Opération Scorpion : QUID de L’ANIF et de la CNLCEI.

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Une vue de la prison centrale de Libreville au Gabon.

L’Opération Scorpion met en exergue une vaste opération de braquage de l’Etat gabonais par un groupe d’individus à des fins d’enrichissement illicite, perpétuant ainsi la tradition séculaire de détournements de fonds publics par l’élite politique au pouvoir soit du PDG ou du parti allié.

D’après sa définition dans le dictionnaire Larousse scorpion signifie « Grand arachnide des régions chaudes portant en avant une paire de pinces et dont l’abdomen mobile se termine par un aiguillon venimeux », et opération qui signifie « Ensemble des combats et des manœuvres exécutés par des forces militaires dans une région en vue d’atteindre un objectif précis ; intervention des forces de police ».

Le Chef de l’Etat a lancé unilatéralement ce gros machin dénommé Opération scorpion, au détriment des institutions luttant contre le blanchiment des capitaux et la corruption telles que l’ANIF (Agence Nationale d’Investigation Financière) et la CNLCEI (Commission Nationale de Lutte Contre l’Enrichissement Illicite). De qui se moque-t-on ? On voit bien là, que cette affaire se résume à un règlement de compte entre les tenants du pouvoir.

Comment, en l’espace de quelques semaines le Président de la République a eu la peau de nombreux hauts fonctionnaires et dignitaires du pays très affichés au sein de l’Ajev (Association des jeunes émergents volontaires) et ses partis satellites, tels que l’ex-directeur de cabinet du président de la République, Brice Laccruche Alihanga et des ex-ministres Noël Mboumba (Pétrole et Mines) et de Tony Ondo Mba (Énergie et Ressources hydrauliques), le conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la République, Ike Ngouoni, les ex-directeurs généraux de la Société nationale des hydrocarbures (GOC), Christian Patrici Tanasa, de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Renaud Allogho Akoué et de la Société équatoriale des mines (SEM), Ismaël Ondias Souna, du maire de la commune d’Akanda, Gregory Laccruche Alihanga ? Tous, sont au cœur d’une affaire supposée de détournements de fonds publics, de malversations financières, blanchiment de capitaux, concussion, faux et usage de faux. Plusieurs sociétés écrans ont été créées pour abriter les fonds, dans les comptes de BGFI Gabon.

C’est dire à quel point, la gestion actuelle du Gabon est aux mains de briguant, et l’exercice du pouvoir s’y fait de manière cavalière.

A quoi sert donc, la CNLCEI crée par le décret N°698/PR du 2 juin 2003 portant promulgation de la loi N° 2/2003 relative à la création, l’organisation et le fonctionnement de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, et son pendant l’ANIF crée par le décret N°000739/PR/MEFBP du 22 septembre 2005 pris en application du Règlement N°01/CEMAC/UMAC/CM du 11 avril 2016.

Ce sont pourtant deux services administratifs qui existent depuis des années et dont les résultats n’ont jamais été probants.

A ce jour, aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur les montants détournés.  L’enquête, actuellement en cours, devra permettre d’identifier les réels bénéficiaires de cet argent public. Et si les conseils d’administration des sociétés publiques concernées, ont autorisé, ou non, ces transferts de fonds. Des prête-noms auraient même été utilisés afin de flouter les flux financiers.

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