Message d’Isaac John à Bertrand Zibi.

Très cher grand frère Bertrand Zibi Abeghe,

Ta libération est une renaissance !

C’est une très grande joie et en même temps une grande émotion partagée entre larmes et frissons pour moi de te savoir enfin libre et parmi les tiens.

J’ai pleuré, hurlé, crié, chanté, vociféré, avec tous les artisans de la paix et de la justice pour te voir enfin libre.

Je remercie aujourd’hui notre Dieu tout puissant, et nos Ancêtres protecteurs et bienveillants, pour t’avoir protégé tout au long de ces six longues et épuisantes années dans les geôles de la maison maudite.

Je remercie toutes ces Entités puissantes pour avoir préserver ta santé, ta vie, car nous savons tous que le poison, les mauvais coups, les assassinats, les disparitions, dans ces milieux carcéraux là sont légions. Sans oublié cette terrible et horrible pandémie qui a décimé le monde entier sans pitié.

Tu as tenu bon, tu as gardé ton courage, ta lucidité, ta positivité et surtout ton grand et profond sens de la patrie, notre très chère patrie le Gabon que nous aimons tous jalousement dans nos cœurs.

Tu es resté notre grand-frère, notre Ndjime, notre Ivuhunda de toujours. Tu es aujourd’hui une figure de la justice dans notre pays, tu es aujourd’hui le modèle de l’unité des Gabonais, celui qui saura avec les mots justes rassurer et Calmer nos alarmes, car tu as été injustement jeté en prison.

Et si aujourd’hui dans le ciel quelqu’un doit être heureux parmi les anges, c’est Maître Fabien Méré, lui qui n’avait jamais cessé de crier pour la justice et qui portait ton nom dans toutes nos manifestations.

Toute la diaspora Gabonaise de France, des États-Unis, du Canada, de Belgique, est très rassurée de te voir à nouveau vivant, libre et debout.

Dans un premier temps, prends le temps de te recueillir avec les tiens, ta maman, tes enfants, ta femme, tes frères et sœurs, parce que tu ne les as pas serré dans tes bras depuis longtemps.

Dans un deuxième temps, rends grâce à Dieu comme tu l’as dit dans ta première interview que j’ai suivie hier, par un culte d’action de grâce au cours duquel tu partageras une collation avec ceux qui seront disponibles pour t’accompagner dans cette étape.

Troisièmement, grand frère, tu me connais défenseur de notre culture Ancestrale, je te conseillerai de faire un tour au village, c’est-à-dire, a Bolosso-Ville pour recevoir des soins par rapport à nos traditions intrinsèques.

Car nous sommes des Bantu. Pourquoi je te dis ça, je sais que tu connais, mais je vais quand même le réitérer ici. La prison n’est pas une bonne maison, elle n’est pas un beau lieu. Quand on est envoyé en prison, c’est la maison de la malchance, de la malédiction, c’est la maison des mauvais esprits, c’est la maison de la mort.

Et quand on en sort, il faut que ta famille biologique t’entoure avec des soins très forts traditionnellement, pour t’enlever toutes les ondes négatives et malsaines qui ont souillé ton corps parce que dans nos prisons en Afrique, surtout dans nos pays là, une prison il dans nos pays là, il n’y a aucune notion d’hygiène.

Ces soins que ta famille te feront auront pour but de te purifier et d’éliminer toutes les malchances qui collent à tous ceux qui ont une fois séjourné dans ces lieux dits maudits.

Et en dernier, mon très cher grand frère de toujours, garde ton calme, reste dans le silence pour un temps afin de faire une parfaite introspection personnelle de toi-même, pour trouver les mots justes, les idées claires, les paroles censées, la sagesse profonde, la vision droite, la force nécessaire, qui traceront et éclaireront désormais ton chemin dans les décisions que tu prendras pour la continuité de ce combat pour l’amour que nous avons tous pour notre très chère patrie le Gabon.

Fais très attention à toi, redouble de vigilance et de discernement face à tous ceux qui viendront t’embrasser, parfois avec de fausses larmes. Ils ne sont pas tous heureux de te savoir libre. Beaucoup parmi eux ont eu grâce à toi des entrées d’argent de la part de ceux qui t’ont injustement condamné. Par ta détention, ils pouvaient inventer, créer, indonfer, fabriquer, des tas et des tas de mensonges pour que tu croupisses en prison.

Et aujourd’hui, toute cette cagnotte va leur échapper, ils n’auront plus de quoi entretenir leur train de vie maudit. Ne fais plus confiance à tous ceux qui n’ont rien pour toi quand tu étais détenu. Pense à tous ces anonymes qui se sont privés en priant, en intercedant pour toi auprès du divin Transcendant.

Aujourd’hui, toutes les neufs provinces du Gabon ont comme senti un air de soulagement. Mais c’est pas finit car nous devons garder notre foi en Dieu afin qu’il touche davantage nos dirigeants afin qu’ils libèrent tous les autres enfants du Gabon détenus arbitrairement, et même s’ils avaient fait des fautes graves, il existe d’autres moyens répréhensibles pour les punir. La prison n’est ni une bonne maison ni un bel endroit pour envoyer les autres.

Je dis merci à tout le peuple Gabonais, et à tous les Gabonais de la diaspora pour cette constance dans l’élan vers la liberté….

La haine et la rancune nous rendrons faibles

Notre hymne national la CONCORDE est une puissante arme…

Isaac John, acteur culturel Gabonais.

Paul Essonne

Journaliste

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *