Contribution de sortie de la crise économique et politique du Gabon.

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Nzigou Nzigou

Le Gabon est un petit pays d’Afrique Centrale avec 267.667 km² et compte une population de 1.811.079 habitants, soit une densité de 6,8 habitants au km², avec un taux de croissance démographique de 3,1%. La population gabonaise est essentiellement jeune (54,6% ayant moins de 25 ans). Elle compte 48,4% de femmes, avec un indice synthétique de fécondité de 4,2 enfants par femme. L’espérance de vie à la naissance est de 63,4 ans (66 ans pour les femmes et 61,2 ans pour les hommes).

Le Gabon occupe le 109ème  rang en termes d’IDH sur 188 pays avec un IDH de 0,697 en 2016. Les performances du Gabon en matière de développement humain sont encore loin de correspondre à son potentiel économique qui le classe au 61ème rang selon le revenu par habitant.

Riche en ressources naturelles renouvelables et non renouvelables. Le pétrole est le secteur le plus important de l’économie gabonaise. En 2010 le secteur a connu une intense activité compte tenu de la flambée des cours du baril de pétrole et de la remontée de la production pétrolière. Il représentait plus de 40% du produit intérieur brut. Les activités de développement et d’exploration ont été relativement denses. A cet  effet, 92 puits ont été forés au cours de cette campagne dont 19 de production, 21 d’appréciation et 52 de développement. A titre de comparaison, 70 puits avaient été forés en 2009. Le PIB brut pétrolier culmine à 2 992,9 milliards de francs CFA.

Avec 3,2 millions de tonnes en 2010, le Gabon est le deuxième producteur mondial de manganèse. Ses gisements sont parmi les plus riches et les plus rentables au monde, avec des réserves estimées à 500 millions de tonnes. Mais en dépit de ce potentiel en capital naturel diversifié, le pays présente un taux de chômage élevé avoisinant 30%, un Gabonais sur trois est pauvre. C’est le paradoxe de richesse, riche en ressources naturelles, mais très pauvre sur le plan économique et social malgré l’industrie du bois qui n’a toujours pas d’impact sur la croissance économique du Gabon.

Nonobstant la chute des recettes pétrolières qui a considérablement ralenti la croissance économique du Gabon (2,1% en 2016 contre 6,3% en 2010, avec une prévision de 1.1% en 2017). La dégradation des équilibres macroéconomiques a conduit une fois de plus le Gabon à recourir au Fonds Monétaire International (FMI) dans un contexte déjà marqué par la réduction des dépenses publiques, notamment dans les secteurs sociaux et l’accélération de l’endettement (50.1% du PIB en 2016, avec une estimation de 64 % en 2017).

Le Gabon étant confronté aux contraintes budgétaires, responsables d’une part, de la crise économique actuelle. Et d’autre part, d’une mauvaise gestion des finances publiques comme le confirment plusieurs institutions internationales  comme la BAD et le FMI etc…

Je ne pourrais faire une proposition de sortie de crise sans pourtant montrer d’une part, le potentiel sectoriel du Gabon que j’appelle « secteurs clés pour le développement socioéconomique du Gabon ». Parmi ses secteurs liés à l’économie verte, on note la forêt, l’agriculture et le secteur halieutique. Et d’autres part, les causes qui sont à l’origine de cette crise.

  1. La Forêt Gabonaise

Le secteur forestier gabonais reste la première richesse naturelle du pays. Cette forêt tropicale dense couvre 88,7% du territoire national avec ses  23 millions d’hectares que compte le territoire gabonais, avec une surface exploitable de seulement 18 millions d’hectares. Elle est la mieux protéger de l’ensemble des forêts du Bassin du Congo, grâce notamment à une politique ambitieuse de mise en réserve des parcs nationaux représentant 11% de la superficie forestière et une pression démographique très faible, limitant le niveau de déforestation. Les Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) comme l’odika, le nkumu, l’atanga, le palmier à huile pour ne cité que ceux là se trouvent en grande quantité dans la forêt gabonaise. Néanmoins, malgré son important potentiel dans la lutte contre la sécurité alimentaire et la pauvreté, les produits forestiers non ligneux sont peu mentionnés dans les statistiques de l’économie gabonaises. En outre, selon les estimations environ 70 millions de personnes dans la sous-région dépendent de ces ressources pour assurer leurs moyens de subsistance.

Véritable réserve en matière de faune et de flore, la forêt gabonaise regorge 400 essences dont 60 seulement sont exploitées, pouvant contribuer au développement des industries pharmaceutiques et cosmétiques des pays du Sud, mais aussi des pays occidentaux. Depuis octobre 2014, le Gabon est signataire du protocole de Nagoya, portant sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Compte tenu de la forte biodiversité présente dans le pays, la contribution de la forêt gabonaise peut donc être très importante.

La valorisation des produits forestiers issus de la forêt gabonaise via l’économie verte, l’écotourisme, les biocarburants, la transformation et la commercialisation des PFNL sont des moyens de développer et de diversifier l’économie nationale. Ainsi, la décision du Gabon d’interdire l’exportation des grumes en faveur d’une transformation domestique s’inscrit donc dans un contexte de lutte contre une exploitation non maîtrisée et le commerce illégal du bois, mais aussi et surtout pour accroitre le nombre d’emploi local. Cette décision a poussé l’Etat gabonais à développer l’industrie de transformation du bois localement.

Cette décision d’interdiction d’exportation des grumes en l’état brut n’est pas mauvaise en soi car, si l’Etat promeut le développement des emplois localement, on doit pouvoir le sentir sur la réduction du taux de chômage. Si l’on se réfère à la Direction du développement des industries et du commerce du bois notamment sur les politiques de l’économie verte inclusive et transformation structurelle du Gabon, ce manuscrit montre l’évolution des activités de l’industrie du bois au Gabon. Pour les Ventes locales, l’activité  avait enregistré 67 317 m3 en 2010 ,77 911 m3 en 2011 et 75 800 m3 en 2012.si nous faisons le rapport entre 2012/2011, l’activité  baisse de (-2,7%). Cette régression s’expliquait par la contraction de la demande domestique.

