« La corruption ou le mal des Gabonais » selon Dieudonné Minlama Mintogo.

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L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016, a  prononcé un discours testamentaire le 02 décembre 2017 à l’occasion de festivités de ses quarante ans au pouvoir, Omar Bongo Ondimba avait résumé son action à la tête de notre pays par un constant amer «  Le sentiment qui s’exprime en chacun de nous est que notre pays le Gabon  et nous – mêmes, méritons mieux ».

Et d’ajouter « Arrêtons de nous comporter comme si nous étions juste de passage au Gabon comme si nous avions une patrie de rechange ailleurs (…) Je ne crois pas que faire main basse sur l’argent destiné à construire les routes ou le rendre indisponible soit profitable au Gabon ou aux Gabonais. Je refuse de croire que le manque de médicaments dans nos structures sanitaires, malgré les budgets importants qui sont alloués tous les ans n’est pas dû aux détournements. Je reste persuadé que si chaque franc que l’État a consacré à la construction, à l’équipement et à l’entretien des établissements scolaires n’avait pas servi à faire la fortune de certains , notre pays se classerait  au tout premier plan dans le domaine  de l’éducation , je continue de croire que le Gabon peut disposer d’un meilleur réseau  de transports en commun , à condition que l’argent qui y est consacré soit disponible à cette fin (…) ».

 

Quelques mois plus tard lors de la cérémonie traditionnelle de présentation des voeux, le Président Omar Bongo est allé un peu loin dans sa désolation en  des termes  encore plus durs «  Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes en train  d’en faire «  évoquant même la possibilité de la Punition Divine « un jour, il va nous sanctionner » !

Depuis cette déclaration, avons-nous assisté à une évolution de la situation de façon positive ? La réponse est bien sur NON ! Non au regard du dernier rapport de la Cour des Comptes, pour la période de 2011 à 2018. Une fois de plus, la Cour des Comptes vient de mettre à nu les errements et les insuffisances de ceux qui ont la charge de gérer nos deniers publics. Ce rapport révèle : L’absence des pièces justificatives adéquates suffisantes à l’appui des avantages au budget ; La constitution irrégulière des Fonds Politiques ; La gestion occulte définitif minières et des produits pétroliers ; La non mise à jour du fichier de la solde ; Le cas des immatriculations multiples au niveau du fichier de la solde ; La gestion fantaisiste des collectivités locales ; Les détournements des fonds alloués au fonctionnement des internats ; Les dysfonctionnements dans la gestions des budgets des établissements publics; Les insuffisances et irrégularités liées à l’exécution du budget de l’État en mode BOP;

Etc.

Autant d’irrégularités qui ont fait perdre à l’État plusieurs centaines de milliards de FCFA , retarder et voire compromettre la mise en oeuvre d’importants projets de développement.

Très peu de choses ou presque que rien ! En mars 2017, en guise de bilan, 15 ans après sa création, la Commission de l’enrichissement Illicite  dit avoir enquêté, en tout et pour tout, sur sept cas : un cas a été abandonné deux restent en instruction et quatre dossiers bien ficelés ont été transmis au Procureur pour action publique. Rien que ça!

A la place de cette commission, j’avais proposé la création de la Commission Nationale de l’éthique. A la différence de la Commission actuelle dont les règles de fonctionnement et de saisine restent inconnues du grand public, la Commission Nationale d’éthique, dans les pays où elle existe, est accessible à tous citoyens du pays. En effet, tout citoyen peut saisir cette commission et dénoncer les cas de corruption dont il est témoin.

 

En attendant, le Gabon reste classé à la 101 /176 des pays les plus corrompus. Entre temps, Mamba est passé par là, mais le reptile semble déjà essoufflé et le développement continue à se faire attendre !

En clair : mettre un terme, de façon définitive, à la culture de l’impunité, qui semble devenir banale dans la gestion de la chose publique, constitue , à mes yeux , un impératif patriotique et républicain.

La Cour des Comptes a fait son travail. Les responsables de ces détournements sont identifiés et connus ; au gouvernement et aux institutions judiciaires habilitées et de prendre aussi leur part de responsabilité.

 

Dieudonné Minlama Mintogo

Président de Ensemble Pour le République

Ancien Candidat à l’élection Présidentielle de 2016

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