Coupe du Monde Qatar 2022/Maroc : Après la crise, la surprise ?

Qualifiée pour sa sixième Coupe du Monde de la FIFA™, la sélection marocaine s’avance avec son lot de certitudes mais aussi quelques zones d’ombre. Achraf Hakimi, Sofiane Boufal et consort ont toutefois bon espoir de s’extraire de leur groupe.

Le Maroc s’apprête à disputer sa sixième Coupe du Monde de la FIFA™. Si la nomination de Walid Regragui à la tête de l’équipe nationale moins de trois mois avant le coup d’envoi du tournoi soulève de nombreuses questions, le nouveau sélectionneur suscite aussi un sentiment palpable d’effervescence.

Il convient avant tout de mentionner le travail de son prédécesseur, Vahid Halilhodžić, lequel a conduit les Lions de l’Atlas au Qatar avec le meilleur parcours qualificatif parmi les sélections africaines.

Le Maroc est ainsi la seule formation à avoir enregistré un sans-faute lors de la deuxième phase de la compétition préliminaire, en remportant ses six matches contre la Guinée, la Guinée-Bissau et le Soudan. Confronté à la RD Congo au troisième tour, il s’est aisément imposé 5-2 sur l’ensemble des deux manches.

Si en apparence, tout semblait au beau fixe, la réalité était moins réjouissante. Une ambiance tendue entourait l’équipe et le mécontentement du public a atteint son paroxysme quand Vahid Halilhodžić a écarté certaines des stars du pays, dont Hakim Ziyech, le milieu de Chelsea, et Noussair Mazraoui, l’arrière du Bayern Munich. Les supporters reprochaient en outre au Bosnien son style de jeu, qu’ils jugeaient terne et prévisible.

La pression populaire, conjuguée à une intense attention médiatique, a signé la fin d’Halilhodžić, qui a quitté la Fédération Royale Marocaine de Football en août. Cette expérience ne lui est que trop familière puisqu’il a été précédemment remercié par la Côte d’Ivoire et le Japon, bien qu’ayant également mené ces deux pays à la Coupe du Monde.

Si l’on regarde le bon côté des choses, les joueurs semblent avoir retrouvé optimisme et confiance quelques semaines avant Qatar 2022. Les supporters ont également accueilli le nouvel entraîneur à bras ouverts. Walid Regragui a pris la barre dans le sillage de ses récents succès aux commandes du Wydad, club avec lequel il vient de remporter le championnat du Maroc 2021/2022 et la Ligue des champions de la CAF.

De nombreuses questions demeurent cependant en suspens : quelle équipe emmènera-t-il au Qatar, quel style adoptera-t-il et sur quels joueurs s’appuiera-t-il pour progresser dans le Groupe F ?

Les rencontres du Maroc dans le Groupe F

23 novembre

Maroc – Croatie, 13h00 heure locale, Al Bayt Stadium

27 novembre

Belgique – Maroc, 16h00 heure locale, Al Thumama Stadium

1er décembre

Canada – Maroc, 18h00 heure locale, Al Thumama Stadium

La philosophie de Regragui

Walid Regragui a fait preuve d’une certaine flexibilité en matière de tactique et de philosophie tout au long de sa carrière d’entraîneur. Lors de son récent passage au Wydad, il est toutefois apparu comme un technicien relativement conservateur qui accordait plus d’importance aux résultats qu’aux performances. Mais il sait se montrer à la hauteur des enjeux, comme son équipe l’a prouvé contre Al-Ahly en finale de la Ligue des champions africaine en mai dernier (victoire 2-0).

Compte tenu de son adaptabilité, il pourrait appliquer différents schémas tactiques en Coupe du Monde en fonction du jeu des équipes adverses. Une chose est sûre, Regragui dispose des ressources nécessaires pour organiser ses troupes à son gré, que ce soit en défense ou en attaque.

Opposé en amical au Chili (2-0) et au Paraguay (0-0) lors de ses deux premiers matches sur le banc, il a opté pour un dispositif offensif en 4-3-3. Il a encouragé ses hommes à se projeter vers l’avant, à presser dans le camp adverse en s’appuyant sur les arrières Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui. Il a également demandé à son équipe de faire bloc au milieu de terrain et de fermer le jeu dès la perte de balle.

Lors de leur succès face au Chili, les Lions de l’Atlas ont proposé un football audacieux et imposé leur domination grâce à des joueurs techniques, tels Hakim Ziyech, Azzedine Ounahi, Sofiane Boufal et Selim Amallah dans l’entrejeu et en attaque.

L’entraîneur fait face à deux principaux problèmes : la maladresse devant les cages et les forfaits sur blessure de ses défenseurs clés. La sélection nord-africaine souffre depuis déjà quelque temps de l’absence d’un buteur efficace. Youssef En Nesyri traverse notamment une mauvaise passe et peine à retrouver sa verve offensive.

Joueur clé : Achraf Hakimi

Rouage essentiel de la sélection depuis quelques années, le latéral du Paris Saint-Germain est l’un des premiers noms couchés sur la feuille de match. Ses prestations lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations et des qualifications pour Qatar 2022 témoignent de son poids dans l’équipe.

Hakimi, qui fêtera ses 24 ans à la veille du tournoi, possède une large expérience internationale et a notamment participé à Russie 2018. Ses coéquipiers comptent sur ses déboulés fulgurants dans le couloir droit et son adresse sur coups de pied arrêtés pour faire la différence.

À surveiller : Sofiane Boufal

Si Achraf Hakimi est le joueur marocain le plus connu, Sofiane Boufal est, lui, considéré comme le plus habile. Capable de moments de pure magie dans le dernier tiers du terrain, spécialiste des duels, il ajoute une touche de génie aux performances de son équipe.

L’ailier d’Angers a été le meilleur buteur du Maroc lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations avec trois réalisations. Il a récemment pris une place plus importante en sélection et il est peu probable qu’il disparaisse des tablettes de Regragui, qui le sait capable de créer du jeu à partir de rien.

Rapide, talentueux et intelligent, Boufal serait le partenaire idéal de tout attaquant, qu’il s’agisse de Youssef En Nesryi, Ayoub El Kaabi, Walid Cheddira ou Abderrazak Hamdallah.

Le Maroc en Coupe du Monde

Le Maroc aborde sa sixième Coupe du Monde de la FIFA™. Lors de leur première apparition en 1970, les Lions de l’Atlas n’ont ramené qu’un point en trois sorties. Défaits par la RFA (2-1) puis par le Pérou (3-0), ils ont sauvé l’honneur en décrochant un nul face à la Bulgarie (1-1).

Leur deuxième participation reste la plus mémorable. En 1986, Abdelkrim Merry, Aziz Bouderbala et consorts ont battu le Portugal (3-1) après avoir tenu la Pologne (0-0) et l’Angleterre (0-0) en échec. Qualifiés pour le deuxième tour, ils se sont inclinés sur la plus petite des marges devant la RFA en huitièmes de finale.

Les éditions 1994, 1998 et 2018 les ont vus s’arrêter en phase de groupes. Ils sont cependant passés tout près de franchir la phase de poules lors de France 1998, où ils ont enregistré une victoire probante 3-0 sur l’Écosse puis un nul 2-2 contre la Norvège. Ils ont aussi fait bonne impression à Russie 2018, bien qu’ils n’aient empoché qu’un point contre l’Espagne (2-2).

Obone Flore

Journaliste

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