Gabon/La foresterie participative moyen de lutte contre la pauvreté.

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Pour permettre à la foresterie participative au Gabon de réaliser son plein potentiel, le Ministère de la Forêt et de l’Environnement avec l’assistance technique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a conduit une étude sur l’évaluation de l’étendue et de l’efficacité de la foresterie participative. A cet effet, le cadre d’évaluation de l’étendue et de l’efficacité de la foresterie participative élaboré par la FAO a été utilisé pour réaliser cette étude.

Trois régimes de foresterie participative ont été identifiés. Le premier régime porte sur les séries à usage des populations délimitées dans les concessions forestières sous aménagements (CFAD). Il est prescrit dans le Guide Technique National d’Aménagement Forestier et intégré dans les plans d’aménagement des concessions forestières. En raison de l’absence de modalités de gestion clairement définies, l’efficacité de ce régime est limitée.

S’agissant du deuxième régime, la cogestion des zones périphériques et des zones tampons des aires protégées, des progrès ont été réalisés sur le plan institutionnel. Cependant, les contrats de gestion des terroirs restent encore au stade expérimental en raison des contraintes de différentes natures.

Concernant le troisième régime représenté par les forêts communautaires, les efforts réalisés à ce jour ont été particulièrement orientés vers la phase d’accompagnement des communautés locales dans l’élaboration des plans simples de gestion et l’attribution des forêts communautaires. Toutefois, des faiblesses ont été observées dans la mise en œuvre des plans simples de gestion ; il manque encore des textes qui réglementent cette seconde phase.

Cet atelier visait à proposer des recommandations concrètes et ciblées pour améliorer les différents régimes de foresterie participative au Gabon, autant qu’à faciliter le dialogue entre les différentes parties prenantes pour trouver des solutions consensuelles et efficaces.

Pour une foresterie participative contribuant à la réduction de la pauvreté et la gestion durable des forêts.

Un atelier de validation du rapport d’évaluation de la foresterie participative au Gabon, a été organisé du 21 au 22 février dernier. Sur la base des conclusions de l’étude, les participants ont été invités à réfléchir et à proposer des actions prioritaires à prendre à court et moyen terme, en vue d’améliorer l’efficacité de la foresterie participative au Gabon.

Afin de mieux cerner les bénéfices de la foresterie participative, « j’ai pris la décision de la suspension provisoire du processus de développement des forêts communautaires après les investigations menées sur le terrain qui ont décelées de nombreux manquements dans la performance de la foresterie participative » a déclaré Pacôme Moubelet Boubeya, Ministre d’Etat en charge de la forêt et de l’environnement.  « Aussi, le rapport issu de vos travaux devra-t-il permettre de proposer les améliorations nécessaires permettant de tirer le meilleur profit pour l’ensemble des parties prenantes notamment les populations autochtones » a-t-il ajouté.

Les changements attendus de la foresterie participative portent aussi bien sur l’état de la forêt et de la biodiversité que sur l’amélioration durable des moyens d’existences de communautés locales et la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Dans le contexte actuel, dominé par le discours sur la diversification de l’économie nationale pour relancer la croissance et lutter contre la pauvreté et le chômage, « la foresterie participative apparaît comme une option pertinente. Dans cette perspective, il est opportun de réfléchir aux moyens d’orienter ce mode de gestion dans une direction qui lui permet d’être plus efficace, en s’appuyant sur son potentiel et les différentes opportunités qui s’offrent pour développer des chaînes de valeur à croissance économique inclusive et durable » a déclaré Lionel Kinadjian, Représentant du Coordonnateur du Bureau Sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale. C’est à ce titre que la FAO en lien avec ses objectifs stratégiques 1, 2, 3 et 5 a accompagné le Gabon dans la réalisation de cette étude.

Au terme de cet atelier, les participants ont émis plusieurs recommandations. A court terme le gouvernement devrait interdire l’exploitation industrielle du bois d’œuvre et prendre un arrêté  définissant les normes d’exploitation artisanale des produits forestiers dans les forêts communautaires. A moyen terme, des reformes devront être menées sur la base des orientations politiques consignées dans une stratégie nationale sur la foresterie participative.

 

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