La production en elle-même avait  progressé de 16,8% entre 2012/2011.Mais la vraie question qui se pose est celle de savoir à qui bénéficie cette industrie de transformation de bois au Gabon? Pas surement aux Gabonais (es). Force est de constater que les 2/4 des unités de transformation de bois appartiennent aux expatriés et emploient moins des nationaux. Ce qui accentue le taux de chômage dans ce secteur rentable pour l’économie Gabonaise et donc est contraire à l’idée de résoudre le problème de chômage localement, mais plutôt d’importer le chômage asiatique et autres communautés. Les sociétés chinoises dans ce secteur en sont des exemples. Le rapport de Union internationale pour la Conservation de la Nature intitulé « Impacts de l’activité des entreprises chinoises dans la filière bois gabonaise », montre bien la pertinence de notre illustration.

Comme toutes les autres sociétés forestières installées au Gabon, les entreprises chinoises se sont également spécialisées dans l’exploitation des espèces phares de ce pays que sont l’Okoumé, l’Ozigo et les bois divers. Tenant compte de la production annuelle issue de l’ensemble des permis gabonais et du ratio de forêt détenue par les chinois, il ressort, par extrapolation, que ces opérateurs détiendraient le quart de la production de grumes annuelle gabonaise comprise entre 750 à 850 000 m3. Force est de constater que sur le plan du respect des textes et règlements en vigueur au Gabon, les sociétés chinoises sont réputées être de mauvais élèves.

« A ce jour, l’exploitation forestière au Gabon est réalisée sur une superficie totale de 11 325 667 hectares répartie sur 701 permis valides attribués à une soixantaine d’opérateurs économiques pour une production annuelle de grumes qui varie de 3 à 3,5 millions de m3. Dans ce panorama, les sociétés à capitaux chinois sont détentrices d’une superficie totale de 2 844 813 ha représentant  25,11% de la surface forestière exploitée au Gabon ».

Des enquêtes menées auprès de certains leaders dont Sunly- Gabon et HTG, il apparait bien que les chinois investissent plusieurs milliards de francs CFA dans l’acquisition d’équipements spécialisés relatifs à l’exploitation forestière (grumiers et machinerie d’exploitation) dont 80 à 90% sont directement achetés en chine et parfois importés hors taxes suite aux  conventions signées avec l’Etat gabonais.

Le bois constitue la deuxième source de revenus à l’exportation de l’Etat, après le pétrole. A cause de son potentiel économique, on constate une recrudescence de certaines pratiques de gestion non durable des forêts dans ces pays dont certaines se sont généralisées, voire institutionnalisées, mettant ainsi en péril la capacité des forêts à jouer, à long terme, leur rôle socioéconomique et écologique. Parmi ces pratiques, figure l’exploitation forestière illégale. Elle engendre la dégradation du couvert forestier, entraîne le braconnage du fait de l’ouverture des pistes, donne lieu à la corruption dans le secteur, et génère des pertes importantes de revenus pour les Etats.

La pauvreté, le faible niveau d’éducation, les problèmes financiers, l’instabilité économique et la croissance de la population sont également des facteurs favorisant l’activité illégale. L’activité illégale relève de plusieurs facteurs auxquels il est difficile de répondre.  Les fonctionnaires aux niveaux local et national, les entreprises et les populations locales peuvent tous avoir un rôle à jouer dans les activités forestières illégales. Les fonctionnaires, du fait de leurs salaires parfois modestes, peuvent recevoir un revenu supplémentaire sous forme de pots-de-vin pour permettre l’exploitation forestière illégale.  Les entreprises qui font le commerce de bois abattu illégalement peuvent avoir un avantage comparatif sur le marché vis-à-vis des compétiteurs dans la mesure où le bois abattu illégalement peut être vendu à des prix inférieurs. Le bois récolté de manière légale est ainsi moins rentable (Tacconi et al. 2004 ; Seneca Creek et Wood Ressources International, 2004). Ainsi, l’exploitation forestière illégale comporte trois conséquences :

Sur le plan économique, elle créer la concurrence déloyale parce que l’arrivé au marché du bois illégal est bon marché que le bois qui été coupé légalement.

Sur le plan social, il y a un manque à gagner pour la localité ou cette exploitation illégale du bois s’est faite. L’Etat se prive  de revenu par l’exploitation forestière illégale au moins de ressources à investir dans les politiques sociales et publiques et engendre indirectement la pauvreté. C’est ce que j’appelle le développement inclusif, c’est-à-dire un certains nombre de projets que l’Etat ne peut pas réaliser dans une localité, alors, les pouvoirs publics confient cette charge à la société forestière qui exploite du bois légalement dans localité en contre partie, ladite société construit (écoles, dispensaires, routés etc..).

Enfin, au plan environnemental, l’exploitation illégale du bois ne peut que se faire en violation des règles qui sont au Gabon. Cette violation a des conséquences grave sur la forêt parce qu’elle crée la déforestation qui elle-même va engendrer le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité et autres conséquences sur l’environnement.

Conscient des conséquences négatives de cette exploitation illégale, l’Union Européenne, qui est l’un des grands consommateurs de bois dans le monde, a décidé de mettre en place un plan d’action pour lutter contre ce fléau et le commerce qui y est assuré. Appelé plan d’action FLEGT (Forest Law Enforcement,Governance And Trade/Application des Règlementations forestières, Gouvernance et Echange Commerciaux) de l’Union Européenne.

  1. L’agriculture au Gabon

Le Gabon est l’un des rares pays au monde avec une superficie importante de terres arables disponibles.

Avec une pluviométrie oscillant entre 1800 et 4000 mm d’eau par an, le Gabon dispose de conditions agricoles très favorables, dans un contexte mondial marqué par la raréfaction des terres arables disponibles et par une demande alimentaire en croissance continue. Le potentiel agricole du pays est estimé à 4 millions d’hectares de terres arables, dont 1 million présente un caractère exploitable et non dommageable à la forêt

Avec une économie principalement orientée vers la rente pétrolière depuis les années 1960, ce secteur n’a suscité jusqu’à récemment un faible intérêt. L’Agriculture ne couvre ainsi que 4,7% du PIB pour la période de 2005 à 2010 et, n’occupait qu’un cinquième (1/5) de la population du Gabon. Le pays a connu un important exode rural avec plus 80% de sa population concentrée dans les villes.

