Le débat de Missélé eba’a: Le test positif de la société civile…

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La ville d'Akanda au nord de Libreville, photo Gabonreview.

L’embouteillage du 03 décembre 2021 restera dans la mémoire de nombreux automobilistes qui avaient pris le risque d’emprunter les routes conduisant hors et dans Angondjé. Ce jour restera gravé dans la mémoire collective car il correspondait à la sortie de la dépouille mortelle de Mathieu Koumba, ce journaliste resté humain. Nombreux de ceux qui venaient d’Akanda n’ont pu assister à l’office religieux prévu à la cathédrale Sainte Marie à cause de ce fameux embouteillage.

Plus de quatre heures dans un bouchon partant de la pharmacie d’Avorombam à l’hôpital Jeanne Ebori. C’est-à-dire à peine une dizaine de kilomètres. La population de Libreville et ses environs comptent pourtant moins de 2 millions d’habitants. On se croirait à un retour de vacances sur les routes de France qui comptent plus de 60 millions d’habitants. C’est dire tout le retard accumulé dans la mise en place des infrastructures promises.

Le fameux embouteillage du 03 décembre 2021 a été un véritable révélateur de l’échec du prétendu plan de la transformation du Gabon. La mystification et les discours pompeux ne peuvent plus séduire. Le temps a démontré toutes les incapacités de ceux qui prennent aujourd’hui les décisions dans notre pays. Finalement n’est pas Brice Laccruche Alihanga qui le veut…

Une fois de plus, la colère, la frustration et la déception suscitées par les embouteillages d’Angondjé ne sont pas réservées aux seuls opposants. Même les camarades du PDG en sont victimes. Faut-il un autre élément pour se désolidariser d’une gestion scabreuse visible et subie par tous? Et dire que ce calvaire est quotidien. Rien qu’à l’idée de devoir vivre ces embouteillages vous plombe déjà la journée. Comment être productif ou compétitif avec ce genre de situation, en plus de tous les autres problèmes qui alimentent le quotidien des gabonais?

En 2008, après plus d’une décennie à la tête de la mairie d’Amiens, Gilles de Robien, par ailleurs ancien ministre de l’équipement et des transports dans le gouvernement Jean Pierre Raffarin, fut copieusement battu aux élections municipales par un parfait inconnu, le socialiste Gilles Demailly. Parmi les raisons qui avaient justifié sa défaite, on compte les embouteillages du centre ville suscités par les travaux de modernisation de la gare. C’est dire l’état d’esprit négatif et de rejet que peut générer ce genre de situation.

Aussi, il est alors facile d’apprécier le succès du mot d’ordre, ville morte, lancé par la société civile. La fluidité de la circulation était le premier indicateur de la réussite de cet appel citoyen. Le 15 décembre 2021, d’Amissa à Angondjé à la cathédrale Sainte Marie où se tenait les hommages religieux rendus au doyen Antoine Abiaghe Angoué, à peine 7 minutes de route en voiture. Tellement la circulation était fluide et les routes célibataires.

C’est dire que le test d’appréciation de la légitimité et de la crédibilité de la société civile a été positif. Un message qu’entend bien les partenaires du Gabon, dont la France d’Emmanuel Macron qui, au dernier sommet Afrique France, a décidé de s’appuyer sur les sociétés civiles. Nul doute que tous les services de renseignements, d’ici et d’ailleurs, ont gardé une posture professionnelle en livrant la réalité d’une situation qui était palpable et visible par tous.

Le silence qui a régné sur la ville était déjà le signe d’un désaveu du gouvernement d’Édith Cresson du Gabon et des collégiens du bord de mer sans tenue réglementaire. C’est acté.

La société civile n’a pas vocation à voler le rôle des acteurs politiques mais une chose est certaine, elle constituera une force non négligeable dans le débat politique à venir.

Par Télesphore Obame Ngomo

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