Le débat de Missélé eba’a: BGFI Congo sur les pas de Cahuzac…

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Une vue du siège de BGFI Congo

Le principal reproche qui est fait aux antis France primaires est qu’ils veulent combattre un adversaire dont ils ne connaissent ni l’histoire ni les méthodes de combat. Pire, ils ne se sont même pas assurés de la mise en place des conditions nécessaires qui pourraient convaincre le plus grand nombre à les suivre.

Dans le bras de fer qui vient d’être engagé entre Mediapart et BGFI Congo, avec la première réaction publique de la banque, tout nous fait dire qu’elle ne pourra pas gagner cette bataille politico financière. En effet, les mêmes causes produisent toujours mêmes effets. Il suffit de se remémorer le scandale Jérôme Cahuzac pour s’en convaincre.

En décembre 2012, Jérôme Cahuzac est ministre délégué chargé du budget. Le site Mediapart affirme qu’il aurait des fonds non déclarés en Suisse et à Singapour. Le ministre nie à bloc ses accusations y compris même devant la représentation nationale. Il dit être face à un complot et considère ses affirmations infondées, calomnieuses et diffamatoires.

Cette situation embarrassante pour le gouvernement Jean Marc Ayrault et l’Élysée de  François Hollande hésite à le faire démissionner tant la froideur de Jérôme Cahuzac en plein culte de mensonges sème le doute et la confusion. Malheureusement pour ce dernier, Mediapart qui demeure fidèle  à sa méthode de travail et qui disposait  de tous les éléments prouvant la véracité de ses propos servit la cerise sur le gâteau en offrant à l’opinion publique tous les éléments qui ont amené Cahuzac à reconnaître son mensonge.

Pas une, pas deux, il fut débarqué du gouvernement, exclu des rangs du parti socialiste et condamné par la justice française. C’est dire, lorsque Mediapart vient à affirmer des choses aussi graves sur une banque comme BGFI en rappelant ses collusions avec le pouvoir de Joseph Kabila et son entourage, ce qui est dit doit être pris avec plus de sérieux.

Mediapart laisse toujours le temps à ses contradicteurs le soin, soit d’engager des discussions, soit de nier avant de sortir l’arme fatale. En regardant la réponse de BGFI Congo, la banque a choisi le chemin de la terre brûlée, de l’affrontement. Attendons-nous à recevoir à dose homéopathique les révélations sur la saga BGFI Congo qui n’est que la première saison du nouveau feuilleton politico-financier.

En résumé: (1) Mediapart informe l’opinion  publique sur l’évasion fiscale de Jérôme Cahuzac. (2) Ce dernier nie les accusations portées contre lui, en public et comme devant les députés français. (3) Mediapart sort alors l’artillerie lourde qui démontrent que Jérôme Cahuzac est en pleine saison de mensonges. (4) Cahuzac est rattrapé par la réalité, les preuves insoupçonnées sont irréfutables. Il passe aux aveux en reconnaissant publiquement qu’il  a menti et trompé la République. Il est débarqué du gouvernement et est exclu du parti socialiste. (5) La justice française le juge et le condamne. Il n’est pas jeté en prison mais est obligé de porter un bracelet électronique.

Le groupe BGFI ne sera pas condamné à porter un bracelet électronique mais pourrait se voir retirer son agrément au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés. On parle ici de fonds qui auraient servi à financer le terrorisme. Rien qu’avec cet argument, la banque a de bonnes raisons de s’attirer les foudres de tous ceux qui ont été victime des désastres du terrorisme. Quel pays pourrait lui venir en aide?

Connaissant les méthodes de frappe de Mediapart, cette réaction de BGFI Congo a été très maladroite. Ce média a eu accès à plus de trois millions de données et près de six mois pour les décortiquer. Donc avant de pondre un communiqué, il eut fallu bien réfléchir. Une chose est désormais certaine, la suite s’annonce palpitante.

Par Télesphore Obame Ngomo

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