« On ne va pas imposer une chose qui n’aboutirait à rien ».
Cette phrase de la Représentante de l’Union Européenne au Gabon fait froid dans le dos et jette du discrédit dans la sincérité du pouvoir Gabonais à organiser des élections présidentielles transparentes, honnêtes et sincères en 2023.
Mieux, elle prévient le monde entier que les mêmes manquements constatés lors de l’élection présidentielle de 2016 au Gabon vont se reproduire.
L’ambassadeur de l’UE révèle en même temps que le dialogue politique engagé avec le Gabon lorsqu’Alain-Claude Bilie By Nze était ministre des affaires étrangères n’a abouti à rien, et ce n’est pas au moment où celui-ci est devenu premier ministre que les choses vont s’améliorer.
Une telle révélation avant la concertation qui commencera ce lundi 13 février est une véritable bombe pour ceux qui participeront à cette masse et même pour tous les Gabonais.
Elle invite les gabonaises et les gabonais à comprendre que rien de ce qui peut contribuer à améliorer le processus électoral Gabonais ne sortira de cette rencontre.
Ni le renouvellement du CGE, ni le toilettage du code électoral, ni l’accès équitable aux médias d’Etat, ni la limitation du financement des campagnes, ni la proclamation des résultats qui seront toujours bidouillés, ni l’impartialité de l’administration et des forces de défense et de sécurité, rien de bon ne sortira de cette concertation.
Autrement dit, la messe est déjà dite, l’élection présidentielle à venir est déjà bouclée, et le même scénario qu’en 2016 se produira sous les yeux ahuris de la communauté internationale.
Ce n’est pas la présence de la CEEAC et de l’Union Africaine qui ne sont que des organisations intergouvernementales sans pouvoir autre que celui décidé par les chefs d’Etat membres qui arrangera les choses.
Puisque les décisions qui sortiront de cette concertation ne seront pas imposables au pouvoir de Libreville, il reste une seule voie aux participants: les rendre imposables et exécutoires.
Pour cela, il faut réquisitionner les deux chambres du parlement pour les adopter, modifier la constitution, promulguer ces changements et publier les décrets d’application.
En réalité, en lieu et place des élections apaisées, le Gabon va entrer dans la turbulence dès ce 13 février 2023.
Petit-Lambert Ovono, évaluateur certifié des politiques publiques, président de SOGEVAL
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