Le métier d’influenceur, nouvelle trouvaille révélée et maternée par les réseaux sociaux, est la nouvelle coqueluche des jeunes.
C’est un métier auquel on n’accède sans critère particulier, il est accessible à tous, surtout à ceux qui parlent fort sans avoir à prouver. On l’exerce sans autorisation expresse, il est intégré au système.
Depuis quelque temps le métier d’influenceur est institutionnalisé.
Il vit de l’accès au pouvoir, pas de contre-pouvoir. L’influenceur n’est pas un journaliste, pas un lanceur d’alerte, non plus un opposant. C’est un relais, qui ne révèle pas, mais qui amplifie, il n’affronte pas.
Il dépend de l’exclusivité, à ce titre, il est condamné à plaire au pouvoir pour exister.
Résultat, on a des mégaphones partout, mais curieusement le silence devient assourdissant. On sensibilise à tout, sauf à ce qui fâche. On forme à la citoyenneté avec des slogans, pas avec des comptes à rendre.
Mais quand l’influenceur se vend, qui reste pour dire gratuitement ce qui fâche ?
La réponse est claire, plus grand monde.
Quand la vertu devient une rente, elle meurt, c’est le sort qui guette presqu’inéluctablement notre nouveau métier qui semble-t-il, nourrit bien son homme.

