La santé des sols au centre des préoccupations des populations.

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Journée Mondiale de l’Hémophilie.

Le Gouvernement, la FAO, les Instituts de recherche, les Organisations d’Appui au Développement publiques et privées, les Universités, et la Société Civile appellent au changement de comportement pour la préservation des sols dont les bienfaits conditionnent notre vie sur terre.

La pollution des sols est l’une des dix principales menaces identifiées dans le rapport de 2015 sur l’état des ressources en sols dans le monde , puis traitées dans les Directives volontaires pour la gestion durable des sols élaborées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La pollution est un processus de dégradation chimique et physique des sols provoqué par la présence de certains éléments chimiques externes au milieu naturel qu’ils soient ou non biodégradables, en quantités dépassant les niveaux tolérables et contrôlables. Tant que ces substances ne sont pas entièrement dégradées, le fonctionnement des sols est significativement perturbé avec comme corollaire, les menaces sur la santé des plantes, des animaux ainsi des personnes.

Les sols, couche superficielle de la planète terre sont le support des êtres vivants animaux et végétaux. Les sols sont un milieu vivant dynamique, fragile et menacé, à la base de nombreux services écosystémiques essentiels à l’homme.  Ils occupent une position centrale au cœur des enjeux clés actuels que sont la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la production de biomasse énergétique, le changement climatique, la perte de la biodiversité et la diminution des réserves en eau. A l’échelle d’une vie humaine, les sols ne sont pas renouvelables. Par ailleurs, malgré le rôle essentiel qu’ils jouent dans les moyens d’existence de l’homme, ceux-ci sont de plus en plus dégradés en raison de pratiques de gestion inappropriées, de la pression de la population entraînant une intensification insoutenable et une gouvernance inadéquate de cette ressource essentielle.

La Journée mondiale des sols (JMS) se tient chaque année le 5 décembre afin d’attirer l’attention sur l’importance d’un sol en bonne santé et préconiser des solutions idoines pour assurer la gestion durable des ressources en sol. Ladite journée a été promulguée par l’Union internationale des sciences du sol (IUSS) lors de son 17e congrès mondial qui se tenait à Bangkok en août 2002. Sous le patronage du Royaume de Thaïlande et dans le cadre du Partenariat mondial sur les sols, la FAO a soutenu l’instauration du la JMS en tant que plate-forme mondiale de sensibilisation. La Conférence de la FAO a approuvé à l’unanimité la Journée mondiale des sols en juin 2013 et a demandé son adoption officielle lors de la 68ème Assemblée générale des Nations Unies. En décembre 2013, l’Assemblée générale des Nations Unies a répondu en retenant le 5 décembre 2014 comme la toute première journée mondiale des sols.

Au Gabon, la FAO et le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage, chargé du Programme GRAINE, en collaboration avec l’Université Omar Bongo et l’ensemble des Instituts de recherche et d’appui au développement, le Ministère de l’Environnement et les organisations paysannes ont célébré ce 5 décembre 2018 dans l’enceinte de l’Université Omar Bongo (UOB) la Journée mondiale des Sols sous le thème « la pollution des sols : soyez la solution ». Placée sous le sceau de la sensibilisation, cette journée a permis aux différentes parties prenantes de sensibiliser le public sur la nécessité d’un changement de comportement visant à mettre fin à la pollution des sols.

Cadrant avec la thématique, cette célébration a vu la participation des experts de la Direction Générale de l’Environnement et de plusieurs étudiants et chercheurs du Département de Géographie de l’UOB qui ont fait des présentations axées sur la problématique de la gestion durable des sols au Gabon. Ensuite, une visite guidée a été effectuée sur le site du projet ‘’Université Zéro Déchet’’ initié par l’ONG environnementale We Need composé d’étudiants et d’Enseignants Chercheurs. Ce projet qui apparait comme une solution à la pollution des sols au sein de l’Université, consiste à  collecter et à valoriser  les déchets à travers les techniques de de compostage entre autres. Le compost issu de ce processus servira à fertiliser les cultures maraîchères et horticoles avec l’amélioration significative des rendements et de la qualité des produits.

Selon le Représentant du Ministre de l’agriculture, de l’élevage chargé du Programme GRAINE, « le thème de cette année est évocateur de l’ambition environnementale de notre pays. Le Programme de Développement Durable et l’Accord de Paris sur les changements climatiques auxquels le Gabon a formellement et librement adhéré constituent pour nous, des outils importants de soutien à la mise en œuvre du Plan Opérationnel Gabon Vert, composante essentielle du Plan Stratégique Gabon Emergent, cher à Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat son Excellence Ali Bongo Ondimba dont l’ambition est de faire du Gabon un nouveau modèle développement qui intègre le bien-être humain, l’équité social, la conservation environnementale pour une croissance durable » a déclaré Aubierge Moussavou, Secrétaire Générale Adjoint 1 du Ministre de l’agriculture, de l’élevage chargé du Programme GRAINE.

Il faut rappeler que, « un certain nombre d’initiatives ont été entreprises pour améliorer la qualité des sols ou en éviter la pollution. Certains ont fait leur preuve et d’autres restent à parfaire » a-t-elle ajouté.

Pour le Coordonnateur du Bureau Sous-Régional de la FAO pour l’Afrique centrale et Représentant de la FAO au Gabon, Hélder Muteia « les sols sont donc au service de l’humanité dans un contexte où les projections de développement indiquent qu’à l’horizon 2050, le monde comptera environ 9,6 milliards d’individus. Pour satisfaire les besoins alimentaires et nutritionnels de cette population en perpétuelle croissance, il est clair que les sols joueront un rôle critique à travers leur qualité pour soutenir la nécessaire hausse des rendements et leur disponibilité compte tenu de la forte demande en terres agricoles.  Nous devons plus que par le passé réserver aux sols, une place centrale au cœur des enjeux clés actuels à savoir la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la production de biomasse énergétique, le changement climatique, la perte de biodiversité et l’appauvrissement en eau ».

Le Recteur de l’Université Omar Bongo, Marc Louis Ropivia, a tenu à remercier le Ministre de l’agriculture, de l’élevage chargé du Programme GRAINE et le Représentant de la FAO d’avoir conjointement accepté de célébrer cette journée dans l’Université dont il a la charge, où l’enseignement de la pédologie occupe une place importante au sein du Département de Géographie avant de revenir sur les initiatives développées au sein de l’Université pour améliorer la qualité de l’environnement. « Il faut souligner que l’université fait face à une insalubrité croissante. Les acteurs de l’université que nous représentons se sont mobilisés pour la combattre en s’associant à l’ONG environnementale We Need pour son expertise reconnue en matière d’élaboration des plans de gestion de déchets ».

À mesure que la technologie évolue, les scientifiques sont en mesure d’identifier des polluants jusque-là non détectés, mais en même temps, ces améliorations technologiques entraînent la libération de nouveaux contaminants dans l’environnement. Dans l’Agenda 2030, les objectifs de développement durable prévoient la prise en compte directe des ressources en sols, en particulier la pollution et la dégradation des sols en relation avec la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Il est temps de lever le voile sur cette réalité menaçante. Pour lutter contre la pollution des sols, nous devons unir nos forces et traduire notre détermination en action. Il est plus qu’urgent d’intégrer la multifonctionnalité des sols dans nos différentes activités et de retenir que nous devons être et demeurer la solution à la pollution des sols.

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