Mais selon le PSGE, le Gabon s’est résolument engagé entre 2011-2025 à faire de l’Agriculture un secteur dynamique clé pour la diversification et la transformation de son économie. L’objectif majeur est de favoriser à l’horizon 2023 les centres de filières agricoles afin de réduire substantiellement les importations alimentaires qui s’élèvent à plus de 300 milliards de FCFA par an. De rétablir une autosuffisance alimentaire en produits vivriers, halieutiques et d’élevage et devenir un exportateur de produits nets des produits agroindustriels tout en respectant les modes de l’Agriculture durable.

En effet, le secteur de l’agriculture au Gabon est en déclin depuis des décennies, avec un poids décroissant dans l’économie (passant de 15% du PIB dans les années 1960, à moins de 5% aujourd’hui).La production agricole est faible et focalisée sur quelques cultures de subsistance pratiquées en petite surface.

L’élevage reste dominé par les élevages familiaux traditionnels de faibles échelles (bovins et petits ruminants, aviculture traditionnelle, élevage porcin…), dont le rendement est très faible en raison du handicap que constitue l’exposition permanente aux épizooties (trypanosomiases, pseudo-peste aviaire, peste des petits ruminants).L’agro-industrie est encore peu développée, n’étant représentée que par quelques entreprises privées. De façon générale, l’agriculture gabonaise souffre : De la faiblesse de sa population agricole, qui continue à perdre des actifs au profit des villes ; Du coût prohibitif et de la faible productivité de sa main d’œuvre agricole, avec un nombre insuffisant d’actif ; D’un niveau insuffisant de professionnalisation caractérisée par le très faible taux d’insertion dans la production agricole, des ressources formées dans les écoles de formation ; D’un faible niveau de mécanisation et d’utilisation d’intrants (engrais, variétés de semences à haut rendement et produits de traitement) ; Du défaut d’infrastructures hydro – agricoles, logistiques et de traitement poste-récolte ; Du faible impact du système d’encadrement (à restructurer notamment via la réforme et la relance de l’ONADER), mais aussi de formation et de recherche agricole.

Tous ces obstacles font que l’agriculture gabonaise connaisse des difficultés énormes. Au regard de ce déclin, les autorités Gabonaises ont en collaboration avec le groupe OLAM mis un vaste programme agricole, appelé « Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des Nationaux Engagés (GRAINE) », dont le but est d’encourager l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles Gabonais, proposant un accompagnement dans la création de coopératives agricoles industrielles. Le programme est déployé dans les neuf provinces du pays et favorise : La création de milliers d’emplois ; Le développement socio-économique harmonieux des zones rurales ; La diversification de l’économie gabonaise par le biais d’une agro-industrie moderne.

Ce processus est appuyé sur le principe d’autonomisation financière, l’accompagnement proposé inclus l’accord avec SOTRADER de prêts matériels et financiers remboursables.

En dépit de ce qui précède, il est nécessaire de faire un bilan pour en savoir un peu plus sur l’impact du projet graine sur le développement socioéconomique du Gabon. Les salaires versés aux employés Gabonais leur permettent de satisfaire leurs besoins vitaux ? C’est ce genre de problématique que l’on doit se poser si on veut voir plus claire sur la situation économique et social du pays. Pour que cet impact soit significatif sur la situation socioéconomique des populations, il faudrait que la variable salaire réponde aux besoins vitaux des employés de ladite structure.

En réponse de certaines questions, le Bilan des activités de création, enregistrement  et formation en gestion des coopératives de SOTRADER, montre néanmoins que 883 coopératives ont été enregistrées dans toutes les provinces avec 166 titres fonciers délivrés, 101 coopératives soit 12% de l’ensemble des coopératives créées ont démarré les activités de plantations de banane et manioc dans toutes les provinces.  Pour ma part, le projet graine peut atteindre ses objectifs escomptés et peut répondre aux besoins des Gabonais, mais voici quelques défis à relever pour endiguer les obstacles suivants : Le ministère de l’agriculture en charge du programme graine manque de terrain pour les agriculteurs contrairement au ministère des eaux et forêts qui promeut les concessions forestières aux multinationales étrangères. Le constat fait depuis les décennies est que l’extraction des ressources naturelles ne produit aucun effet sur la croissance économique réelle d’un pays en termes d’emplois. Mais je dois souligner que cette théorie est propre à l’Afrique. Pour lever ce conflit, il faut une fusion des deux ministères en un seul « le Ministre chargé de l’Economie Forestière, des Eaux, de la Pêche, des Parcs Nationaux et de l’agriculture ». Le PNAT reste aussi une solution, mais les intérêts des uns et des autres restent supérieurs dans notre pays au détriment de l’intérêt général.

Le conflit homme-faune est un autre facteur qui freine le développement de l’agriculture au Gabon. Les barrières électriques proposés par l’Etat est une stratégique ambitieuse mais coûteuse pour le Gabon même si le contexte économique était pérenne. Cette stratégie oblige les communautés locales à travailler dans une même concession, chose qui n’est pas facile dans la culture agricole Gabonaise. Il ne faut pas voir cette ça comme le refus de travailler ensemble, mais chacun peut choisir qui peut être son voisin, qui aura plus de superficie ? C’est pour cette raison qu’amont, il est important de travailler avec toutes les parties prenantes pour avoir un canevas de travail et visionner l’investissement s’il peut être rentable ou non. Avant la mise en place d’une politique qui doit impacter sur les activités économiques des agents économiques, on devrait en amont réunir ses agents, donc toutes les parties prenantes pour voir ensemble sur les tenants et les aboutissants de cette politique.

Aujourd’hui, les ¾ des Gabonais se demandent quelle nouveauté OLAM a apporté dans le secteur agricole au Gabon. Racheté la production des agriculteurs et les revendre sur le marché en l’état ? est ce que SOTRADER et OLAM transforment cette production en produits finis ?

