Avec l’éclatement du RHM, l’impasse Jean Ping et le fantomatique Ali Bongo Ondimba, la langue de bois des politiques est un outil pour généraliser un discours sur fond de dédiabolisation, alors que le fond reste inchangé. Globalement, les politiciens qui gagnent en popularité sont ceux qui s’expriment dans la langue de leurs militants.
En effet, le discours politique est finalement très proche de celui du publicitaire, quel que soit le parti ou le candidat. Il s’agit de séduire et de convaincre, pour mieux vendre une idée ou un projet, quitte à ce que le produit ne soit pas conforme aux attentes de la cible.
Aujourd’hui comme par le passé d’ailleurs, le Gabon offre des nouveaux spécimens incarnant le profond renouvellement des hommes politiques. Et on peut d’ailleurs penser que c’est en renouvelant le langage politique, la façon de s’adresser aux militants, qu’ils peuvent réussir à déjouer les pronostics et à s’emparer du pouvoir pour les uns, ou au contraire le conserver pour les autres. C’est la preuve que le langage ne se contente pas de traduire les nouvelles orientations idéologiques. Il est aussi un instrument de conquête.
Rappelons que les membres du pouvoir comme de l’opposition promettaient la rupture avec la technocratie de la politique traditionnelle, avec une certaine façon d’envisager la représentation. Il fallait donc que cette promesse se retrouve dans leurs mots. C’est d’ailleurs une promesse qui ne date pas d’hier, et qui est presque devenue une nouvelle doxa : l’ennemi, c’est la langue de bois.

