J’ai 65 ans. J’ai enseigné pendant 37 ans dans les salles de classe gabonaises.
De Libreville à Oyem, de Franceville à Port-Gentil, j’ai formé des milliers d’élèves.
Certains sont devenus médecins, ingénieurs, enseignants à leur tour. D’autres sont ministres, directeurs généraux, magistrats. Ils dirigent aujourd’hui ce pays que j’ai servi avec dévouement.
Mais aujourd’hui, à la retraite, je dois me battre pour qu’on me paie ce qu’on me doit.
Une vie au service de l’école gabonaise
Pendant 37 ans, j’ai corrigé des copies jusqu’à minuit. J’ai acheté de la craie avec mon propre argent quand il n’y en avait plus. J’ai consolé des élèves en détresse, médié des conflits, organisé des séances de rattrapage gratuites. J’ai supporté les retards de salaire, les classes surchargées, les conditions de travail difficiles.
Pourquoi je prends la parole aujourd’hui ?
Certains m’ont dit : « Monsieur NDONG, vous êtes à la retraite maintenant. Laissez les jeunes se battre. Votre temps est passé ».
Non. Mon temps n’est pas passé. Ma dignité n’a pas pris sa retraite. Mes droits non plus. Une dette reste une dette, qu’on soit en activité ou à la retraite.
L’article 34 de la Loi nº001/2005 portant Statut Général de la Fonction Publique gabonaise stipule clairement que tout fonctionnaire a droit à une…