Au 21ème siècle, on ne peut plus parler de la faim dans un pays riche en terre arable comme le Gabon, on doit plutôt manger gabonais avec des gros investissements misés dans ce programme. Dans le cas contraire, il faut confier le pilotage de ce programme aux vrais amoureux de la terre, soucieux de promouvoir le développement du secteur agricole. Il existe des agronomes dans ce pays, il est temps qu’on fasse confiance aux compatriotes, qu’on utilise la main d’œuvre Gabonaise qualifiée au détriment des connaissances.

  1. Le secteur halieutique

Enfin, le secteur halieutique est méconnu du grand public et pourtant elle est la deuxième richesse naturelle du Gabon. Il a un important potentiel avec ses 800 km de côte maritime (la troisième plus longue de la côte atlantique après le Maroc et le Nigéria).Le Gabon a un potentiel halieutique très riche. La configuration exceptionnelle de ses ressources en eaux l’y prédispose, avec notamment un plateau continental de 40.600 km², une zone économique exclusive (ZEE) qui s’étend sur 231.300 km² et un réseau hydrographique intérieur de 10.000 km².Il s’y ajoute un vaste territoire lagunaire riche de sa mangrove, de ses nombreuses zones de reproduction et de la diversité des espèces de poissons et de crustacés.

En effet, la productivité des eaux marines gabonaises (en terme de potentialité de capture) apparait assez forte, notamment au Sud du Cap Lopez dans la capitale économique gabonaise (Port-Gentil) qui marque la limite des eaux froides provenant du système de Benguela et riches en petits pélagiques (notamment le chinchard ) et celles plus chaudes du golf de Guinée favorable aux grands pélagiques (thons).En ce qui concerne le thon, le Gabon possède un avantage important, car cette espèce de grande migration séjourne dans les eaux gabonaises bien plus longtemps (quatre, voire cinq mois) que dans les façades côtières d’autres pays (deux mois en moyenne).

Le pays dispose également de nombreuses fosses riches en espèces démersales des eaux profondes qu’il exploite peu (faible maitrise des techniques de pêche en eau profondes).Il s’y ajoute, d’autres importantes ressources en crustacés (crevettes, huitres, langoustes) exploitées par des bateaux étrangers, avec quelques cas de surpêche (zone de Cocobeach au large de Libreville).

Enfin, le vaste espace lagunaire et les eaux continentales ne sont pas exempts de potentialités malheureusement méconnues et dont l’exploitation est restée faible.

Force est de constater que la faiblesse du dispositif de surveillance des zones de pêche, avec des moyens de surveillance inadéquat au regard de la taille du territoire, laisse le territoire marin et lagunaire gabonais fortement exposé à la pêche illégale. Néanmoins, quelques avancées obtenues, comme équipement de navires de pêche en balises Argos, paraissent très insuffisantes comparées aux déficits rencontrées sur le terrain. L’Agence Nationale des Parcs Nationaux est aujourd’hui seule à jouer un rôle effectif de surveillance des territoires interdits à la pêche dans les parcs nationaux côtiers.

Le manque d’infrastructure de débarquement fait que ce potentiel soit très peu valoriser. En moyenne quelques 40.000 tonnes de produits halieutiques sont débarqués au Gabon chaque année, loin du potentiel de capture estimé à 230.000 tonnes et certainement sous-évalué. Cinq mille (5000) tonnes de poissons, mollusques et crustacés sont importés en complément pour satisfaire la demande interne et approvisionner une activité de fumage de poisson, avec quelques flux d’exportation vers des pays voisins. Le plus inquiétant est de constater que les quantités débarquées au Gabon sont en baisse continue, passant de 45000 tonnes en 2004 à moins de 30.000 tonnes en 2009.Cette baisse des débarquements s’expliquerait par une forte réduction de la flotte industrielle nationale (de 78 bateaux en 2004 à 46 bateaux en 2008),par le développement d’activités de bateaux étrangers dont les captures échappent au Gabon (faute d’infrastructures de surveillance) et enfin par l’essor des filières de pêche illégale.

Le secteur halieutique emploierait 21.700 personnes dont 80% d’étrangers, faisant du secteur de la pêche au stade actuel un pôle d’insertion et d’emplois faible pour les Gabonais.

Une telle situation s’explique surtout par l’absence d’infrastructures permettant, d’une part le débarquement et le traitement des produits de pêche, d’autre part, la fourniture des services dont un armement de pêche a besoin (ravitaillement, carburant, réparation de filets et des moteurs…). De manière générale, le secteur de la pêche au Gabon se caractérise par : Une grande méconnaissance de l’état des ressources ; Une exploitation déséquilibrée des pêcheries par exemple une concentration assez forte de l’effort de pêche dans les zones comme Cocobeach concernant la pêche à la crevette ; Une faible gouvernance du secteur et une mauvaise organisation des acteurs ; La quasi-inexistence d’infrastructure de base (ports de pêche, chambre froides) permettant de débarquer et de développer une industrie de pêche et de transformation des produits de pêche ; La faiblesse des ressources humaines qualifiées dans les métiers de la pêche.

Au regard de ce qui précède, il faut noter que le Gabon subit une pêche illicite, non déclarée et non reflétée du fait de l’absence ou du manque des infrastructures adéquates. C’est pour cette raison que la FAO identifie  la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) comme l’un des principaux facteurs de surexploitation des ressources marines dans le monde (FAO, 2001). Se reposant sur des études de cas, le MRAG (2005) estime que la perte totale due à la pêche INN représente environ 19 % de la valeur totale des captures. La raison économique communément admise de la persistance de la pêche INN est que les taux de détection et les amendes sont trop faibles par rapport à la valeur des captures (Griggs et Lugten, 2007 ; Kuperan et Sutinen, 1998). En réalité, Sumaila et al. (2006) suggèrent que les amendes devraient augmenter d’au moins 24 fois pour égaliser les coûts et bénéfices attendus.

Afin de parvenir à une pêche plus verte et éviter la surexploitation, il est nécessaire de réduire la pêche INN. La voie directe consiste à renforcer la surveillance et le contrôle par l’application d’une politique stricte, et la voie indirecte consiste à appliquer des incitations économiques, par exemple l’augmentation des amendes ou la baisse des coûts de rapportage. Bien qu’il soit important de réduire la pêche INN au sein d’un pays à l’aide de ces moyens directs et indirects, la coopération entre les pays est également cruciale, car les activités de pêche INN se produisent pour la plupart dans les zones accessibles par plusieurs pays.

