Quel Loup nourrissez-vous ? S’interroge le mouvement tropctrop

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Une vue aérienne de la zone d'Angondjé et de Libreville.

Mesdames, Messieurs, Chers Lecteurs, 

 Le Gabon est un petit pays d’Afrique centrale par sa superficie, environ 265 667 Km2 et, surtout, par sa population, estimée à environ 2 millions d’habitants (à peine un quartier de Douala ou d’Abidjan). Pays béni des dieux, dit-on, au regard des ressources naturelles qui s’y trouvent : bois, or, diamant, manganèse, uranium, pétrole, terres rares, végétation, faune… Le rapport entre ressources naturelles et nombre d’habitants devrait, en principe, permettre à chacun de vivre aisément, si une répartition des revenus issus de la vente des matières premières était gérée de manière responsable depuis que ce pays existe. Au contraire, la misère des habitants est proportionnelle aux richesses du pays.

L’origine de ce mal vient du fait que la France, par le biais de la colonisation, ait mis la main sur ce pays. La mainmise de cette puissance coloniale se poursuit, plus de 60 ans après une prétendue indépendance, du fait de l’installation à la tête de l’Etat, de dirigeants cooptés et téléguidés par Paris.

Il y a d’abord eu Léon Mba Minko, un leader politique tellement francophile qu’il s’était farouchement opposé à toute idée d’indépendance du Gabon. Ensuite est arrivé Albert Bernard Omar Bongo Ondimba, un personnage malsain dont la famille va traiter le Gabon, non pas comme une responsabilité générale, mais comme une prise de guerre : population martyrisée, systèmes scolaire et sanitaire saccagés, ressources naturelles pillées… Et tout cela, évidemment, se passe sous le regard complice et bienveillant des autorités françaises.

Ainsi, la famille Bongo et une clique d’hommes et de femmes ont entrepris de détruire un pays tout en soumettant ses habitants.

C’est à croire qu’ils viennent d’une autre planète tant les réalités visibles de la misère et de la souffrance des Gabonais n’ont pas l’air de les affecter. La situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle concerne un pays où beaucoup de personnes se connaissent, avec des liens de parenté plus ou moins proches. Au Gabon, tout le monde ou presque est affecté par les mêmes maux. Qu’est-ce qui peut alors expliquer que des hommes et des femmes restent complètement insensibles à la détresse du plus grand nombre ? Incapables d’œuvrer pour le bien commun, de comprendre la souffrance des autres, ils donnent même l’impression de tirer du plaisir à voir des gens souffrir.

L’absence de valeurs aujourd’hui décriée au Gabon est le fruit du choix d’une orientation politique qui n’a en réalité pas favorisé la préservation des valeurs familiales, privilégiant la débauche, la prostitution et le mensonge.

Au Gabon, on pense et agit souvent de manière compartimentée. On entend très souvent dans nos familles parler avec mépris des personnes qui s’engagent pour l’alternance politique. Pour beaucoup ce sont des opposants aigris qui mettent la politique dans tout. Une mère qui accouche à même le sol aujourd’hui à la maternité de Libreville dira que ce n’est pas une question politique. Tout comme le retraité qui ne perçoit pas sa pension hésitera à aller assister à une manifestation politique parce que pour lui également, ce n’est pas une question politique, feignant d’ignorer ou ignorant que ces conditions sont le fruit de mauvais choix politiques.

Nous avons un excellent exemple de cette compartimentation en la personne de Mme 3M, une chrétienne dévote qui s’est fait construire une église. Elle s’y rend benoîtement les dimanches et prie certainement tous les jours, croyant dévotement qu’elle aime et applique l’œuvre de Dieu. Par contre, lorsque surviennent les élections présidentielles, elle n’hésite pas à travestir les résultats des urnes pour faire du perdant le gagnant ou, pour dire comme quelqu’un, de faire de l’échoué l’admis. Cela n’est possible que parce qu’elle a mis sa religion dans une case, dans un compartiment et ses intérêts dans un autre. C’est une manière très confortable d’opérer mais qui manque d’intégrité, d’honnêteté.

Quelles leçons un enfant d’aujourd’hui peut-il tirer des agissements publics d’un René Ndemezo Obiang, d’un Frédérick Massavala ou d’autres personnes qui les entourent et qui sont encensés par les médias publics ? Quelle morale, quelles valeurs transmettent ces personnes ?

Il y a beaucoup de mal au Gabon, de souffrances individuelles inutiles, de relations humaines destructrices, chaos social et tout cela est dû à l’incapacité de certains à penser et à développer leur conscience. Il est impossible d’ignorer la réalité du mal au Gabon si l’on pense de manière intègre. Pourtant, il y a des gens pour le nier ou le minimiser préférant rejeter la faute sur Dieu ou sur la sorcellerie. Si les gens meurent par faute de structures sanitaires adéquates, c’est la volonté de Dieu. Ben, voyons !

Oser identifier le mal qui frappe le Gabon est un bien pour l’avenir de notre pays. Aussi douloureux que cela soit, nous devons dire les choses et les assumer. Les Bongo et leur clique tuent le pays dans tous les sens du terme, et encore plus aujourd’hui. Ils enterrent nos valeurs, détruisent nos croyances, tuent nos nobles sentiments, nous enferment dans des schémas diaboliques… Les drames récemment survenus à Mékambo pour lesquels toute la vérité doit être faite révèlent douloureusement pour les familles endeuillées et les populations éprouvées tous les désordres dont sont responsables les membres de ce “clan régnant”.

Certains nous diront peut-être que nous n’avons pas le monopole de la conscience. Et pourtant, si ! Nous osons le dire et même l’affirmer. Nous avons effectivement le monopole de la conscience parce que nous constatons, preuves à l’appui, que ceux qui méprisent le peuple gabonais depuis des décennies en sont dépourvus. Nous avons clairement fait le choix du bien et nous l’assumons. Nous avons fait le choix du cœur et le cœur ne trompe pas. L’argent trompe, le cœur ne trompe pas. Nous agissons pour un meilleur être de tous dans un contexte favorable, pour les générations futures. Nous sommes engagés pour la vérité, la paix, l’espoir, l’amour, la joie.

Un proverbe cherokee nous raconte qu’il y a une bataille de deux loups à l’intérieur de nous. L’un est le mal. C’est la colère, la rancœur, les mensonges, l’infériorité et l’ego. L’autre est le bien. C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, l’humilité, la gentillesse, l’empathie et la vérité. Le loup qui gagne est celui que vous nourrissez.

 

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