Le débat de Missélé eba’a: On veut la vérité et non des dictées.

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Une vue du tribunal de Libreville au Gabon.

Fin 2010, Stéphane Hessel, un ancien résistant français à l’occupation allemande sortit un essai intitulé “indignez vous”. La qualité de ce livre qui tombait à point contribua à ce qu’il devienne un véritable best-seller. Plus que de simples conseils d’un vieil homme qui en a vu, c’est l’appel à l’enracinement chez les jeunes générations d’un certain état d’esprit qui voudrait que l’on refusât de cautionner ce qui n’est pas bien, juste ou normal.

Le phénomène de la pédophilie, il faut absolument l’éradiquer de notre pays, sans la moindre complaisance. Il constitue un crime. C’est une violence destructrice inacceptable qui est faite sur des personnes fragiles, faibles et vulnérables. De ce pas, c’est la tolérance zéro qui devrait s’imposer et s’appliquer.

Toutefois, il ne revient pas aux pouvoirs publics et politiques d’instrumentaliser cette problématique à des fins inavouables. En lisant l’article paru ce jour dans les colonnes du quotidien l’Union intitulé ” Abus sexuels: Kolo en flagrant délit “, on ne peut que s’indigner de la légèreté avec laquelle un tel sujet grave est traité.

Depuis le début de cette affaire, tout en nous indignons, nous dénonçons une manipulation de l’opinion publique par certaines mains noires, lâches et imprudentes. Bientôt plus d’une semaine qu’on nous a dit que Romain Molina a eu à réaliser une enquête sur le sujet pendant 2 ans et demi, et à ce jour, rien de cette fameuse enquête n’a été servi, ni au peuple gabonais qui a besoin de connaitre la vérité, ni à la justice qui a l’obligation de faire la lumière sur cette affaire sulfureuse.

Devrait-on penser que cette fameuse enquête réalisée par Romain Molina visait à décorer les cartons ou les cantines de son appartement? Si tant est qu’il avait pour objectif de lutter contre ce phénomène, qu’il aide la justice gabonaise à traquer les criminels pédophiles en lui donnant toutes les informations qu’il aurait déjà recueillies. L’affaire est trop sérieuse et grave pour qu’on en vienne à perdre du temps bêtement.

Aussi, nous nous indignons quant au traitement léger qui a été fait de ce sujet, ce matin, dans les colonnes du quotidien national l’Union. Le citoyen gabonais rigoureux dirait, soit le quotidien national cherchait à meubler sa parution en s’investissant dans le sensationnel, soit il ne dispose pas d’éléments sérieux pour traiter cette question. Alors pourquoi rendre public une affaire dont on ne dispose pas de toutes les informations capitales? Énième tentative de manipulation.

Dans la parution du jour il nous est dit que le coach Kolo aurait été pris en flagrant délit avec deux jeunes au PK7.  Malheureusement, l’Union ne nous dit pas si ces derniers sont mineurs ou majeurs, s’ils sont des footballeurs licenciés ou pas. Comment alors le citoyen gabonais désireux de vérité et de lumière sur ce phénomène pourra donner du crédit à une telle information? Comment établir les liens entre l’entraîneur de football et la pédophilie dans le monde du football sans qu’on ne sache si les jeunes identifiés sont mineurs et inscrits dans un club de la place? Trop de flou nous fait dire qu’il y a un loup.

Qu’à cela ne tienne, si tout est démontré que ces jeunes sont mineurs, bien que n’étant pas de l’univers footballistique, le coach Kolo devrait être poursuivi et condamné pour pédophilie. Si par contre ces jeunes ont la. majorité sexuelle, bien qu’appartenant au monde du football, il ne s’agit nullement de pédophilie mais d’homosexualité. Le coach Kolo pourra déposer une plainte contre les auteurs de cette dénonciation calomnieuse.

Rappelons que les pouvoirs publics ont récemment dépénalisé cette pratique sexuelle. Par conséquent, le coach Kolo n’aura rien à craindre pour n’avoir rien fait qui violerait la loi. Que l’Union nous donne plus d’informations même si nous pensons que le fait de n’avoir rien donné dès le départ est déjà la preuve de l’inexistence d’un quelconque délit.

Aussi, il convient de mieux mener ces enquêtes dont nous dénonçons le caractère spectaculaire qui en plus ne respecte nullement la dignité des gens. D’où notre profonde indignation.

Par Télesphore Obame Ngomo

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