Diversification économique : le Fonds RSE veut passer de l’aide aux infrastructures à la création d’emplois

Construire des infrastructures ne suffit plus. Le Fonds RSE d’Eramet Comilog veut désormais faire de la diversification économique un levier de création d’emplois et d’autonomisation des communautés. Le rapport RSE 2025 consacre ainsi une partie spécifique aux initiatives destinées à faire émerger de nouvelles activités économiques dans les territoires concernés.

Cette orientation traduit une évolution de la conception de la RSE. Après plusieurs années consacrées notamment à la santé, à l’éducation, à l’eau et aux infrastructures, l’ambition affichée est désormais de soutenir davantage l’entrepreneuriat local, les chaînes de valeur et les activités génératrices de revenus.

Le principal instrument de cette nouvelle dynamique est le fonds d’amorçage. Sa deuxième phase, lancée en 2024, s’est poursuivie en 2025 à travers un mécanisme de garantie financière auprès d’établissements de microfinance. L’objectif est de faciliter l’accès au crédit des entreprises individuelles et des très petites entreprises à des conditions préférentielles.

Les résultats cumulés du dispositif témoignent d’une montée en puissance. Le rapport recense 237 dossiers reçus et 197 projets financés dans le cadre de la phase 2, pour un coût total annoncé de 1,170 milliard de francs CFA. Pour la seule année 2025, 44 projets ont été financés pour un montant global de 260 millions de francs CFA.

Les bénéficiaires interviennent dans plusieurs secteurs : agriculture, services, commerce, artisanat, transport ou encore numérique. Cette diversité traduit la volonté de ne pas enfermer la diversification économique dans une seule filière.

L’agriculture occupe néanmoins une place importante. À Bakoumba, le projet agro-sylvo-pastoral ambitionne de développer simultanément la pisciculture, la production de champignons, l’huile de ricin et la fabrication d’aliments pour l’élevage. Le projet prévoit également des formations et un accompagnement technique des producteurs locaux.

Autre exemple : la miellerie communautaire de Djoutou. Le projet est entré en production en novembre 2025. Plus de 250 kilogrammes de miel avaient déjà été produits depuis son démarrage. L’unité, installée dans un bâtiment de 200 m², a également permis la création de dix emplois directs.

La logique est désormais celle de la transformation locale. La cire issue de la production de miel est valorisée pour fabriquer des bougies, tandis que la production de savons à base de cire et d’autres dérivés apicoles est envisagée. L’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée et de diversifier les revenus de la communauté.

Le projet « Un Taxi, un Emploi, un Avenir » s’inscrit dans la même philosophie. Déployé à Franceville, Moanda et Mounana, il vise à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes grâce à un mécanisme d’accès progressif à la propriété d’un véhicule taxi. Vingt bénéficiaires ont été retenus à l’issue d’un processus comprenant candidatures, tests, entretiens et évaluations de conduite.

Pour Eramet Comilog et l’État gabonais, l’enjeu est désormais de structurer des chaînes de valeur capables de faire travailler ensemble producteurs, commerçants, transporteurs et prestataires locaux. Le rapport cite notamment la centrale d’achats de Bakoumba et le projet de taxi intégré comme des exemples de cette nouvelle approche.

La RSE change donc progressivement de visage : d’un instrument principalement destiné à financer des infrastructures sociales, elle cherche à devenir un outil de transformation économique des territoires.





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Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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