès prématuré et évitable. La recherche indique que la maladie mentale est le facteur de risque le plus important du suicide et que plus de 90 % des personnes qui se suicident souffrent d’un trouble mental ou de dépendance. La dépression est la maladie la plus courante chez les personnes qui meurent à la suite d’un suicide, et environ 60 % souffrent de cet état pathologique.

Aucun facteur déterminant, y compris la maladie mentale, ne suffit à lui seul à provoquer un suicide. Habituellement, le suicide résulte plutôt de l’interaction de nombreux facteurs, notamment : la maladie mentale, l’échec du mariage, les difficultés financières, la détérioration de la santé physique, une perte importante, ou un manque de soutien social. Reste que le facteur le plus associé aux pensées suicidaires reste d’avoir vécu un épisode dépressif caractérisé au cours de l’année.

Au Gabon, il n’y a quasiment pas de prise en charge des suicidants ; le risque étant alors celui de la récidive. Il serait judicieux de développer des structures spécialisées dans la prise en charge des suicidants, qui viseront à éviter le risque de récidive.

En effet, le corps médical et l’État doivent s’impliquer dans la prise en charge du problème suicidaire. La prévention du suicide reste un vaste chantier à construire. De toute urgence. C’est donc plutôt une sanction de l’absence de la performance étatique qui est établie. Malgré la désignation du suicide comme problème public, le suicide n’est pas une préoccupation du pouvoir politique.

Face à ce drame de santé publique, il s’agit d’intervenir aussi bien à proximité du passage à l’acte suicidaire qu’après, pour maintenir le contact post-hospitalisation avec les personnes ayant effectué une tentative de suicide.

Le peu d’attention consacrée à la prévention du suicide peut s’expliquer par le silence qui entoure aujourd’hui encore ce geste. Les tentatives de suicide ont tendance à être banalisées alors qu’elles sont le signe d’un mal-être qui, s’il n’est pas décelé, met en péril la vie du jeune. Il y a bien une distorsion entre l’action publique mise en place pour prévenir le suicide et sa mise en visibilité dans les discours médiatiques. Le suicide n’est donc pas encore devenu un problème public.

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