Littérature : « Sanctions et peines : l’orage d’une vie », le premier roman d’une voix gabonaise Edifice Price, engagée pour l’équité.

Émotion, gratitude et conviction. C’est dans cette atmosphère qu’a été présenté officiellement « Sanctions et peines : l’orage d’une vie », le premier ouvrage d’une auteure gabonaise résidant à Londres. Edifice Price, Matchanga Blaçche de son vrai nom. Un roman de fiction qui choisit la littérature comme miroir pour interroger les déséquilibres éducatifs dans les familles africaines.

Un premier livre né de la persévérance

Debout, souriante, la voix encore nouée par l’émotion, l’auteure a ouvert son discours par un hommage à Dieu, citant 2 Timothée 3:16 : « Toute Écriture est inspirée de Dieu. Elle est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » Un verset qui résume l’intention du livre : instruire et faire réfléchir.

Derrière la façade confiante de la romancière se cache un parcours exigeant. « Derrière chaque page se cachent des heures de réflexion, de travail, de recherche, de questionnements, mais aussi de persévérance et de passion pour l’écriture », a-t-elle confié.

Avant même d’évoquer son œuvre, elle a tenu à rendre hommage à Boungouéré Mazarin, mentor disparu qui « a posé les rails sur lesquels ma vie a avancé ». Une figure tutélaire dont la présence silencieuse, plus éloquente que les mots, continue de guider l’écrivaine.

« Sanctions et peines : l’orage d’une vie » se présente comme un roman. L’auteure insiste : ce n’est ni une autobiographie ni un témoignage. Personnages, lieux et événements relèvent de l’imaginaire. Mais l’inspiration puise dans des réalités sociales bien concrètes.

Le cœur du livre bat autour d’une question simple et douloureuse : le traitement différencié des filles et des garçons au sein de nombreuses familles africaines. Parfois sans mauvaise intention, les garçons bénéficient de plus d’attention, de privilèges, d’opportunités.

Des différences qui, en apparence anodines, laissent selon l’auteure des « blessures profondes, des frustrations silencieuses, des conflits familiaux et des traumatismes durables ».

À travers le parcours fictif de son personnage principal, elle montre comment les injustices de l’enfance peuvent « modeler une personnalité et provoquer des tempêtes intérieures dont les conséquences se répercutent sur toute une existence ».

L’équité comme horizon
Le roman se veut une invitation. Invitation à regarder les filles avec « le même regard d’espérance que celui que nous portons pour nos garçons ». Invitation à comprendre que l’équité familiale est un facteur de paix, d’épanouissement et de cohésion sociale.

Pour le dire, l’auteure convoque la sagesse tsèbi : « Sosinte Mawe Banga Gachi »– que la paix soit avec vous. Et « Wanamukasa O Mwanalibala Ibandangachisa Solitondo »– la fille et le garçon poussent vers la même dignité et méritent le même amour.

Une plume entre Londres et le Gabon
Britanno-gabonaise, résidente à Londres, l’auteure garde son cœur ancré au Gabon, « cette terre qui m’a vue naître et grandir, et dont mon cordon ombilical a été enterré ».

À travers la littérature, elle ambitionne de transmettre des valeurs positives, d’éduquer la jeunesse, de promouvoir la culture africaine et de redonner le goût de la lecture aux nouvelles générations.

Elle espère que son livre trouvera un écho auprès des jeunes, des parents, des éducateurs et des décideurs. Son vœu : ouvrir un dialogue sincère sur la place de la femme, l’égalité des chances, la résilience et le dépassement de soi.

L’aventure littéraire ne fait que commencer. L’auteure annonce déjà un tome 2 et un troisième ouvrage en préparation. « Sanctions et peines : l’orage d’une vie » vient de poser le premier jalon.



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