Le SENA promet un 20 juillet 2020 sous haute tension dans l’Education Nationale.

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Fridolin Mvé Messa, président du SENA (en chemise blanche).

Le gouvernement, dans sa communication du mardi 30 juin 2020, a décidé de l’allègement des mesures restrictives prises depuis près de quatre mois, pour contenir et refluer la pandémie du Covid-19. Une restriction qui a pour conséquence dans le secteur de l’éducation, le retour à l’école uniquement des élèves des classes de Terminales et l’envoi en vacances de toutes les autres classes du primaire et du secondaire. 

Cette décision, prise sans consultation préalable des partenaires sociaux du secteur éducation comme le recommande l’OIT en pareil circonstance, surprend et apparait comme discriminatoire aux yeux non seulement des acteurs concernés (élèves, parents et enseignants) mais aussi de l’opinion publique.

En effet, après l’apparition du premier cas contaminé par le Coronavirus au Gabon, le ministre de l’Education Nationale a décidé, le 14 mars 2020, de la suspension immédiate des cours sur toute l’étendue du territoire national aux fins de préserver les élèves, les enseignants et leurs familles respectives d’une possible contamination de masse. Cette décision, somme toute prudente, qui est intervenue en milieu d’année scolaire, n’est pas sans conséquences sur les activités pédagogiques qui se déroulaient normalement, les deux premiers trimestres de l’année en cours se déroulant sans obstacle majeur.

Aussi, dans le souci de garantir aux apprenants la continuité des activités pédagogiques, pendant cette période d’incertitude et d’inquiétude, le ministre de l’Education Nationale Chargé de l’Instruction Civique a initié, après consultation des partenaires sociaux, l’enseignement à distance à l’intention des élèves des classes d’examen (Tle, 3ème ; 5ème année) dans l’objectif de les maintenir en éveil.

C’est donc dans un point presse en date du 8 juillet 2020, que le Secrétaire Général du Syndicat de l’Education Nationale (SENA) Fridolin Mve Messa a déclaré que sa structure avait approuvé et soutenu cette initiative, bien que lacunaire du fait du grand retard accusé par notre système éducatif en matière de technologie d’information et de communication, mais louable puisqu’aucune autre solution réaliste dans l’immédiat n’était envisageable. Quatre mois plus tard, la pandémie continue à se propager dans le pays et les cas de contamination augmentent tous les jours, occasionnant des morts. Le stress des populations est encore visible, et avant même que le pic attendu de la pandémie ne soit atteint, le gouvernement, dans un tel contexte, décide du retour à l’école.

Aussi, Il est important de relever que, depuis le début de cette pandémie virulente, le secteur de l’éducation a enregistré près d’une dizaine d’enseignants décédés du Covid-19. La réouverture des écoles ne leur donne aucune garantie. Aucune sérénité. Les conditions restent du moins inchangées. « La maladie à l’origine de la fermeture des établissements est toujours présente. Toute chose qui ne cadre pas avec nos attentes : celles des enseignants, des élèves et de leurs parents sur les points de consensus auxquels nous sommes parvenus lors des différentes réunions visant à préparer la reprise éventuelle des cours. C’est pourquoi, après la réunion élargie du 6 juillet 2020 en visioconférence avec le ministre de l’Education Nationale qui a dévoilé la stratégie du Gouvernement, le SENA, en accord avec les autres syndicats (FEN, SAEG, SYNAPEN, SEFG, SP EAT, OSMOGEN), dénonce cette précipitation du gouvernement, tout comme il rejette sa décision d’annuler les examens du BEPC et du CEP au seul profit du BACCALAURÉAT, dans la mesure où tous les diplômes sont d’égale importance, quel que soit son niveau a sa valeur et mérite considération. Et d’ailleurs, c’est l’occasion de le rappeler, l’organisation de ces différents examens obéit aux dispositions légales prévues par la loi » déclare le Secrétaire Général du SENA.

« Une autre décision aurait été prise sans consultation : l’épreuve d’Education Physique et Sportive au baccalauréat. Les candidats la passeront, nous apprend-t-on, uniquement à l’écrit. Mais comment est-ce possible dès lors que nous savons que seuls les élèves dispensés y sont préparés ? Le vaste programme des cours théoriques n’ayant pas été enseigné à tous les candidats. Aussi, nous pensons qu’en excluant les jeux collectifs dans les disciplines sportives retenues à l’examen, les jurys peuvent valablement évaluer les candidats sur des exercices individuels tels que la gymnastique, les courses, les lancers et les sauts dans le strict respect les mesures barrières » poursuit monsieur Mve Messa.

Le CEP est le premier diplôme qui sanctionne la fin de parcours d’un élève du primaire et le BEPC couronne la fin du premier cycle au secondaire. De fait, le SENA, en concertation avec autres syndicats cités plus haut à savoir (FEN, SAEG, SYNAPEN, SEFG, SPEAT, OSMOGEN), réitère sa préoccupation de voir tous les élèves des classes d’examens, sans exception, retourner à l’école aux fins de passer leurs différents examens dans le strict respect des mesures de sécurité et protection édictées, comme arrêté avec les partenaires sociaux (APE et Syndicats) lors des réunions préparatoires.

Toutefois, afin d’éviter de pénaliser, un peu plus les élèves, au regard des efforts financier et matériel consentis, le SENA propose au Gouvernement, comme solution alternative, l’organisation des examens de CEP et BEPC à une date ultérieure, le cas échéant, l’octroi du BEPC (à titre exceptionnel) aux élèves passant en classe de Seconde et du CEP aux élèves admis en classe de 6ème. Cette proposition a l’avantage d’être moins discriminatoire.

Par ailleurs, favorable à la reprise des cours de tous les élèves candidats aux examens, le SENA a rappelé la satisfaction des préalables suivants avant le retour en classe : L’installation du dispositif d’eau dans tous les établissements publics et privés du pays ; les mises à disposition du matériel de protection aux élèves et aux enseignants (masques, gel hydro alcoolique) ; la désinfection des salles de classe ; la mise en place des modalités claires de transport des élèves et des enseignants ; l’octroi de la prime Covid-19 aux enseignants appelés à repartir en classe et membres des jurys d’examens ; la participation des syndicats dans la supervision de ces examens et les commissions statutaires ; le paiement des vacations immédiatement après service fait ; le paiement des vacations de l’année dernière du CEP et du BEPC avant le démarrage des cours prévu le 20 juillet 2020 ; la visite des installations avant la rentrée du 20 juillet 2020.

Sur un tout autre plan, le SENA demande au gouvernement : l’organisation des concours internes ENS et ENI avant la rentrée des classes 2020-2021 ; la réouverture des ENI fermées depuis plus de 3 ans ; la relance des régularisations des situations administratives et financières du personnel de l’éducation.

Dans le cas où ces préalables ne sont pas pris en compte, « le SENA demande d’ores et déjà aux enseignants de ne pas répondre à l’appel du 20 juillet 2020, autant il demande aux parents de garder leurs enfants à la maison.  La vie n’ayant pas de prix » annonce le Secrétaire Général du SENA, Fridolin Mve Messa.

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