Relation délictueuse entre la société civile et le pouvoir étatique : Marc Ona Essangui, Georges Mpaga, et Jean Remi Yama dans le collimateur ?

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Georges Mpaga (à gauche), Marc Ona Essangui (au centre avec le micro)

Outre la relative stérilité, le caractère largement académique et le plus souvent déconnecté des réalités gabonaises contemporaines, la conception de la société civile suscite encore de vives polémiques quant à sa position sur le champ politique. Elle est marquée par un problème de conception et de perception parmi les différents acteurs du jeu politique.

En s’alliant aux partis politiques ou à la politique de l’Etat, la société civile gabonaise s’est écartée de son objectif qui consiste à être un contre-pouvoir par rapport à l’Etat. Les leaders de la société civile sont corrompus par les agents politiques. Soumis aux conditionnalités des acteurs politiques, ils ont perdu leur représentativité et sont ainsi déséquilibrés.

« Les leaders de la société civile gabonaise que sont Marc Ona Essangui (fondateur de l’ONG Brainforest, lauréat en 2009 du prix Goldman pour l’environnement pour son engagement en faveur de la forêt tropicale), le président du ROLBG (Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance au Gabon) Georges Mpaga, et le président de Dynamique Unitaire (DU) Jean Remi Yama, ont des relations plus que douteuses avec le pouvoir » selon une source qui a requis l’anonymat.

Cela nous renvoie aux prédictions du militant acclamé contre la corruption et journaliste reconnu, Grégory Ngbwa Mintsa lauréat du prix d’intégrité 2010 de Transparency International, qui est mort en 2014 à l’âge de 56 ans.

Selon cette même source, Marc Ona aurait amené Grégory Ngbwa Mintsa entre janvier et février 2009 chez Ali Bongo Ondimba, alors ministre de la défense. L’actuel Président de la République aurait sommé monsieur Ngbwa Mintsa de s’aligner. La réponse ne s’est pas fait attendre, « un non catégorique ». Et Ali Bongo Ondimba de révéler qu’il avait reçu une blanche qui voulait la tête de l’ancien journaliste.

« Quelques années plus tard, Grégory Ngbwa Mintsa décède, en présence de Marc Ona Essangui. C’est dire si le lauréat du prix d’intégrité savait que le fondateur de Brainforest travaillait pour Ali Bongo Ondimba. Aujourd’hui, que l’actuel Président de la République n’est plus véritablement aux manettes, Marc Ona Essangui travaille pour Nourreddin, et se fait même rémunérer par Olam » poursuit la source.

« Beaucoup de signes annonciateurs révèlent la fin de cette société civile. Des personnalités comme Georges Mpaga ont des comportements déviants dans leur vie privée. N’en parlons pas de Jean Remi Yama qui a noué des alliances à contre-courant avec le Président de l’Union Nationale (UN) Zacharie Myboto, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale Guy Nzouba Ndama.

Ces leaders de la société civile disent aux populations ce qu’elles veulent entendre, au lieu de les préparer à la libération du pays. Le jour où on comprendra qu’ils se moquaient de nous, il sera trop tard. Pendant ce temps, la famille Bongo consolide son règne avec l’intronisation des petits-fils notamment avec Nourreddin. Il est déjà sans doute trop tard.

Où en est Jean Remi Yama et la Dynamique Unitaire ? Silence radio. C’est pourtant la deuxième fois qu’il pose ce genre d’acte. Tout est donc fait pour décourager le peuple gabonais. Que les populations ne se laissent plus bernées par les déclarations tapageuses de ces leaders de la société civile, cars ils sont de connivence avec les tenants du pouvoir. Regarder le cas du porte-parole de la coalition RHM (Rassemblement Héritage et Modernité)-UN, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, qui certainement va faire son entrée au gouvernement.

Grégory Ngbwa Mintsa savait qu’un jour ou l’autre, toutes les escroqueries de la société civile gabonaise allaient être mise à nue » affirme la source.

En perdant sa dimension apolitique, la société civile se fragilise et fragilise la démocratie quand ses observations ne sont plus liées à l’intérêt général des citoyens mais plutôt à une coloration politique

La politisation et l’instrumentalisation fréquente au Gabon a fini de jeter les jalons du pouvoir absolu de l’Etat. Ainsi le pouvoir absolu utilise les individus et les communautés comme des ressources et des instruments et non comme des ensembles possédant autonomie de gestion et personnalité collective

Une authentique société civile a pour fonction de participer pleinement à la promotion d’une citoyenneté active, exigeante et réceptive aux exigences de la modernité politique et ouverte aux conditions de son adoption par la société qui aspire à y accéder. Elle doit à cet effet, entreprendre des actions résolues de sensibilisation et d’éducation civique favorisant une meilleure gestion du projet démocratique encore captif de la boulimie des politiques.

La démocratie reste largement tributaire d’une prise de conscience citoyenne des populations. Cette prise de conscience suppose que chaque individu soit conscient de son rôle dans l’élaboration d’une démocratie viable. Elle reflète la participation active de toutes les composantes de la société. La prise de conscience doit pousser le peuple à savoir qu’il est détenteur de la souveraineté, qu’il délègue à ses représentants qui l’exercent à son nom. Par l’entremise de la société civile, le peuple doit veiller à la garantie des processus électoraux, point de départ de la démocratie.

N’ayant pour vocation de conquérir le pouvoir, la société civile doit intensifier ses sensibilisations afin d’instaurer le culte et la culture démocratique au Gabon.

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