Tropicale Amissa Bongo rétropédalage 15 ans après : Il reste des pages à écrire sur cette Tropicale…

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Le Français Jordan Levasseur, de l’équipe Natura4Ever-Roubaix-Lille a remporté le maillot jaune au classement général de la 15e édition de la Tropicale Amissa Bongo.

Le Français Jordan Levasseur, de l’équipe Natura4Ever-Roubaix-Lille a remporté le maillot jaune au classement général de la 15e édition de la Tropicale Amissa Bongo. Toutefois, son sacre a été marqué par le saut d’étape, la modification des circuits pour cause du mauvais état de la route… Une semaine durant, la Tropicale édition 2020 a réservé son lot de rebondissements et de moments fous, doux, improbables. Il paraît que le maillot jaune était un objet sacré…

En effet, chaque année, les organisateurs essaient de proposer un parcours différent, mais leurs choix sont rapidement limités, et les contraintes énormes, du fait de la topologie du territoire gabonais, recouvert à plus de 80 % par la forêt équatoriale. Il faut aussi tenir compte des capacités hôtelières, ce qui oblige l’organisation à avoir une logistique très lourde.

Qu’est-ce que le spectacle dans le vélo ? Un sprint fast and furious ? Une ascension de col haut perché ? Non, une étape de plat réputée pour faire dormir.

La course cycliste La Tropicale Amissa Bongo, interroge les territoires à différentes échelles et selon différents calendriers, voire temporalités. Son organisation constitue une opportunité pour le pays entier. Cette compétition est un attracteur d’organisation sociale et un intermédiaire de la mondialisation. Toutefois, La Tropicale alimente les problématiques liées au développement et à la dynamique des territoires, elle enrichit le concept d’événement spatial.

Faute d’évènement exceptionnel en course, La Tropicale Amissa Bongo est le mariage qui réunit chaque année la grande famille du vélo, et ce depuis l’année 2005. Un mariage où l’on alterne repas gargantuesques et sandwichs indigestes et où l’on subit la même musique abrutissante pendant une semaine. Un mariage auquel tout le monde est venu et pas pour beurrer les sandwichs.

Pendant ce temps, il y a une course. Avec des chutes, des moments forts et de longues journées d’ennui, même pour les coureurs, parfois. Les stars en sont les sprinteurs. Ils sont précieux, car ce sont les derniers coureurs à souffler sur les braises encore vives d’une étape de la Tropicale. Là où les prétendants au maillot jaune trouvent officiellement tous leurs adversaires super sympas et très forts, eux ne se privent pas d’entretenir les rivalités d’une discipline très spéciale, pour laquelle il faut forcément un grain de folie.

De l’ancrage spatial lors de la course in situ, ces évolutions montrent parallèlement l’existence d’un événement de plus en plus détaché de ses racines populaires, mettant ces mutations en débat : les critiques concernant la Tropicale et les nouvelles grosses équipes du circuit professionnel se multiplient, pointant un cyclisme s’éloignant progressivement de son public, avec des champions moins accessibles qu’auparavant, tant sur la Tropicale que sur d’autres épreuves moins prestigieuses.

Toutefois, si la Tropicale Amissa Bongo est devenu un événement sportif et économique sans conteste, elle est aussi confrontée à l’envers de ce sport business.

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