« Altogovéens et Opposants. Dignes et fiers ! » dixit Jean Valentin Leyama.

0
229
Jean Valentin Leyama

Être originaire de la province du Haut-Ogooué et militer pour le fin de ce pouvoir dont la tête se situe précisément dans cette province, demeure une équation complexe pour tous les cadres qui s’y sont engagés. Surtout lorsque l’on a occupé des fonctions plus ou moins importantes au sein du système ou lorsque l’on a été très proche, par différents liens personnels, au Chef de l’État, hier Omar Bongo, aujourd’hui Ali Bongo.

Ces cadres subissent, paradoxalement un double procès intérieur et extérieur.

À l’intérieur de la province, laquelle n’est pas sur l’échiquier national, la mieux nantie en termes de développement, l’engagement de ses filles et fils dans l’Opposition est un acte de trahison. Mieux vaut vivre pauvres mais il est hors de question que le pouvoir quitte la province, raisonnent les plus irréductibles. Résultat : les opposants altogovéens sont considérés comme des parias, excepté dans la zone sud, dans le triangle Moanda, Mounana, Bakoumba où depuis l’implantation de l’UGDD par Zacharie Myboto en 2005, s’y est instaurée une véritable culture démocratique et où l’Opposition engrange régulièrement des victoires électorales.

À l’extérieur de la province, lorsque les cadres altogovéens intègrent des partis de l’Opposition ou les équipes des candidats à la présidentielle, ils sont victimes de la méfiance, du doute permanent sur leur loyauté, suspectés d’être des taupes du pouvoir. Ce sont plutôt des “faire valoir”, des “mascottes” dont la vocation est de donner un semblant de dimension nationale aux leaders politiques qu’ils soutiennent. “Vous voyez, nous avons aussi des Altogovéens dans nos rangs !”, entend-on souvent dire.

En dépit de cette double peine, les opposants altogovéens tiennent bon. Ils ont rejoint l’Opposition par vagues successives depuis Omar Bongo, conservent une constante et ferme détermination contre le Pouvoir. Bravant les menaces sur leurs vies, la torture de la prison, les intimidations sur leurs familles, la galère et les souffrances de l’exil pour beaucoup. Les cadres altogovéens résistent,  mieux rejettent avec mépris les propositions de ralliement en échange de strapontins, de maroquins et de ducats. Ce qui dément du coup les préjugés retors qui les frappent de la part des autres concitoyens.

Dans la vague récente des ralliements au pouvoir de ceux qui l’ont copieusement honni hier, pas un altogovéen pour le moment. Les Opposants de cette Province sont demeurés inflexibles. Finalement, les traîtres à la cause du changement ne sont pas là où on les attendait. Yacoooh !

Et si, face à leurs frères et sœurs de la province qui se battent pour le statu quo, face aux autres concitoyens qui doutent de leur détermination, les Opposants altogovéens constituaient le véritable tremplin du changement dans le pays ? L’avenir très proche nous le dira.

Jean Valentin Leyama.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here