Le débat de Missélé eba’a: Le FMI pour les nuls.

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Les membres du gouvernement en conseil des ministres autour du chef de l'Etat

Les intellectuels de notre pays ont envie de croire que c’est une fake news. Les gabonais souhaitent qu’on leurs disent qu’il ne l’a pas dit. Malheureusement, le site en ligne Gabon Media Time est trop sérieux pour s’aventurer dans de telles plaisanteries par les temps qui courent.

“Nous n’avons pas d’injonctions à recevoir du FMI pour la publication du rapport covid-19 “, tels auraient été les propos maladroits et arrogants d’Alain Claude Bilié by Nzé, le porte-parole du gouvernement. A la lecture de cette déclaration, franchement inopportune parce que ridicule, ce membre du gouvernement semble avoir pris la décision de rester à la tête du bêtisier national. Ce qui est véritablement une honte pour l’image du niveau de notre pays. Alain Claude Bilié by Nzé veut prouver quoi à qui précisément?

Pour ceux qui ont pris le temps d’analyser le profil scolaire de l’homme et même son parcours politique, il n’y a rien d’étonnant. Il ne s’exprime qu’en fonction du niveau qui est le sien, c’est-à-dire baccalauréat +1. Et là, on n’est pas loin du niveau des collégiens du bord de mer. Sur le plan politique, on ne peut plus voltigeur si on se refuse de dire opportuniste.

L’histoire de l’humanité est tellement riche de ce type de profil qui estime que c’est en excellant dans le zèle démesuré qu’on se forge une carapace, une épaisseur et qu’on démontre ses capacités à soutenir l’insoutenable. Hélas, ces profils préfabriqués ou existants par décret finissent toujours par retomber à leur juste niveau. C’est au moins ce qu’il y a de positif et de rassurant que nous offre la nature ou la justice spirituelle.

Au moment où nos enfants passent le baccalauréat, ils peuvent légitimement nous interpeller quant à notre entendement de la notion d’excellence ou de mérite. La situation catastrophique du Gabon n’est nullement  surprenante. Elle est fonction du niveau des gens infestant le sommet de l’État. Aussi, pourquoi nos enfants devraient-ils être  poussés à faire de belles et hautes études si, par le modèle servi, on peut arriver à ce niveau de responsabilité ou de pouvoir sans aucun diplôme ou avec un simple niveau de bac +1 en 2022?

En faisant une telle déclaration, complètement insensée, Alain Claude Bilié by Nzé fait la démonstration publique qu’il ignore le rôle et les missions du Fond Monétaire International (FMI). Ce qui est vraiment dommage pour un membre d’un gouvernement en 2022, plus est, porte-parole de ce gouvernement.

Dire que le gouvernement n’a pas d’injonctions à recevoir du FMI quant à la publication du rapport covid-19 est tout aussi grave et condamnable que faire un chèque sans provision. Dans un pays normal avec un gouvernement sérieux, la question ne se poserait même pas. Pour des raisons de transparence et d’attachement aux méthodes de bonne gouvernance, le rapport aurait dû être publié depuis belle lurette. Le fait qu’il ne le soit pas constitue déjà une anomalie que cet ancien agitateur de l’opposition aurait dû relever.

Puis, c’est justement cette opacité et ce type de déclaration bancale qui prouvent qu’il y a anguille sous roche. Qui veut-on protéger quand on connaît la liste des individus qui pilotaient le copil anti-covid19? Il faut rendre des comptes. Dans d’autres pays c’est ce qui s’est passé.  En Afrique du Sud, il y a même  eu des condamnations après que trop d’anomalies de gestion des fonds covid 19 aient été constatées. Le Gabon s’est voulu le chantre de la lutte contre la corruption, alors allons y.

Pourquoi des factures sont émises au nom des collaborateurs du président de la République alors qu’ils ne sont pas membres du copil anti-covid 19? C’est du détournement de fonds publics ou du blanchiment. Un point, c’est tout. Il faut que les coupables répondent de leurs actes violents envers l’État. Dommage que notre assemblée nationale refuse de faire son travail et de rendre au Gabon toute sa dignité. Malheureusement pour ces députés, le temps saura faire la part des choses. Omar Bongo Ondimba l’avait dit ” ils seront sanctionnés “.

Alain Claude Bilié by Nzé qui hurlait jadis dans l’opposition n’en n’a pas marre de l’état de la route impraticable qui mène à son village dans l’Ogooué-Ivindo? Cet ancien disciple du père Paul Mba Abessolo ne trouve t-il pas étrange que, malgré les centaines de milliards empruntés dans le cadre du covid-19, un seul lit d’hôpital n’a pas été acheté pour toute sa province? Mais enfin, le mode de fonctionnement de ce gouvernement correspond finalement à quel standard?