Notons également  qu’une privatisation de la ressource halieutique n’est pas nécessairement souhaitable. Même en cas de privatisation, il y a des conditions dans lesquelles le propriétaire privé peut juger bon de surexploiter les stocks, parfois jusqu’à l’extinction (Clark, 1973 ; Clark et al., 2010). C’est le cas lorsque le stock en question se développe très lentement par rapport au taux d’actualisation, de sorte que la valeur actuelle des futures captures est faible, par rapport aux gains définitifs réalisés en épuisant le stock.

Après avoir analysé le potentiel du Gabon via trois secteurs d’activités avec suggestions des solutions, il est temps que je rentre dans le vif du sujet de ma longue réflexion. Je ne peux non plus faire une suggestion de crise sans pourtant analyser les causes de la crise socioéconomique et politico-environnementale que subit le Gabon depuis bientôt 3 ans.

  1. Les causes de la crise actuelle 

La littérature scientifique s’accorde à expliquer les performances socioéconomique et politico-environnementales des pays en développement à travers deux facteurs connus :les facteurs endogènes et exogènes. Parmi les facteurs endogènes, la médiocrité des institutions et pourtant présentes, mais n’appliquent pas la réglementation en vigueur. Cette médiocrité peut s’expliquer par le manque de compétences des personnes à la tête de ses institutions, ce qui engendre la mauvaise gestion des biens publics, mais aussi et surtout la lenteur administrative. En ce qui concerne le facteur exogène, on l’explique par la réduction de la demande des ressources naturelles de la part des pays industrialisés entrainant la diminution des prix des matières premières. En d’autre terme, La principale contrainte exogène est la récession économique dans les pays développés les obligeant à réduire les importations des matières premières en provenance du Gabon.

  1. La chute du prix du baril de pétrole

A partir du second semestre 2014, les prix du pétrole ont enregistré une forte baisse sur le marché international, suite à une surabondance de l’offre par rapport à la demande. A cela s’ajoute le ralentissement de l’économie mondiale, en particulier celle de la Chine et des pays émergents (Brésil, Inde, etc.), la faiblesse de la croissance économique en Europe, où la crise financière et les politiques d’austérité budgétaire ont plombé l’activité économique. Cette baisse de la demande a également impacté les ventes des autres produits de base exportés par le Gabon, comme le manganèse, le bois et le Caoutchouc.

C’est dans ce contexte que le prix du pétrole brut gabonais a chuté de 50% en 2015 par rapport à 2014 et de 18% en 2016. Ces évolutions défavorables se sont traduites par une baisse des recettes budgétaires, un recul des investissements publics et privés (notamment dans le secteur pétrolier) et un ralentissement de la croissance, une dégradation du solde de la balance des paiements, une baisse des avoirs extérieurs et des pertes d’emplois dans certains secteurs d’activité. Les exemples sont probants dans la capitale économique Gabonaise avec plusieurs licenciements. En matière des recettes, la baisse des cours du pétrole a entrainé une chute des recettes budgétaires, notamment des ressources courantes, induisant un ajustement des dépenses publiques, avec pour conséquence une priorisation et une déprogrammation de certains projets financés sur fonds propres.

En 2016, selon les premières estimations de clôture, les recettes totales s’établissaient à 1541,5 milliards de FCFA, contre 1797,3 milliards de FCFA en 2015, soit une baisse de 14,2%. Les recettes mobilisées en 2015 étaient déjà en baisse de 23,5% par rapport à 2014. Ce repli est dû à la contraction conjointe des recettes pétrolières et non pétrolières.

Cependant, au cours de la période 2009-2014, les dépenses d’investissements publics exécutés ont atteint le montant cumulé de 4567,6 milliards de FCFA soit environ 29% du budget prévisionnel cumulé de l’Etat Gabonais sur la même période (contre 43% pour le budget cumulé exécuté de fonctionnement). En 2015, le cumul des investissements publics avait baissé de 30,1%. En 2016, le niveau des investissements publics était remonté de 12,4%, suite aux dépenses d’équipement en rapport avec la préparation de la CAN 2017.

Malheureusement, l’économie gabonaise demeure exposée aux fluctuations du cours du baril du pétrole depuis des décennies, c’est pour cette raison que la diversification de l’économie Gabonaise reste une priorité majeure pour échapper au phénomène du syndrome hollandais. La crise du Gabon n’est pas seulement liée à la chute du baril de pétrole, la mauvaise gestion des finances publiques en constitue une autre.

 

  1. La mauvaise gestion des finances publiques 

La fondation Mo Ibrahim classe le Gabon 23ème  sur 52 pays africains dans son édition 2015. Ce classement indique que l’administration publique doit déployer des efforts pour améliorer son efficacité. La tendance de ces classements sur les 5 dernières années apparait relativement peu stable. Selon la DSP de la BAD 2016-2020, des efforts sont fournis pour améliorer la gestion des biens publics, notamment par la mise en place depuis 2010 d’une Commission Nationale de Lutte Contre l’Enrichissement Illicite (CNLEI) et par la création d’une Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF). Par ailleurs, les autorités ont accéléré le déploiement d’agences de la Cour des comptes dans le pays.

On note un effort d’adaptation du cadre juridique par l’adoption de décrets en août 2015, renforçant certaines dispositions pénales liées aux crimes financiers. En matière de transparence dans les industries extractives, le conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence des industries extractive (l’ITIE) avait décidé en février 2013 d’exclure le Gabon du processus d’adhésion pour non-respect du calendrier de reporting. Depuis novembre 2014, le Gabon a pris de nouveaux engagements pour réintégrer (l’ITIE). Selon les statistiques du FMI, la dette publique du Gabon explose à partir de 2014 à 32,2 milliards de FCFA, 43,9 en 2015, 49,6 en 2016 et 49,5 milliards de FCFA en 2017.

Je ne peux m’arrêter à la mauvaise gestion des finances publiques car cette variable appelle une autre : le climat des affaire.

