Gabon/Mairie de Libreville : Point sur l’analyse d’une affaire curieuse par Teale Mve Ondo

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Une vue de l'hôtel de ville de Libreville.

Dans cette première partie, le Social Media Manager, spécialisé en communication et marketing politique Teale Mve Ondo sur la situation qui prévaut à l’hôtel de ville de Libreville « malversations financières et des recrutements excessifs au sein de cette l’institution.

Ces derniers temps, l’opinion constate une nouvelle fois, avec stupéfaction une série d’affaires au sein de la Mairie de Libreville. Le nouveau Maire de la capitale, Eugène M’ba est reproché de malversations financières et des recrutements excessifs de son personnel. A l’épreuve des faits, on est endroit de se demander  qu’est ce qui se passe réellement, étant donnée la dis proportionnalité qui se déploie, entre la kabbale médiatique et les griefs ?

La question de la malversation financière.

La malversation financière que l’on reproche à Eugène M’ba est la conséquence d’une fuite d’information publiée par un média en ligne. Elle prend appui sur une *simple facture* pour preuve en charge, comportant des mentions et la visas du Maire de Libreville, et du Directeur Général des Finances. Elle ordonnait le payement des travaux du  curage des caniveaux à l’entreprise JETA GROUPE, qui d’ailleurs est un *partenaire* de la Mairie de Libreville, comme le sont Clean Africa et AGLI.

Et c’est sur la base de cette facture que nait la confusion. Car en réalité, il s’agit d’un *mandatement*, et non d’un *payement effectif.*

La malversation financière est une infraction criminelle assez sérieuse et grave. Surtout quand il s’agit des deniers publics. Elle suppose  la démonstration des preuves conséquentes à charges qui prouvent l’effectivité et l’accomplissement de la transaction, de l’ordonnancement au décaissement.

Or, Rien de cela n’est fournis. Pas de shift du trésor public, ni de bordereau au compte bancaire de l’entreprise adjudicataire pour attester la consommation du décaissement.

Par conséquent, on est en droit de se demander quelle est le fondement réel de cette *extrapolation* teinté de dénigrement, quand on sait que le décaissement des fonds publics est soumis à une procédure strict et complexe, qui laisse nécessairement de nombreuses pièces comptables au passage, que l’auteur de cette article devrait fournir en pièce jointe.

Par ailleurs, étant donné que le dispositif administratif du trésor public comporte des filtres dans la mise en œuvre d’une exécution budgétaire, parler de détournement ne supposerait-il pas la complicité des contrôleurs budgétaires et autres responsables administratifs du circuit financier, quand on sait que leur quitus est obligatoire ?

Au regard de ce que nous venons d’évoquer, on comprend aisément que parler de détournement sur la base d’une simple facture est une exagération qui tend à la diffamation et laisse transparaître en filigrane, une intention de nuisance, visant certainement à entacher la probité morale d’un élu local, qui, déjà  par ce que nous savons est un homme sobre, honnête et méthodique.

L’origine de la fuite de l’information.

Le document publié dans les réseaux sociaux, comporte des annotations qui démontrent qu’il s’agit d’un document administratif interne. Et en prêtant attention aux visas, seuls les responsables du cabinet du maire, et du département financier peuvent le détenir.

Cela laisse donc supposer qu’une telle action ne peut provenir que de ces deux unités de l’administration municipale. Car la gestion de ce type de document, impose un archivage rigoureux que seuls les responsables de ces deux unités peuvent effectuer.

Une fuite d’information de cette nature est le plus souvent la conséquence d’un sentiment de frustration  sur une personne qui voit ses intérêts compromis et son autorité remis en cause. C’est une attitude revancharde, une sorte de démonstration de force initiée pour intimider ou nuire à l’auteur d’un préjudice.

Il est vrai que ces derniers temps, le Maire de Libreville procède à des nominations à des postes de responsabilités municipales.

Cette réorganisation administrative s’appuie  exclusivement sur le personnel de l’hôtel de ville. Ces promotions qui interviennent chaque semaine ne sont rien d’autre que des affectations au mérite pour constituer l’équipe type qui va contribuer à l’exécution de son plan triennal.

Il faut avouer que cette entreprise n’est pas sans conséquences, quand on sait qu’une personne parachutée sans back ground à une haute fonction, a le plus souvent pour objectif d’en découdre avec son patron une fois virée à un poste. La publication des dossiers confidentiels susceptibles de nuire au bon fonctionnement d’une institution et même de porter atteinte à la crédibilité du Chef est leur procédé. Car, la politique *de la terre brûlée* est génétiquement gabonaise, et ce, peut importe l’ampleur des dégâts.

Alors pourquoi l’Hôtel de ville serait-il l’exception ? 

Dans la majorité des institutions, du pays, les nominations à des postes de responsabilités, se font le plus souvent sur la base des recommandations. Chaque promu a nécessairement un mentor haut placé, à qui il rend compte et sécurise  les intérêts.

Cette annexion inter-administrative est le plus souvent entretenue par ceux qui ont les accès auprès du Chef de l’Etat. C’est la raison pour laquelle certains  cadres  semblent *intouchables* tant que leur patron est aux affaires. S’en prendre à eux c’est déclencher une guerre féroce avec leur protecteur, qui ne tardera pas d’ailleurs à mettre en mouvement des représailles, parfois même au mépris de la loi.

On comprend donc aisément que l’ère des *roitelets* est toujours d’actualité. Elle ressurgit avec vigueur et force, malgré les multiples efforts entrepris par le Président de la République, Ali Bongo Ondimba d’y mettre fin.

Affaire à suivre…

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