Dire à sa banque, auprès de qui on aurait emprunté un crédit, qu’on n’a pas de compte à lui rendre, c’est vraiment comme signer un chèque sans provision qui d’ailleurs avait conduit Alain Claude Bilié by Nzé derrière les barreaux. Sous d’autres cieux, sa carrière se serait tout simplement arrêtée à ce niveau. Mais hélas, nous sommes au Gabon où on peut faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien, dixit Omar Bongo Ondimba.

Le porte-parole du gouvernement doit savoir que le FMI est chargé de (1) promouvoir la coopération monétaire internationale, (2) de favoriser l’expansion du commerce et de la croissance économique, et enfin (3) de décourager les politiques économiques susceptibles de nuire à la prospérité. Pour atteindre ses objectifs, les états membres du FMI coopèrent entre eux et avec d’autres organes internationaux pour améliorer les conditions de vie des populations. N’y sommes -pas dans le cadre des prêts accordés par cette institution au Gabon?

Alain Claude Bilié by Nzé doit savoir qu’arrive à pas de géant la saison où les profils niveau bac+1 sans aucun diplôme n’auront plus droit au chapitre à ce niveau de responsabilité dans notre pays. Ses déclarations sur la francophonie et maintenant sur le FMI l’inscrivent sur le chemin de la fin politique de Jean Ping. Le logiciel historique du monde occidental qui est encore le plus fort, pour le moment, saura lui rappeler ses errements verbaux aux allures de délires.

Jean Ping a tutoyé les plus grands de ce monde mais se trouve aujourd’hui incapable de quitter le territoire national. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé viennent de passer près de 10 ans de prison hors de leur pays. Guillaume Sorro qui a occupé de prestigieuses fonctions en Côte d’ivoire se trouve incapable de rentrer dans son pays. C’est la conséquence certaine quand on insulte l’avenir. Et c’est la voie qu’il semble avoir choisi.

Ceux qui ont détourné l’argent public du covid-19 répondront de leurs actes. On ne le redira jamais assez. C’est pas en s’offrant en spectacle avec à la clé des réflexions pathétiques qu’on parviendra à satisfaire les attentes des gabonais sur cette question: où est parti l’argent du covid-19? Qu’en a t-on fait?

Au moment où la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) vit ses dernières heures, au mépris des efforts de ceux qui ont cotisé toute leur vie pour sécuriser leurs vieux jours, des gens comme Alain Claude Bilié by Nzé veulent nous faire croire qu’on devrait circuler, qu’il n’y a rien à voir ici. Malheureusement, il s’agit de l’argent public emprunté au nom du Gabon pour les gabonais. Donc, que ceux qui ont géré les fonds covid-19 viennent justifier leur gestion de notre argent.

Trop de gabonais sont morts à cause de cette gestion approximative du covid-19. Trop d’entreprises ont mis la clé sous le paillasson du fait de l’incompétence de ceux qui ont géré les fonds covid-19. Trop de gabonais sont aujourd’hui au chômage parce que ceux qui géraient les fonds covid-19 se sont montrés irresponsables. Trop de gabonais, même pas encore nés, se trouvent déjà condamnés à payer une dette qui, ni eux, ni leurs parents n’ont consommé. Et des gens comme Alain Claude Bilié by Nzé viennent la ramener parce qu’il estime qu’il doit plaire à des gens indignes.

Une chose est claire, les circonvolutions verbales maladroites du porte-parole du gouvernement n’y changeront rien. Que ses semblables académiques viennent expliquer ce qu’ils ont fait de l’argent public du covid-19. On a tous pensé qu’avec l’opération scorpion, l’heure de l’impunité avait sonné. Qu’avec la multiplication des taskforce, la transparence coulerait de source. A voir de plus près, il n’en n’est rien. Pour masquer leurs incapacités, ces acteurs au sommet ont préféré briller par l’arrogance et la violence. Bien heureusement, le temps sait équilibrer les choses. Et les gens se cachent désormais derrière le silence et le verbe sans sens d’un homme arrivé au sommet de l’État par effraction.

Oui, visiblement, la peur a changé de camp. Pour des gens qui étaient prompts à la riposte la plus indigeste, le silence règne de plus en plus. C’est dire qu’on tend bien vers la fin d’une situation cauchemardesque pour notre pays. Que le covid-19 emporte avec lui ses derniers symptômes. Ce ne sera pas un regret. Notre pays doit revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire digne d’envie.

Par Télesphore Obame Ngomo

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