  1. Le cadre politico-institutionnel inadéquat (gouvernance)

Pour attirer les investisseurs potentiels dans ce contexte économique, le climat des affaires au Gabon devrait être amélioré de manière significative. L’édition 2016 du « Doing Business » place le Gabon au 162ème  rang mondial sur 189 économies, soit une régression de 6 places par rapport à l’édition 2015. La chute dans ce classement s’explique notamment par une perte de 43 places dans l’octroi de permis de construire. Ainsi, environ 329 jours seraient consacrés à l’obtention d’un permis de construire, pour 1 % de la valeur de la construction. La détérioration de l’indice est expliquée selon la BAD par le non fonctionnement d’une agence de simplification, le Centre de Développement des Entreprises (CDE) devenu aujourd’hui ANPI. Le Gabon a également perdu 7 places dans l’indice lié à la création d’entreprise. En 2015, on enregistrait 7 procédures nécessaires, avec un coût de 15,1 % du RNB par habitant. Le seul gain, cette année, concerne une avancée de 7 places dans le transfert de propriété, réduit à 6 procédures, pour 10,5% de la valeur de la propriété. Il est à noter que le rapport mondial sur la compétitivité du Forum Economique Mondial classe le Gabon à la 103ème place sur l40 économies, score en légère dégradation depuis 5 ans. Les scores les plus bas sont liés à la faible formation de la main d’œuvre et au manque d’infrastructures. Au regard de ce qui précède, les autorités Gabonaises doivent prendre des décisions efficaces pour redonner la bonne image du pays sur la scène internationale, mais aussi et surtout auprès de ses partenaires techniques et financiers au développement.

Au regard de ce qui précède, je dois préciser sans hésiter que la crise que traverse le Gabon n’est pas seulement une crise de la chute du baril de pétrole, elle est causée aussi par la non diversification de l’économie Gabonaise, la mauvaise gestion des finances publiques et l’hésitation des investisseurs étrangers longtemps focalisés sur l’extraction des ressources naturelles. Les contestations qui se font ici et là, freine l’arrivée de certains IDE au Gabon. D’ou l’intérêt de promouvoir le développement de l’économie verte à travers les instruments réglementaires ou normes et les instruments économiques via les taxes et subventions (Artur Cécile Pigou (1920). J’éloigne souvent le marché des quotas qui est aussi un instrument économique fondé par Ronald Coasse en1960, outil largement utilisé en Europe.

Aujourd’hui, les sources de financement les plus attractifs sont orientés vers les activités liées à l’économie verte. Le leadership du pays dans ce secteur peut propulser le Gabon dans le concert des grands pays Africains.  Néanmoins, certains secteurs peuvent être de véritables vecteurs de croissance au Gabon tels que le commerce de détail longtemps négligé par les nationaux au détriment de la bureaucratie. C’est ce qui nous amène à proposer des solutions de sortie de cette crise qui paralyse l’économie du Gabon  depuis bientôt 3 ans.

Comme suggestions de sortie de cette crise, j’ai choisi premièrement la valorisation des petits métiers longtemps négligés par les nationaux, mais qui sont en réalité vecteur de croissance économique du pays.

  1. La valorisation des petits métiers

Les PME et PMI voire TPE sont celles qui fondent l’économie d’un pays. Le paysage économique gabonais a longtemps laissé de côté ce secteur clé notamment la valorisation des petits métiers tels que les vulcanisateurs, les transporteurs de taxi, les lavages et autres commerces de détail. Le constat fait est que ce secteur est comprimé par les expatriés au bénéfice des facilitations administratives. Le temps est venu pour les pouvoirs publics d’encourager les jeunes entrepreneurs locaux à s’intéresser à ce secteur d’activité car c’est là ou l’économie gabonaise se situe. Ce point s’adresse également aux Gabonais et Gabonaises, il est temps que vous preniez votre destin en main .L’Etat doit limiter dans sa politique de création d’entreprises dans ce secteur un nombre d’expatrié inférieur aux nationaux. C’est du protectionnisme économique et intelligent, et tous les pays du monde le font. Cette incompréhension se fait tout simplement parce que l’Etat Gabonais n’a toujours pas clarifié dans sa charte d’investissement les secteurs réservés aux nationaux.

En parlant des PME/PMI /TPE, l’Etat doit résoudre impérativement la dette auprès de ses dernières pour relancer la croissance économique du pays. La récession actuelle et le manque de refinancement poussent les entreprises à licencier leur personnel. On a par exemple le cas de SATRAM, SNBG etc.

Enfin, il faut valoriser la main d’œuvre nationale afin de pallier aux difficultés d’emplois sur toute l’étendue du territoire national. Il est sans ignorer que la main d’œuvre étrangère qualifiée a un coût énorme sur les dépenses publiques. D’ou l’intérêt de former la main d’ouvre locale. Le Gabon actuel doit prôner pour une méritocratie généralisée dans  son administration.

  1. Secteurs primordiaux qui doivent être nationalisés

C’est l’un des secteurs primordiaux pour la sécurisation d’un pays qui se veut souverain et soucieux de son développement.

Les examens et concours 

Le secteur des examens et concours par exemple est un secteur sensible et crucial pour le développement du capital humain dans un pays. Et donc, doit être géré par les nationaux. Il n’y a pas un exemple de pays qui a confié ce secteur aux expatriés

Les secteurs des télécommunications ;

Les télécommunications sans pourtant être exhaustif comme on peut on le constater est la clé d’un pays qui aspire a un développement .Ce secteur a subit plusieurs changements au Gabon. A l’époque, on parlait de l’Office des Postes et Télécommunication (L’OPT). Ensuite l’OPT est disséquée en deux identités distinctes, « Gabon Poste » et « Gabon Télécom », en 2001 et en 2006. « Gabon Télécom » est privatisée au profit de Maroc Télécom, lui-même filiale à 51 % du groupe fiançais Vivendi.

L’import export des produits agroalimentaires.

Le secteur agroalimentaire dans un pays  largement importateurs des produits de base de plus de 300 milliards de FCFA/an doit se faire sur la supervision des nationaux. Force est de constater  qu’au Gabon, certaines entreprises importent des produits avariés échappant aux contrôles des autorités publiques.

