La ZLECAF : Pour une Afrique structurante et inclusive.

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Les producteurs de pétrole doivent être soudés.

La Zone de libre-échange continentale en Afrique (ZLECAF), officiellement lancée en juillet 2019 à Niamey, au Niger, lors d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) avec l’objectif d’un démarrage du marché à partir du 1er juillet 2020, a été signée par la totalité des pays d’Afrique, exception faite de l’Erythrée.  Prévue en effet pour le 1er juillet 2020, la mise en œuvre effective de la ZLECAF a été reportée. En cause : la pandémie de coronavirus qui agenouille l’économie du continent.

Pour rappel, les discussions sur cet ambitieux projet ont débuté en 2012 lorsque l’Union africaine a décidé pour la première fois de se doter d’un plan à l’échelle du continent. Il vise à créer un marché unique des biens et des services, à permettre la libre circulation des entreprises et des investissements et à créer une union douanière chargée de réguler les tarifs.

A travers la ZLECAF, l’Afrique montre sa détermination  à diversifier son économie et à mettre un réel accent sur la transformation locale de ses matières premières, donc sur son industrialisation, et trouver un environnement propice pour booster ses exportations de biens et de services.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale encouragent les pays d’Afrique à surmonter les obstacles à l’instauration de leur vaste zone de libre-échange, potentiellement le plus grand marché au monde, susceptible de favoriser durablement la croissance sur le continent.

L’Afrique a donc concrétisée sa grande zone de commerce abolissant barrières tarifaires et non tarifaires afin d’amplifier la transformation économique de la région en stimulant le commerce interrégional. Cet accord va attirer plus d’investissements étrangers, en facilitant aussi la création de chaînes d’approvisionnement régionales, qui ont été des moteurs importants de développement dans d’autres régions du monde.

Aussi, une harmonisation des droits de douane, des procédures douanières et frontalières suffisamment efficaces pour permettre le passage de marchandises aux frontières sont autant d’éléments clés pour faire en sorte que l’accord commercial en Afrique fonctionne bien.

La ZLECAF, doit, à terme, créer le plus grand bloc commercial régional au monde, avec 204 milliards de francs CFA, et inclure 1,2 milliard de personnes. Elle doit favoriser le commerce au sein du continent et attirer des investisseurs. L’UA estime que la ZLECAF permettra d’augmenter de près de 60 % d’ici à 2022 le commerce intra-africain et de donner un coup de fouet à l’ensemble de ses économies.

Les pays vont devoir s’atteler notamment à l’harmonisation des systèmes de paiement régionaux et trouver des règlements pour réduire les risques liés aux transactions commerciales dans plusieurs monnaies différentes. L’élimination des droits de douane sur 90 % des flux existants entraînerait une augmentation d’environ 16 % du commerce régional (9345 milliards de francs CFA).

Cependant, la ZLECAF ne fera pas de miracles. Mais si, l’accompagnement est bon, il y aura des retombées positives pour tout le monde. En prenant quelques risques, des pays jusque-là défavorisés pourraient attirer davantage d’investissements. Nous entrons dans une nouvelle narration qui a la possibilité de captiver les esprits africains.  Dans un continent où l’économie informelle est la norme (même en excluant le secteur agricole, les trois quarts des emplois ne sont pas déclarés), ses effets seront donc extrêmement limités.

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