Le débat de Missélé eba’a: Maintenant buvons…

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Le Palais de Justice de Libreville (à gauche) et la prison centrale de Libreville "sans familles" (à droite)

Le Gabon ne serait-il plus un état de droit? En effet, depuis 2 ans maintenant, notre pays vit sur la base des interpellations armées et des arrestations musclées tout azimut. Créant ainsi des jurisprudences où les principes de base du droit sont systématiquement bafoués.

Hier c’était l’opération Scorpion qui faisait la pluie et le beau temps dans notre pays avant qu’une commission de l’ONU ne stoppe cette chienlit qui violait les principes élémentaires du droit. Aujourd’hui ce commando militaire aux allures de juristes empruntés a complètement disparu. La mission semble avoir été celle d’assouvir un caprice, celui de voir Brice Laccruche Alihanga et ses amis derrière les barreaux. Sinon le cas de Vincent Massassa dénoncé par son premier ministre aurait été réglé. Est-ce la République que nous  voulons?

Certaines autorités du monde judiciaire s’étaient tues face à tous les précédents de justice arbitraire vécus dans notre pays jusqu’au jour où le fils de l’un d’eux, travaillant à la douane a été arrêté. C’est dire que, ce qu’on valide ou qu’on tolère pour les enfants des autres, arrivera un jour sur nos propres enfants. A supposer  que ce haut magistrat qui a tant servi le pays et le pouvoir en place n’était plus de ce monde, quel aurait  été le sort réservé à son fils? Certainement la prison jusqu’au jour où ses bourreaux auraient fini de rire de son sort humiliant.

Attention à l’état d’esprit qu’on construit dans notre pays. Un journaliste d’investigation n’est ni un magistrat ni un juge. Donc il convient de revenir aux fondamentaux du droit. Et pour cela, il faut se poser les bonnes questions:

(1)Quel est le footballeur mineur ou devenu majeur qui aurait déposé une plainte pour agression sexuelle contre certains responsables du football gabonais? (2)C’est alors sur quelle base qu’Assoumou Eyi dit Capello a été démis de ses fonctions quand le tribunal ne s’est même pas encore prononcé ? (3) Quid de la présomption d’innocence?

(4) Si nous ne sommes pas dans la manipulation ou les règlements de comptes comme cela semble être acté pour le cas Brice Laccruche Alihanga et ses amis, qui sont alors les 15 autres personnalités du monde du football qui auraient été recensées par le journaliste Romain Molina? (5) Pourquoi ne sont-elles pas citées et interpellées de la même façon que cela a été fait pour Assoumou Eyi dit Capello?

(6) Qui sont ces fameux mineurs qui auraient subi des attouchements ou des violences sexuelles? (7) Étaient-ce vraiment des mineurs quand on sait qu’il est de notoriété publique que les jeunes qui entendent faire carrière dans le football ou dans l’armée aiment rectifier leur âge? Rien que par ce questionnement, on est en droit d’affirmer qu’on navigue en pleine manipulation de l’opinion publique. Alors Attention.

Nul ne sait quelle a été la méthode utilisée pour collecter les diverses informations de cette enquête, au point de faire accepter à certains qu’ils ont le droit de jeter en pâture la dignité d’autrui en toute impunité. Personne ne dit que ces personnalités “virtuelles” dont parle le journaliste Romain Molina seraient innocentes ou coupables. Ce qui est remis en cause ici, c’est la violation des principes de base du droit. Et depuis 2 ans, ce mode opératoire semble être devenu la norme, et ce malgré les interpellations du syndicat des magistrats du Gabon. Il faut que ça s’arrête.

Enfin, comment sommes-nous arrivés à laisser des gens qui n’ont jamais assisté à un seul cours de droit s’autoproclamer enquêteurs, magistrats ou juristes au point d’influencer les personnes pourtant hautement qualifiées en la matière? La magistrature serait-elle devenue aussi ridicule, risible et pathétique? Nous voulons croire que non.

Casimir Oyé Mba ne croyait pas si bien dire lorsqu’il déclarait dans les colonnes du magazine Jeune Afrique : “L’argent a pourri mon pays”. Où est cet orgueil du pauvre si cher à Philippe Séguin? L’orgueil de celui qui n’accepte jamais de prendre ce qu’il ne peut pas rendre? Sommes-nous prêts à affronter un jour le regard de nos dignes parents qui, sans millions ni milliards, ont pu bâtir des hommes et des femmes qu’ils ont toujours voulu respectables?

Un pouvoir se nourrit de raison et non d’émotions. Maintenant que le vin est tiré, buvons. Aussi, pour joindre l’utile à l’agréable, publiez nous maintenant la liste des 15 autres personnalités qui figurent dans les résultats d’enquêtes du journaliste Romain Molina. Il en va de la crédibilité de votre affaire. Au quel cas, libérez et réhabilitez Assoumou Eyi dit Capello. En 2021, il est difficile de distraire ou de manipuler les Gabonais.

Quid de la vaccination obligatoire, des tests  PCR à 20, 50 et 70 milles francs cfa et de la fin du couvre-feu comme partout dans le monde. Quid de l’argent du FMI alloué à la gestion du covid-19 ? Quid des conclusions des travaux de la commission parlementaire sur la gestion des aides et autres financements liés au covid-19 ? Quid du chômage des jeunes ? Quid des problèmes d’eau et d’électricité dans nos villes et nos villages ? Quid de la transgabonaise et des routes de nos quartiers ? Quid des problèmes dans l’éducation nationale, les régies financières et autres administrations publiques ou privées. Voici les sujets de l’heure.  Le reste n’est que pure diversion.

Par Télesphore Obame Ngomo

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