  1. Politiques à mettre en place pour sécuriser et soutenir l’économie Gabonaise

Dans un  pays spécialisé dans l’extraction des ressources naturelles avant les indépendances à nos jours. La diversification de l’économie Gabonaise est un impératif pour le développement inclusif du Gabon via des mesures incitatives mises en place par l’Etat. Parmi ses politiques, on note :

c.1.Limitation des sorties des fonds du territoire Gabonais

Le transfert des fonds est une monnaie courante dans tous pays ouverts à l’exception de certains pays en Afrique du Nord comme en Algérie ou j’ai fait une partie de mon cursus universitaire. Ces opérations sont autorisées pour certaines personnalités comme les diplômâtes, hommes d’affaires, mais limité à un certain montant. En effet, au Gabon, le montant des transferts par personne est limité à 1 million par jour. Or, les gens contournent cette politique en remettant à plusieurs personnes lesdites sommes pour envoyer aux mêmes destinataires dans leur pays d’origine. Ainsi, on doit limiter un montant de sortie dans chaque pays, cela veut dire que les agences doivent un fichier central.

C’est pour cette raison que je propose d’une part que l’expéditeur en se rendant chez un opérateur de transfert d’argent (western union, money gram, Ria, express union etc.), présente ses caractéristiques bancaires, c’est-à-dire la présentation de son retrait prouvant qu’il a bien un compte bancaire. D’autre part, Il faut que les expéditeurs Justifient l’origine des fonds pour tout envoie d’un certain montant. Comment un opérateur économique pourra justifier l’origine de ses fonds s’il n’est pas détenteur d’un compte bancaire ? si ce n’est pas le cas, c’est alors du blanchement. Ce qui revient à dire qu’il faut mettre en place une agence de contrôle qui veille au respect de cette procédure transactionnelle.

J’insiste sur ce point car, il a été prouvé au Gabon que les 2/4 des opérateurs économiques n’ont pas de compte bancaire, donc échappe totalement au circuit économique. Ce laissé aller a pour conséquence : la Fuite des capitaux, le blanchement d’argent sal. D’après les recherches menées par certains praticiens financiers, Les fonds qui sortent du Gabon par le moyen de western union et les banques étrangères implantées au Gabon sont supérieurs aux fonds qui sont sur place.

Toute activité commerciale doit être conditionnée par l’ouverture d’un compte bancaire obligatoire. Ce n’est plus un choix, mais une obligation pour un pays comme le Gabon qui a une forte économie informelle. Aussi, certains mécanismes peuvent rentabilisés les caisses de l’Etat.

c.2. Politiques incitatives rentables pour l’Etat

Toute entreprise polluante devrait payer un 2% de son chiffre d’affaire à l’Etat Gabonais. Beaucoup diront peut être que les industriels paient la TGPP, mais cette taxe générale sur les produits pétroliers sert à quoi ?cette taxe doit être directement versé au fonds vert pour soutenir les activités de l’économie verte. En France par exemple les industriels paient les redevances sur les eaux polluées aux agences de l’eau. « Ecotaxes ».

La mise en place d’une fiscalité verte est une nécessité pour le développement et la promotion de l’entrepreneuriat vert au Gabon. Cette proposition est parfaitement illustrée dans le magazine Economie Gabon+ n°58 de Août 2017 à la page 18-19 « comment investir dans la recherche et l’innovation pour accélérer le développement de l’entrepreneuriat vert au Gabon ? –Il faut faire une nomenclature des produits qui doivent subir l’écotaxe. Un travail de réflexion devrait déjà être fait comme je l’expliquais lors de mon passage au Gabon dans le cadre de mes travaux de recherche. Trois outils sont mis en place pour financer l’économie verte « la réglementation ou les normes, les taxes ou les subventions et le marché des quotas ».Bien qu’il existe d’autres outils en management stratégique comme la Responsabilité Sociétale des Entreprises, le Système de Management Environnementale, la Comptabilité Environnementale, le Crédit d’Impôt etc.

  1. Réduction des dépenses publiques

La réduction des dépenses publiques devient un impératif dans ce contexte de vache maigre. On doit réduire les charges de fonctionnement de l’Etat via la baisse du nombre des ministres. Les recettes actuelles ne nous permettent plus de faire des dépenses somptueuses des années 1973 et 1979 des deux booms pétroliers qui ont permis à l’économie gabonaise de migrer progressivement vers la dépendance à l’or noir. Actuellement, le gouvernement Gabonais compte 44 ministres qui coûtent  220 millions en raison de 5 millions/mois / ministre. Il faut passer de 44 à 25 ministres pour faire une économie de 125 millions de FCFA /mois et ce qui donne 1.5 milliards de FCFA par an.

Réduire le nombre des sénateurs de la chambre haute. Le budget alloué au sénat pèse sur les dépenses publiques de notre pays. En dépit de leur salaire mensuel de 1.7 millions de FCFA, chaque fin d’année, ils bénéficient d’un montant de 10 millions de fonds de souveraineté. Si nous voulons sortir de cette crise, les autorités doivent prendre des mesures radicales comme la suppression des frais de souveraineté chaque fin d’année. Les sénateurs doivent se contenter de leurs salaires mensuels. Si  Je suggère qu’on passe  de 102 à 30 sénateurs. Un sénateur coûte 1,7 millions FCFA/mois en raison de 102 sénateurs depuis des décennies. Ce qui coûte à l’Etat Gabonais 173.400 millions de FCFA/mois, et 2.080.800 milliards de FCFA/an plus 10 millions/an de fonds de souveraineté dont bénéficie chaque sénateur. Ce qui fait un total de 10.millions à raison de 102 sénateurs, ce qui donne  1.020 milliards de FCFA des fonds plus 2.080.800 milliards de FCFA égal à 3.100 milliards de FCFA/an. Par contre, si nous passons à 30 sénateurs, nous économiserons 51 millions/mois pour 30 sénateurs contre 173.400 millions/mois pour 102 sénateurs. Ce qui fera une économie de 122.400 millions/mois.

