Gabon : Ali Bongo aurait été trahi par John Marchos Ankely, Vérificateur général de l’autorité nationale des vérifications et des audits, au profit d’Anatole Kabounou Onkoni et Jean Félix Mezui.

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Le Directeur général des transports terrestres (DGTT) Anatole Kabounou Onkoni et le Directeur du CNEDDT Jean Felix Mezui dans un réseau mafieux

Le  jeudi 18 novembre dernier en début de matinée, les agents de la direction générale des transports terrestres (DGTT) ont été surpris de voir débarquer dans leurs locaux des agents envoyés par la présidence de la République flanquée des éléments des forces de sécurité. Le but de cette présence tonitruante et apparemment très encombrante visait à répondre aux missions de qui ont été assignées à ces agents par le cabinet du chef de l’État. 

Il s’agit là d’une mission de vérification de l’autorité nationale de vérification et d’audits basée au sein de la présidence et dont le patron a la tête de cette institution est un certain John Marchos Ankely.

Selon certaines informations, la présence de ces vérificateurs semble avoir été inspirée par les nombreuses dénonciations faites depuis plus d’un an autour de la production de faux documents et de nombreux détournements financiers constatés par les lanceurs d’alerte au sein de la confédération générale des petites et moyennes entreprises. A force de rapports et de documents qui circulent, de bulletins de renseignements, le cabinet du Président de la République a certainement fini par déployer des enquêteurs pour en savoir plus.

Il faut dire que cette institution de la présidence de la République qui a été mise en place au lendemain de la  création de la task force, répond uniquement et directement aux instructions du cabinet du Président de la République. C’est-à-dire que chaque mission de l’autorité nationale de vérification et d’audits est ordonnée et contrôlée par les proches collaborateurs du chef de l’Etat.

Mais ce qui paraissait une surprise pour les agents de la DGTT, ne l’était pas pour Anatole Kabounou Onkoni le directeur général lui-même. Il semble qu’Anatole Kabounou Onkoni avait eu l’information de cette descente quelques heures avant et qu’il s’y était préparé moralement. Le jour de la descente qui était bien connu du DGTT n’a pas du tout embarrassé les proches du DGTT. Mais quelques interrogations semblaient tout de même apparaître au sein de son cabinet. C’est alors que pour rassurer les siens et mieux montrer qu’il maîtrise la situation, il va se laisser aller à des confidences.

Anatole Kabounou Onkoni le DGTT fidèle à sa nature ne se gênera pas de dire à tous ceux qui l’entourent que l’autorité nationale de vérification et d’audits est gérée par son neveu, c’est-à-dire John Marchos Ankoly. Aussi tôt dit, il va courir informer son complice Jean Félix Mezui pour le rassurer également. « Vous vous affolez pourquoi, garder votre calme, il n’y aura rien. C’est mon neveu qui est le patron de cet agent. Donc arrêtez de vous inquiéter » c’est en ces termes qu’Anatole Kabounou Onkoni s’est exprimé auprès de ses collaborateurs le vendredi 19 novembre. Avant la fin de la journée de ce même vendredi, il ordonnera à ses proches collaborateurs de se préparer à travailler le samedi 20 novembre et le dimanche 21 novembre pour effacer toutes traces des documents compromettants.

Aussi dit, ses collaborateurs vont s’exécuter et les locaux de la DGTT vont être bien fréquentés tout ce week-end par les agents du cercle fermé d’Anatole Kabounou Onkoni. Parmi ses collaborateurs, il y a le directeur des transports routiers des marchandises (DTR) et ceux qui gèrent les différentes recettes liées aux permis, aux redevances des concessions……etc. Le DTR est celui qui gère les licences de transport de marchandises. Les licences de transports de marchandises constituent  la troisième source de revenus au sein de la DGTT après les cartes grises et les permis de conduire. Dans ces transactions des licences sont délivrées aux usagers sans une quittance du trésor en contrepartie. Quand on sait que le coût d’une licence de marchandises ce chiffre entre 150.000 francs CFA et 500.000 francs CFA. Il s’agit donc de plusieurs centaines de millions qui échappent aux caisses de l’État depuis plusieurs années au profit d’une poignée d’individus qui se construisent des villas luxueuses, voire des cités à tour de bras.

Si vous ajoutez à ces détournements des ressources issues des licences de marchandises, celles des cartes grises qui font de Jean Felix Mezui un des Gabonais les plus riches depuis quelques années, on parle donc ainsi de plusieurs milliards détournés.

Il faut comprendre que toute découverte compromettante dans les dossiers  ténébreux  d’Anatole Kabounou Onkoni et Jean Félix Mezui pourrait inévitablement conduire à leur perte et sonnerait définitivement leur perte. Le rapport issu des investigations de ces agents vérificateurs sera inévitablement soumis à l’avis du cabinet du Président de la République qui comme nous le savons ne laissera pas impunie les détournements de cette pègre qui s’est accaparé les caisses du ministère des Transports sous le regard bien complice du ministre Brice Constant Paillat. Si l’on considère le trou de plus de 2 milliards de francs CFA qui est bien visible dans les comptes du Trésor public pour la production des cartes grises, les 20 milliards de francs CFA  perdus par la Douane au titre des importations illégales, les 700 millions de francs CFA pour les licences de marchandises, c’est donc une manne financière importante qui a enrichi les réseaux mafieux d’Anatole Kabounou Onkoni et Jean Félix que les agents de vérificateurs pourraient soumettre à l’avis du cabinet du chef l’Etat. Nous avons appris que Jean Félix Mezui qui prenait du bon temps en France depuis plusieurs semaines est rentré précipitamment dans la nuit du jeudi pour mieux gérer ce qui s’apparente désormais à une crise au sein du ministère des Transports.

Il y a donc lieu de croire que John Marchos Ankely a véritablement trahi la confiance du Président de la République donnant certaines informations à son oncle Anatole Kabounou Onkoni. Certaines démarches des enquêteurs de cette agence méritent bien des questionnements et pourraient renforcer nos doutes.

Premièrement, pourquoi une mission aussi importante est diligentée en fin de semaine laissant ainsi tout un week-end à la DGTT pour mieux camoufler certaines informations ? Deuxièmement, pourquoi aucun scellé n’a été fait à la suite de ces deux premières journées, quand on sait que de nombreuses preuves peuvent être camouflées ?

Troisièmement, pourquoi les responsables de cette agence ne se sont pas rapprochés du Conseil National de sécurité pour mieux préparer leur mission ?

Nous pouvons être très sûrs d’une chose, il sera difficile pour John Marchos Ankely de soumettre à l’attention du cabinet du chef de l’État un rapport compromettant  contre ses oncles Anatole Kabounou Onkoni et Jean Félix Mezui.

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