La situation des handicapés au Gabon est une véritable plaie.

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Vivre avec un handicap a longtemps signifié vivre isolé. Aujourd’hui, la société porte sur les personnes handicapées un regard moins discriminant mais, surtout, elles font de plus en plus entendre leur voix. Au point de revendiquer une identité, voire une culture à part entière. Par personnes handicapées on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres.

Force est de constater que si les attitudes ont varié face à la vie handicapée, les crispations normatives et les fêlures de la communauté humaine qui en découlent sont pérennes. Résistant au temps, elles traversent les siècles. Parce que la survenue du handicap nous dérange, nous fait vaciller.

Au Gabon, l’intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées représente un défi important. Les programmes de soutien dédiés à ces populations manquent et les infrastructures facilitant leur accès aux services publics sont insuffisantes. Selon le dernier recensement réalisé en 2013, le Gabon compterait officiellement 37 789 personnes en situation de handicap soit une prévalence nationale de 2,2%, avec une population rurale en situation d’handicap deux fois et demie plus élevée (4,7%) qu’en milieu urbain (1,9%). La forme de handicap la plus répandue aujourd’hui est celle du handicap moteur des membres inférieurs et/ou supérieurs.

Malgré les dispositions législatives, le handicap reste une cause d’exclusion, en termes d’éducation, d’accès aux infrastructures, d’intégration professionnelle, mais aussi d’acceptation sociale. L’objectif, pour les personnes handicapées, demeure le même : participer pleinement à la vie de la cité. Pourtant le Gabon avait ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées en 2007 et son Protocole facultatif en 2014. De plus, la formulation de politiques et la mise en œuvre de la Convention au Gabon laisse à désirer. Pour que la situation des personnes handicapées soit améliorée, celles-ci doivent être invitées à participer aux décisions qui les concernent.

Il serait judicieux que la législation nationale soit harmonisée avec la Convention et que les droits qui y figurent puissent être invoqués devant les tribunaux. Cela n’est possible que si les personnes handicapées sont informées de leurs droits et si elles savent comment procéder pour ce faire. Cela implique d’adopter des textes de loi relatifs au handicap et à la lutte contre la discrimination.

L’inclusion sociale des personnes handicapées est un sujet qui prend beaucoup d’ampleur dans notre société depuis plusieurs années. Il y a une réelle pression des familles et des associations et du monde politique en faveur de l’inclusion des personnes handicapées. L’objectif est de promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par les personnes handicapées et de promouvoir le respect de leur dignité intrinsèque. L’inclusion est une valeur prônée par cette Convention ratifiée par le Gabon.

Les personnes handicapées ont leur place dans notre société qui doit s’adapter, s’ouvrir à la différence pour être plus inclusive. L’inclusion des personnes handicapées est à penser à tous les niveaux : éducation, travail, sport, culture.

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