Quel avenir pour le RENAJI ?

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Le Directoire de campagne du candidat Thierry Mebale Ekouaghe

Le Réseau National des Journalistes Indépendants (RENAJI) est aujourd’hui en proie au vandalisme et au désordre, signes sans conteste de protestations. Dans le bras de fer actuel, qui vise à jauger le poids et la détermination des deux parties des candidats Thierry Mebale Ekouaghe et Jean Claude Afa’A à l’élection de la présidence du RENAJI, le désaccord est tellement profond et grave que le seul dilemme d’une Assemblée Générale ne le résumera certainement pas.

Rappelons que la fraude électorale cherche à modifier la volonté du corps électoral. Elle apparaît dans des domaines imprévus par le législateur. Le fraudeur peut travailler en cachette, utiliser les failles d’un texte ou l’interpréter de façon abusive. La fraude est organisée, importante ou isolée, elle est et sera toujours présente.

Aussi, pour éviter la fraude et non l’éliminer, les opérations doivent être simples, visibles de tous, à tout moment. Compliquer les procédures entraîne la confusion, la fatigue, l’énervement et l’erreur. Même que le soupçon de fraude organisée peut planer à partir de l’interprétation abusive de la loi.

Y-a-t-il eu fraude ou pas ? Et quelle est son ampleur ? C’est là une discussion qui est vitale. D’abord, il est possible de trancher, et il nous faut admettre que les preuves sont nombreuses. De plus, les événements en cours aujourd’hui sont trop essentiels pour se contenter de les inscrire dans un cadre aussi réducteur que celui-là. Il est stérile, et ne rend pas compte du moment historique. Admettons que la majorité des journalistes élisent Thierry Mebale Ekouaghe, parce qu’il pratique un discours qui correspond aux désirs et aux convictions les plus élémentaires de la plupart des journalistes, parce qu’il est celui qui peut instaurer la grandeur de la corporation. Alors supposons qu’il soit le vainqueur, cela résoudra t-il le problème ?

Ce qui est apparu depuis quelques semaines est bien le manque de canaux efficaces capables de résorber les conflits existants, mais aussi capables d’empêcher leur glissement violent et sanglant dans les réseaux sociaux. Ceci signifie d’abord que les mécanismes électoraux ne constituent plus un tampon, alors qu’ils avaient été des outils de contenance des divergences entre les différents courants, et qu’ils ont cessé d’être un moyen de communication, permettant ainsi une certaine participation générale à la politique. Ces fonctions garantissaient d’une certaine manière une porte de sortie supplémentaire aux conflits et équilibres au sein des différents appareils, avec l’ensemble des intérêts qui gravitent autour. L’existence de ce canal supplémentaire qu’est l’élection à la présidence du RENAJI revêt une grande importance dans la corporation journalistique gabonaise, traversé par des divergences profondes. D’où la nécessité de recherche permanente de compromis consensuel.

La question n’est même pas de prendre acte de la présence d’une vraie division au sein du RENAJI, mais de savoir quelles sont les dynamiques qui permettent de la gérer pacifiquement. Chose impossible sans admettre la légitimité de la protestation, mais aussi la légitimité des courants opposés, et de trouver une formule qui permette d’en tenir compte. La répression peut éventuellement étouffer la protestation, mais elle ne la fera pas disparaître et ne l’anéantira sûrement pas. Bien au contraire, elle s’enracinera davantage ! Ce sont là des lois que d’autres révolutions ont connues et elles sont valables pour le RENAJI.

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Rédacteur en Chef, Journaliste-Ecrivain, Sociétaire de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédias), membre de la SGDL (Société des Gens De Lettres), membre du SFCC (Syndicat Français de la Critique de Cinéma), membre de l'UDEG (Union Des Écrivains Gabonais).

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