Gabon : « Les raisons des inondations récurrentes » dixit Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA MAKOSSO.

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Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA MAKOSSO, acteur de la société civile gabonaise

Je vous partage ici une partie de la note de communication publique d’opération de l’AFD datée de 2012 ou 2013. (Prière de tout lire, vous comprendrez mieux que cette situation relève de la négligence des autorités et du mauvais usage des fonds levés pour les bassins versants).

I – LE SECTEUR ET LES ENJEUX.

1.1 – Présentation du secteur.

Le Gabon compte 1,6 million d’habitants dont environ la moitié vit dans la capitale, Libreville. Le PIB/habitant s’élève à 16 000 USD, ce qui place le pays à la 75ème place dans le tableau mondial. Il demeure toutefois à la 106ème place dans le classement IDH, ce qui témoigne des besoins de développement en termes de santé publique, de pratique d’hygiène, d’accès aux services publics essentiels et de développement d’un environnement urbain sain.

1.1.1 La santé

En 2005, l’Enquête Gabonaise pour l’Evaluation et le suivi de la Pauvreté (EGEP) a indiqué que

43 % des maladies déclarées en milieu urbain concernaient le paludisme. En 2011, les chiffres de la Banque mondiale ont révélé que 65,6 enfants sur mille mourraient avant d’atteindre l’âge de cinq ans (72 % de ces cas seraient dus à des maladies infectieuses liées à l’eau).

En 2006, un projet « Santé et Environnement » a été lancé par le Ministère de la Santé avec l’appui de l’OMS. Les rapports mettent en avant l’importance de l’assainissement dans la lutte contre le paludisme.

1.1.2 Environnement urbain.

• La gestion des eaux pluviales.

Libreville est constituée de 23 sous-bassins versants avec des dimensions très variées. Le mode de drainage prévalant consiste en l’écoulement naturel des eaux dans le thalweg. La quasi-totalité du linéaire de réseaux primaires et secondaires de la ville (environ 100 km de canaux) n’a pas fait l’objet de travaux récents. Les seuls canaux qui ont fait l’objet d’aménagements sont ceux de Batavéa, Sainte Anne Arambo, Sainte Marie Awondo et la zone industrielle d’Oloumi, dont les travaux ont été financés par l’AFD.

Du fait de la pluviométrie élevée (3 000 mm/an), les inondations sont fréquentes et leurs impacts sont aggravés par :

– la localisation des habitations dans des bas-fonds ;

– l’envasement du lit des cours d’eau par les apports en sédiments ;

– l’encombrement dû à la végétation abondante ;

– le rejet dans les canaux et caniveaux de déchets de toutes sortes ;

– l’absence de programmes périodiques de curage des canaux et caniveaux.

Par ailleurs, l’intensité des pluies pourrait s’accroitre dans un contexte de changement climatique.

La quasi-totalité des caniveaux naturels ou aménagés de l’ensemble du réseau d’assainissement se trouve actuellement obstruée. Toutes les eaux des pluies se déversent directement dans les bas-fonds où se forment parfois des étangs marécageux utilisés par les populations pour leurs besoins domestiques.

À cela s’ajoute le rejet des eaux usées domestiques et le débordement des latrines et fosses septiques, deux phénomènes particulièrement nocifs, observés dans les quartiers populaires.

Enfin, les ordures, jetées anarchiquement, sont transportées par le ruissellement des eaux entraînant la formation de marécages très pollués et nauséabonds. Ces eaux s’infiltrent souvent dans les puits situés sur le long des parcours et les polluent.

•La gestion des eaux usées:

Le niveau d’accès à l’assainissement présente un important déficit. Les latrines ordinaires sont encore utilisées dans certains ménages et les fosses septiques dans les habitations disposant de l’eau courante. Le recours à la défécation en plein air se pratique encore. Des fosses septiques demeurent non fonctionnelles du fait de leur défaut d’étanchéité ou des difficultés de vidange. Quant aux latrines supposées à fosse sèche, elles ne le sont que rarement du fait de leur mauvaise construction et de leur localisation dans des zones basses souvent inondables. Cette situation contribue à amplifier l’insalubrité observée dans les quartiers sous-intégrés, mais surtout à augmenter les risques de propagation des germes pathogènes contenus dans les matières fécales.

Seuls les quartiers urbanisés et situés le long de la mer sont dotés d’un réseau d’assainissement, soit moins de 12 % de la population. Il n’existe pas encore d’infrastructures pour recevoir les produits de vidange des fosses septiques et aucune régulation ne cadre les entreprises actives dans ce secteur.

• La gestion des déchets solides

Depuis 2002, la municipalité de Libreville a confié la charge de collecter les ordures ménagères à une structure initialement privée (SOVOG), nationalisée depuis 2013 (prise de participation majoritaire de l’Etat) et renommée Clean’Africa. Celle-ci les entrepose ensuite dans la décharge de Mindoubé à Libreville, dont elle a également la charge. L’entreprise collecte les déchets grâce à un réseau de bacs et de bennes (points d’apport volontaires) disposés le long des voies accessibles par les camions de ramassage. Pour une collecte efficace des ordures ménagères, aucun habitat ne devrait être situé à une distance trop éloignée d’un point d’apport volontaire, sinon des collecteurs intermédiaires devraient être mis en place. En outre, malgré les sensibilisations effectuées, les bacs et bennes ne servent pas seulement au dépôt des ordures ménagères mais également à toutes sortes de déchets : ferrailles, pneus usagés, déchets industriels, voire déchets médicaux.

Les camions de ramassage ne peuvent accéder aux quartiers sous-intégrés, du fait notamment de l’absence d’accès routier. Ainsi, les populations de ces quartiers n’ont pas d’autre choix que de jeter leurs déchets qui terminent inéluctablement leur parcours dans les points bas des bassins.

L’accumulation de ces déchets est la première cause d’obstruction de l’évacuation des eaux.

Ainsi, l’un des enjeux majeurs de l’amélioration du drainage à Libreville est l’adoption de bonnes pratiques de gestion des déchets solides. Cela dépend, d’une part, de la bonne exécution du mandat de Clean’Africa et, d’autre part, des pratiques adoptées par la population.

1.1.3 Habitat et urbanisme : Habitat.

Libreville est aujourd’hui une agglomération couvrant une superficie estimée à plus de 10 000 ha avec une densité moyenne de 30 à 35 hab/ha. On y distingue deux zones : la partie intérieure à la « voie express » et les récentes extensions périphériques. La première zone couvre l’essentiel de la ville avec en moyenne 80 hab/ha. La seconde partie est faiblement urbanisée avec une densité estimée à 10 hab/ha.

L’habitat est composé, en proportion à peu près égale, de maisons en dur et de maisons en matériaux de fortune comme les planches couvertes de tôles ondulées construites sur des dalles de ciment ou sur terre battue. Dans les quartiers sous-équipés qui abritent 80 % de la population de Libreville, des baraques en planches mal jointes et sans fondations se juxtaposent avec des bâtisses en « dur » de bonne qualité. Certaines habitations sont construites sur pilotis en zone marécageuse, avec pour seuls accès des ponts artisanaux.

Source : AFD, NOTE DE COMMUNICATION PUBLIQUE D’OPERATION POUR LE GABON, page 2 & 3/15.

Geoffroy FOUMBOULA LIBEKA MAKOSSO, porte-parole du COPIL citoyen

 

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