Gabon : Le débat de Missélé eba’a: Enfin l’épilogue du cinéma Molina…

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Pierre-Alain Mounguengui, président de la FEGAFOOT

En communication politique, un sujet développé par voie de presse ne tombe jamais du ciel. Il est soit la conséquence d’une situation existante, soit le montage d’une stratégie obscure encore méconnue du grand public.

Dans le cadre des élucubrations de Romain Molina, nous sommes de plein pied dans la seconde hypothèse. Qu’est-ce qui peut justifier que le sujet sur la pédophilie dans le monde du football gabonais sorte sur la place publique sans qu’une seule victime n’ait abordé ou dénoncé ce fait? C’est que les raisons profondes sont autres et relèvent d’une ambition tordue.

Après plusieurs semaines d’agitation sur le sujet, Romain Molina s’est ensuite terré dans un silence incompréhensible. Or, il avait promis livrer à l’opinion publique les noms des 18 personnalités qui seraient impliquées dans ce réseau de pédophilie dans le monde du football gabonais.  Plusieurs mois se sont écoulés, toujours rien au compteur. S’il a bien pu citer Assoumou Eyi dit Capello, quid des autres noms? Il y a vraiment anguille sous roche.

Dès cet instant, permettez qu’on puisse douter de la crédibilité des informations livrées et de la sincérité du combat mené. Si l’objectif est de démanteler un réseau sulfureux, pourquoi ne pas exposer à la face du monde ces pédocriminels dont il détiendrait les noms? Soit ces fameux noms n’existent pas. C’est pourquoi depuis des mois, le Molina ne les présente pas. Soit on est dans du chantage. Et là, l’objectif premier qui est d’en finir avec ce fléau est faussé.

Autrement dit, le Molina a bien cité Assoumou Eyi qui vit désormais en prison. Pourquoi refuse-t-il de livrer les 18 autres noms des personnalités qui seraient impliquées dans ce scandale sexuel? En plus, cela nous ramène à la fiabilité de la méthode d’enquête utilisée: où le Molina a-t-il mené ses enquêtes puisqu’il n’a jamais mis les pieds au Gabon? Peut-on réaliser une telle enquête hors des frontières du Gabon? La réponse est NON.

Plusieurs autres mois se sont écoulés et Molina s’est contenté de quelques élucubrations qui ne nous faisaient nullement avancer dans la recherche de la bonne et vraie information sur le sujet. Nombreux ont fini par comprendre qu’ils étaient face à un charlatan, un vendeur d’illusions. Et dire que, c’est ce que nous disions depuis des mois, dès ses premières sorties.

Étrangement, à la veille de l’élection du président de la FEGAFOOT, le Molina réapparaît et avec lui, ses commanditaires. Vous aurez compris que les enjeux doivent certainement être colossaux, au point de mobiliser les médias londoniens, français et autres.

De tout ce qu’on a entendu depuis le début de cette affaire, c’est finalement Pierre Alain Mouguengui, mais surtout son poste de président de la FEGAFOOT, qui était visé. Il fallait absolument dépecer le mammouth en noircissant tous ses différents soutiens. En homme habile et intelligent, il a réussi à sortir indemne des fausses accusations qui pesaient sur lui quant à l’implication artificielle qu’on a voulu faire entre sa qualité en tant que président de la FEGAFOOT et la pédophilie dans le monde du football gabonais.

L’objectif était clair. Il fallait absolument l’écarter de la tête de cette structure stratégique. Ainsi, il fût nommé inspecteur général des services du ministère des sports. Hélas, l’ultime coup qui lui a été donné n’a pas été bien pensé car, son présent statut de retraité le place hors la loi s’il venait à accepter ce poste. De plus, cela le disqualifiait pour la course au poste de président de la FEGAFOOT. D’où sa lettre, légitime et indispensable au président  de la République, devenue virale.

Par ailleurs, nombreux pourraient se poser la question de savoir pourquoi le poste de président de la FEGAFOOT attirerait tant de convoitises au point de soulever un sujet aussi puant pour l’image du Gabon. Il faut savoir que dans quelques mois une élection générale dont la présidentielle va se jouer dans notre pays. De ce pas, aucune manière illégale n’est exclue pour financer les campagnes à venir. Comprendra qui pourra.

Dès cet instant, l’opinion publique doit comprendre que le Molina n’est qu’un mercenaire à la solde d’une stratégie vicieuse. Le vrai objectif n’est pas de lutter contre la pédophilie dans le monde du football gabonais mais de maîtriser un outil qui pourrait permettre de justifier des grosses entrées et sorties d’argent à des fins politiques.

Maintenant que le plan a échoué, il faut tout simplement arrêter. La France qui vient de condamner Nicolas Sarkozy pour financement illégal de sa campagne ne peut que regarder ces mouvements étranges avec une attention toute particulière. Il est certain que les services de tracfin sont déjà en branle pour que la délinquance financière qui sévit dans notre pays s’arrête. D’ailleurs, ce n’est pas un scoop si nous disons que l’argent du covid-19 entraînera beaucoup sur des sentiers imprévus.

Romain Molina, le peuple gabonais n’a pas la tête déchirée. Notre hymne national nous parle suffisamment pour que nous soyons conscients que des profils comme le tien constituent les fameux perfides trompeurs auquel il fait allusion. Le Gabon d’abord va toujours prédominer et nous y sommes.

Par Télesphore Obame Ngomo

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