Gabon/Insécurité dans les transports : Brice Paillat trahi par son hypocrisie et son mépris de la vie d’autrui.

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Vue de l'accident de Kango sous la responsabilité du ministre des Transports Brice Paillat

Le Premier ministre Alain Claude Bilie By Nzé aurait-il failli en gardant le ministre des Transports Brice Paillat en poste après sa nomination ? C’est en tout cas ce qui semble paraître à la lumière des événements dramatiques que connaît le Gabon depuis quelques jours. Car, s’il est vrai que certains ministres ont bien manifesté leur volonté à s’inscrire dans la mise en œuvre du plan d’accélération de la transformation du Gabon (PAT), par leur contribution dans l’élaboration de la déclaration de politique générale devant les députés, rien n’indique que Brice Paillat était animé de la même volonté que ses collègues. Dans cette feuille de route du gouvernement, aucune initiative, aucun projet de développement ou de renforcement de la sécurisation du secteur transport n’a été annoncé aux populations. Il y a donc lieu de penser que le maintien de Brice Paillat n’était qu’une manifestation de la volonté complaisante du Premier ministre ou du Chef de l’Etat.

Au regard du beau temps qu’il faisait au moment de la nomination de Bilie By Nzé, le gouvernement Gabonais surfait dans un climat d’aisance. Rien ne présageait la survenue d’un drame quelconque. C’est pour cette raison que dans un pays organisé et dont les dirigeants se préoccupent du bien des populations, la prévention et la précaution sont des mesures indispensables dans tous les secteurs de la vie. Dans un contexte d’accalmie et paisible, tout est permis, y compris la négligence des mesures de sécurité qui garantissent l’équilibre social, politique et économique. Il se dit même que Brice Paillat était si sûr de lui qu’il se permettait parfois de ranger dans les tiroirs, certaines instructions de son Premier ministre, qu’il estimait avoir accédé à ce poste par le truchement d’un arrangement politique contre l’exploitation minière de Bélinga. Face, à une telle nomination frappée du cachet du compromis, lui Brice Paillat ne voyait aucune raison de se mettre en quatre face à Bilie By Nzé. Mais le vent semble tourné contre l’arrogant ministre des Transports.

La vie au Gabon ne semble pas avoir de la valeur aux yeux des dirigeants de ce pays. Chaque année c’est plus d’un millier de compatriotes qui sont victimes d’accidents de la route. Dans ce millier, d’accidentés on dénombre des décès et des invalides à vie. Des drames routiers qui finissent par entraîner des drames sociaux, que de nombreuses familles vivent en silence et dans l’indifférence des autorités du ministère des Transports. Insensible à la douleur de ses compatriotes, victimes de sinistres routiers, Brice Paillat loge paisiblement au troisième étage de l’Immeuble Arambo. Imperturbable depuis son arrivée à la tête du ministère des Transports, Brice Paillat n’a apporté aucune innovation dans ce secteur. Mieux, il a même contribué à réduire à néant les efforts de ses prédécesseurs en matière d’innovation et de sécurisation des usagers du secteur. C’est sous Brice Paillat, que l’espoir de voir un jour la naissance d’une compagnie nationale aérienne s’est volatilisé. C’est encore sous Brice Paillat que la C2N2II a été définitivement enterré au profit de la compagnie Royal Coast, propriétaire du navire Esther Miracle qui a chaviré le 09 mars 2023, entraînant le drame qui plonge le Gabon dans un deuil national.

Le 9 mars 2023, restera gravé dans les mémoires collectives. Il s’agit d’un drame qui fera longtemps l’histoire maritime du Gabon. C’est désormais une boucle presque complète des drames historiques de notre pays. Après Gabon Express dans le domaine aérien, Massika dans les transports terrestres et maintenant Esther Miracle dans le domaine maritime, que devons-nous attendre si ce n’est un drame ferroviaire, a l’allure où les choses se font dans ce secteur. Le laxisme de nos dirigeants est la démonstration qu’il ne sert à rien d’attendre un geste de leur part. Le mardi 07 février 2023 à Oyane 4, quatre enfants étaient violemment percutés par un conducteur ivre qui se serait endormi au volant de son véhicule. Le 13 mars dernier, dans la nuit, au niveau d’Essassa, une vieille dame était violemment percutée par un chauffeur fou. Le 14 mars 2023, un grumier a broyé un car de transports de passagers à Kango, faisant au moins 3 morts sur-le-champ. C’est donc dire que les drames dans le secteur des transports se multiplient sans que rien ne vienne freiner ce cycle infernal de sinistres.

L’histoire aurait pu être favorable à Brice Paillat, si ce dernier avait été un tant soit peu volontaire et moins hypocrite. Un lien curieux se dégage dans la survenue de tous ces sinistres, c’est la présence de Brice Paillat aux commandes du secteur des transports. Il y a vingt ans, au moment du crash de Gabon Express, Brice Paillat était le directeur de cabinet de Paulette Missambo, alors ministre d’Etat aux Transports. Le naufrage de l’Esther Miracle arrive au moment où le même Brice Paillat est ministre des Transports. Les acteurs du secteur pensaient pour leur majorité au moment de la nomination de Brice Paillat, que cette fois le Chef de l’Etat avait peut-être confié la direction du département à un homme qui connaissait bien le milieu au regard de son passage vingt ans plutôt. Mais une fois à ce poste Brice Paillat a brillé par la multiplication des conflits dans chaque secteur, nourri des guerres de tranchées, stigmatisé les bonnes volontés, et laisser les sinistres suivre leur cours, en démontrant désormais et confirmant une erreur de casting politique.

A travers la présence de celui qui est maintenant regardé comme un des plus terrifiants prédateurs des bonnes volontés et des intelligences de ce secteur, Alain Claude Bilie By Nzé n’a donc plus d’autre choix que de pousser à la démission cet homme qui n’incarne plus que l’incompétence et l’insuffisance du gouvernement Gabonais.

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