Dans cette Thèse centrale, l’article soutient qu’une crise du travail sans précédent s’est installée dans les sociétés capitalistes occidentales, transformant profondément la manière dont les individus perçoivent et représentent le travail.
Les causes des mutations économiques
Deux moteurs principaux expliquent les bouleversements :
•Les nouvelles technologies (NTIC) : elles remplacent le travail non-qualifié par les machines et réorganisent les entreprises en réseaux interactifs.
•La mondialisation : elle intensifie la concurrence, favorise les délocalisations et déstabilise les marchés du travail dans les pays riches.
Les effets sur le monde du travail
Ces transformations ont engendré plusieurs phénomènes : montée du chômage (surtout chez les peu qualifiés), précarisation de l’emploi, multiplication des formes atypiques (temps partiel, CDD, télétravail), flexibilité accrue, affaiblissement des syndicats et crise de l’État-Providence.
L’évolution de la représentation sociale du travail
Les études empiriques (notamment européennes) montrent un glissement progressif : la représentation du travail est passée d’une image de labeur manuel, contraignant et centré sur le salaire, vers une image de travail intellectuel, plaisant et épanouissant. Le plaisir au travail est devenu un élément de plus en plus présent dans les discours, même s’il reste subordonné à la rémunération.
Conclusion
Negura propose que les débats alarmistes sur la « fin du travail » reflètent avant tout une crise représentationnelle : un décalage entre la réalité du travail qui change rapidement et une représentation sociale héritée des Trente Glorieuses (1945–1975), période de stabilité et de prospérité. La société serait ainsi appelée à reconstruire une nouvelle représentation du travail adaptée aux conditions contemporaines.
Auteur : Lilian Negura (Université Laval, 2006)