Ce budget doit servir au lancement des  projets de développement dans des secteurs rentables tels que la valorisation des petits métiers : commerce de détail, la pêche, l’agriculture, la valorisation des déchets liquides et solides, le recyclage etc.…

Force est de constater que si le gouvernement veut que la crise trouve des solutions immédiates, car tout est possible. Il y a plusieurs mesures à mettre en place pour avoir des sources de financement sans pourtant s’endetter au FMI, à la Banque Mondiale, au club de paris ou de Londres etc.

Réduire les avantages des anciens fonctionnaires de l’Etat par exemple les anciens premiers ministres touchant jusqu’aujourd’hui des sommes faramineuses/an. Le contexte économique ne nous permet plus de respecter les exigences de certains contrats ou manuscrit datant des années 70 et 80.

Réduction du nombre d’agences interministérielles qui pour moi augmente la masse salariale dans un  pays déjà en crise. Non seulement les agences interministérielles échappent au contrôle  de la cours des comptes, mais aussi ne présente pas de bilan devant le parlement comme tous ministères. Donc, encourage les détournements des fonds publics.

A cela s’ajoute la volonté massive d’organiser les élections législatives dans un pays confronté aux multiples crises : financières, économiques, sociales, politiques, alimentaires et environnementales. Peut être que beaucoup l’ignore, mais il faut toutefois, noter que la campagne des élections législatives coûte plus cher que les présidentielles, c’est donc dire que le contexte actuel ne nous permet plus de dilapider les fonds qui doivent être ou qui peuvent être mis en place pour soutenir des activités rentables créatrice de richesses. On n’a pas besoin des élections législatives pour le moment, malheureusement les députés en exercice doivent proroger leur mandat jusqu’à la reprise économique. D’autres diront que c’est anticonstitutionnel, mais c’est un mal nécessaire.

  1. Nationalisé les banques mises sur la tutelle des liquidateurs

Il est important de noter qu’aucun pays au monde ne peut se développer sans pourtant avoir un système bancaire et financier solide. Un Etat en difficulté qui n’arrive pas à lever les fonds sur les marchés financiers ou auprès des partenaires techniques et financiers extérieurs, peut solliciter le marché interbancaire. Sur le marché interbancaire, l’Etat a la possibilité de bénéficier des crédits à long terme avec un taux d’intérêt raisonnable contrairement auprès des bailleurs de fonds. Force est de constater que les ¾ des banques au Gabon sont étrangères et donc, ne peuvent répondre au financement des PME/PMI et TPE locales. D’ou l’intérêt de nationaliser les banques nationales mises sous gestion provisoire par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC).

Selon le Plan de Relance Economique du Gabon (2017-2019), le Gouvernement entend lever un emprunt public et solliciter des partenaires financiers privés pour apporter une solution durable à la situation critique connue par trois banques publiques : la Banque Postale, la Banque de l’Habitat du Gabon et la Banque Gabonaise de Développement. Ces banques ont été placées sous administration provisoire par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) au regard des difficultés qu’elles rencontrent. Le Gouvernement veillera à la reconstitution des avoirs des épargnants de ces trois banques, à l’assainissement de leur bilan, ainsi qu’à la mise en place d’une structure publique unique dédiée au financement du développement.

Force est de constater que les trois banques en question sont majoritairement gabonaise en matière de répartition du capital. La BDG à plus 69,01%, à plus de 63,33% pour la Banque de l’habitat et à 100% pour la Banque postale. Alors, on peut se demander pourquoi depuis les années 2000, l’Etat développe la stratégie de privatisations des structures nationales ?qu’est ce qui se cache derrière ses privatisations ? la réponse est très simple d’après l’analyse de plusieurs exemples gabonais notamment la SEEG.C’est le privé gabonais qui reprend les actions de ses structures. Mais qui sont ses privés ? Arrêtez ça s’il vous plait.

Pour terminer, le Gabon a un potentiel naturel que nous ne pouvons plus vanter car il est connu. Ce capital naturel doit être transformé en capital économique, c’est-à-dire qu’on doit s’orienter vers les investisseurs environnementaux ou vert pour obtenir des fonds verts afin de valoriser le potentiel du Gabon vert. Les petits métiers dans notre pays doivent intéresser les Gabonais de tout genre car c’est de là ou ressort le potentiel économique du pays. Il suffit d’aller au grand marché de Libreville pour comprendre que l’économie Gabonaise est exclusive. Il est important pour notre pays de n’est plus s’aventurer dans les projets improductifs bien qu’ils soient nécessaires à  long terme pour notre pays. Les solutions à courts et moyen terme sont celles qui doivent être trouvées rapidement par les autorités Gabonaises comme par exemple : la réduction des charges de l’Etat (passé de 44 à 25 ministres ;passé de 102 à 30 sénateurs ; réduire les avantages de tous fonctionnaires comme ceux des anciens premiers ministres; réduire le nombre d’agences interministérielles qui deviennent des ministères bis ;choisir rapidement les produits qui doivent subir la taxation verte ;promouvoir le secteur halieutique pourvoyeur d’emplois tout en mettant des politiques de sécurisation ;une surveillance accrue des fonds qui sortent hors du territoire sans limite car ça tue l’économie du pays ;accélération de la mise en place du fonds vert pour soutenir les activités de l’économie verte ;établir une liste des métiers verts pour promouvoir leur formation et n’est pas attendre la nomenclature des pays occidentaux ;obliger tout opérateurs économique à l’ouverture d’un comte bancaire ainsi que toute personne exerçant une activité commerciale.

NB : pour construire un Gabon nouveau, il faut valoriser les intelligences gabonaises à la place qu’il faut sinon pourquoi faire l’école ? c’est en période de crise que les intelligences doivent intervenir et proposer des solutions novatrices.

François NZIGOU NZIGOU, originaire du Gabon.

Il est titulaire d’un Master I en Sciences Commerciales, option finance d’entreprise à l’université Abderrahmane Mira de Bejaia (Algérie),d’un Master II en Gestion Financière et espace Européen à l’université de Lorraine (France), du Master II en Micro Finance et développement des entreprises à l’université de Lorraine (France), et actuellement en instance de soutenance du doctorat en Sciences Economiques de l’Institut des Risques Industriels, Assurantiels et Financiers à l’université de Lille , et travaille sur le Potentiel socioéconomique et Politiques de Financement de l’Economie Verte en    Afrique Centrale : Cas du Gabon.

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