En tant que citoyen libre, respectueux de la Constitution et des lois de la République, je voudrais comprendre une chose qui interpelle de plus en plus de Gabonais : comment certaines informations présentées comme sensibles, voire confidentielles, parviennent-elles jusqu’à certains activistes ?
La question mérite d’être posée sans passion, sans accusation gratuite et surtout sans volonté de condamner qui que ce soit avant que la lumière ne soit faite.
Aujourd’hui, nous constatons que certaines informations touchant directement à la vie de la République circulent avec une étonnante facilité sur les réseaux sociaux. Des informations parfois très précises, que le Gabonais lambda découvre en même temps, voire après certains activistes.
Et l’on peut légitimement se demander : d’où viennent ces informations ?
Comment des personnes qui ne sont pas nécessairement au cœur des institutions peuvent-elles avoir connaissance de certains dossiers, de certaines décisions ou de certaines affaires avant même que les autorités compétentes ne communiquent officiellement ?
L’homme de Kinguélé, de Nkembo, de Zoatab, de Ndabelila ou de Moukom-Kodjé est lui aussi en droit de poser cette question.
Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté d’expression. La Constitution garantit justement à chacun la liberté d’opinion, d’expression, de communication et l’accès à l’information.
Mais la liberté d’expression ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur la provenance des informations diffusées, surtout lorsqu’elles touchent à la sécurité, aux institutions ou à des affaires susceptibles d’intéresser toute la Nation.
Une autre question mérite alors d’être posée : si certaines informations sont réellement confidentielles, comment peuvent-elles sortir aussi facilement des circuits institutionnels ?
Et si elles ne sont pas confidentielles, pourquoi les autorités compétentes ne les rendent-elles pas publiques afin d’éviter les interprétations, les rumeurs et les manipulations ?
Il y a également le cas de cet activiste revenu de France et qui semblait disposer d’informations particulièrement précises sur certaines affaires.
Encore une fois, la question n’est pas de le condamner.
La question est simplement : comment a-t-il obtenu ces informations ? Qui les lui a transmises ? Dans quel but ? Et pourquoi les mécanismes chargés de faire la lumière sur ces situations semblent-ils parfois rester silencieux ?
Ce silence nourrit nécessairement les interrogations.
Dans une République qui se veut fondée sur l’État de droit, les institutions doivent pouvoir répondre aux citoyens lorsque des affaires publiques suscitent autant de questions. La Constitution reconnaît d’ailleurs le droit des citoyens à l’information, tout en prévoyant des protections relatives notamment au secret des communications et à la sécurité nationale.
Dès lors, une question plus grave apparaît :
Sommes-nous face à un véritable lanceur d’alerte, à un activiste particulièrement bien informé, à des fuites organisées, à des complicités internes ou simplement à quelqu’un qui exploite des informations déjà accessibles dans certains milieux ?
Nous ne pouvons pas répondre à ces questions par des suppositions.
C’est précisément pourquoi les institutions compétentes doivent, lorsqu’une affaire le justifie, établir les faits, identifier les responsabilités et informer le peuple.
Car le silence des institutions face à des révélations répétées peut être interprété de plusieurs manières : incapacité à maîtriser l’information, volonté de ne pas communiquer, existence de réseaux parallèles ou, pire encore, absence de volonté de faire toute la lumière.
Et c’est là que surgit une dernière interrogation, peut-être la plus importante :
L’activiste est-il réellement au cœur du problème ou n’est-il finalement que le bouc émissaire.

