Déclaration de position de l’Eglise Evangélique du Gabon sur l’homosexualité.

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Révérend Augustin Bouengoune, Président du Conseil National de l’Eglise Evangélique du Gabon

Face au débat passionné sur l’homosexualité qui occupe le devant de la scène au Gabon, le Pasteur Président du Conseil National de l’Eglise Evangélique du Gabon, Révérend Augustin Bouengoune a fait une déclaration ce 26 Juin 2020, dont voici la teneur :

Née avec l’arrivée, le 22 juin 1842, des premiers missionnaires chrétiens, envoyés par « Le Comité Missionnaire de la Mission Etrangère Américaine », du Comité des Missions Etrangères de l’Eglise Presbytérienne des Etats-Unis en 1870, puis de la Société des Missions Evangéliques de Paris, en 1892, sur l’Ogooué, en 1913 dans l’Estuaire, en 1922 dans l’Ogooué-Ivindo, et en 1929 dans le Woleu-Ntem ; devenue autonome le 30 juin 1961, l’Eglise Evangélique du Gabon déclare ce qui suit :

L’Assemblée Nationale du Gabon vient de voter la « dépénalisation de l’homosexualité ». Cet acte qui heurte profondément les Gabonais appelle de l’Eglise Evangélique du Gabon les observations et les prises de position ci-après :

D’abord les observations :

  • Au plan biblique :

L’Eglise, au nom de son Seigneur et Maître a pour missions, entre autres, la construction de l’Homme sur tous les plans (Matthieu 28 :19-20). Parmi les articulations de cette construction figure en priorité l’éradication de la vacuité sous toutes ses formes.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’homosexualité relève de la vacuité morale, spirituelle et intellectuelle. Cette indéniable affirmation repose sur l’évidence qu’il s’agit là d’une déviance sexuelle. La Bible en parle en termes de relation contre-nature, corollaire de passions déshonorantes (Romains 1 : 27 ; Galates 5 :4 ; 1 Thessaloniciens 4 :5).

Au regard de cette approche, l’homosexualité est tout aussi ignoble que les relations biologiques entre l’homme et la bête. Toutes choses contraires à la vocation fondamentale de l’homme, créature privilégiée de Dieu pour entretenir des relations verticales avec son Créateur et des relations horizontales de bonne intelligence avec l’autre homme.

Dans cet ordre d’idée et plus précisément concernant la sexualité, Dieu a institué une sexualité responsable qui se réalise entre personnes de sexes différents, entre l’homme et la femme dans le cadre du mariage. Il est absolument hors de question qu’elle se pratique en intra homme ou en intra femme car elle est abhorrée par Dieu (Lévitique 20 :13) parce qu’elle fait partie des choses abominables recensées dans la Bible. Or, les choses abominables constituent les œuvres du diable. L’homosexualité est donc une œuvre du diable. Heureusement que Jésus-Christ est venu pour détruire les œuvres du diable (1Jean 3 :8). L’Eglise ne peut que s’arrimer aux desseins de son Seigneur pour l’humanité.

  • Au plan des valeurs sociétales :

L’homosexualité n’est admise par aucun peuple gabonais. Elle est une atteinte aux valeurs fondamentales qui instituent la famille socle de la société. Pour preuve le terme homosexualité n’est d’usage dans aucune langue gabonaise. Le débat y relatif ne se pose donc pas en termes de haine, d’homophobie, de rejet, de marginalisation ou de stigmatisation, mais en termes de valeur et de dignité. Pour l’Eglise, la dignité c’est la sexualité responsable qui exclut l’homosexualité, qui déshumanise l’homme en le réduisant en dessous de l’animal.

En conséquence, l’homosexualité est un déni formel des valeurs.

  • Sur le plan juridique :

La Constitution de la République Gabonaise elle aussi, ne reconnait que l’union entre personnes de sexes opposés. Toute considération d’homosexualité est donc à proscrire.

Ensuite, la position de l’Eglise Evangélique du Gabon :

Avant de décliner sa position, l’Eglise Evangélique du Gabon rappelle : Le 05 janvier 2020, les communautés religieuses du Gabon, dans une déclaration sur la protection des valeurs familiales, la moralité sexuelle et la sauvegarde de l’altérité, demandaient vivement au Parlement, dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles, de prendre toutes ses responsabilités pour défendre et protéger la Loi fondamentale, ainsi que les valeurs morales, spirituelles et traditionnelles de notre société.

Pour la circonstance, elles invitaient également tous les croyants et les forces vives de la nation à se mobiliser pour empêcher l’imposition dans notre pays de textes juridiques et programmes iniques qui vont à l’encontre de nos valeurs profondes.

En conséquence de tout ce qui précède, l’Eglise Evangélique du Gabon condamne le vote de la « dépénalisation de l’homosexualité » par l’Assemblée Nationale, car, soit dit en passant, la dépénalisation sous-entend la légalisation de l’homosexualité.

Elle invite le Gouvernement d’user de toutes les voies de droit en sa disposition pour revenir sur sa démarche. Le cas échéant, l’Eglise Evangélique du Gabon se réserve le droit d’utiliser toutes les voies de recours pour préserver et protéger les valeurs chrétiennes et les fondements de nos valeurs culturelles.

Par ailleurs, l’Eglise Evangélique du Gabon invite les pouvoirs publics à soumettre désormais toute question sensible et de haute trempe à l’expression du peuple par voie référendaire.

Que Dieu bénisse le Gabon !!!

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