Rencontre avec Naneth Nkoghe, une « Inspiration Jumelle » : un concept culturel innovant.

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Léona Nkoghe (à gauche) et Naneth Nkoghe (à droite)

Chaque année, de nombreux artistes décident de réaliser des tournées. Ils y parcourent les routes afin de rencontrer leur public. Mais il y a une difficulté : celle de choisir le concept dans lequel ils se produiront. Si le choix est cornélien pour les artistes, la difficulté est encore plus grande pour les organisateurs, qui doivent avancer différents arguments dans le but de les séduire. Car il y a un magnétisme dans le fait d’aller voir des artistes en vrai sur scène. C’est important de les voir sur scène, ça représente des moments rares, une expérience qui a de la valeur.

En effet, depuis ses débuts sur scène en 1995 à l’avant-première du rappeur D-ABUZ System au Centre Culturel Français du Gabon en passant par l’interprétation de la chanson « LBV mon blues » sur la compilation Mémoire Vive distribué par ProMédia en 2001, Naneth s’est imposée comme une artiste complète et polyvalente. Avec son nouveau concept « Inspiration Jumelle » en collaboration avec sa sœur Léona Nkoghe, elle s’inscrit un peu plus dans l’histoire culturelle gabonaise, africaine et même mondiale. Morceaux choisis sur l’entretien qu’elle a accordé à la rédaction de 7Jours Info.

7Jours Info : Présente-moi ton projet « Inspiration Jumelle » :

Naneth : C’est une coproduction scénique entre Léona Nkoghe, ma sœur peintre canadienne et moi, Naneth Nkoghe, chanteuse gabonaise. Une rencontre entre la musique et la peinture. L’idée est née lors de la sortie simultanée de nos projets respectifs sur la problématique de la femme. Moi avec l’album « Minga » depuis l’Afrique et elle avec l’exposition « Féminités » depuis le Canada.

Dès cet instant, nous nous sommes convenus d’organiser un duo scénique. L’une et l’autre nous nous sommes investies tant dans la conception que dans les financements de ce projet. Notre première édition fut un succès en septembre 2019 à Sherbrooke au Canada. Là, nous préparons la prochaine mais grâce à Dieu le concept est déjà demandé sur de nombreuses  plateformes au Canada. Il faut dire que la Covid-19 a reporté plusieurs de nos rendez-vous. Malgré tout, le Festival des traditions du monde nous programme pour une représentation en ligne du 12 au 15 Août 2020. Je puis dire que la force de ce projet réside dans les symboles, les thèmes et les sens véhiculés, l’exploitation de la scène ainsi que l’accès aux malentendants et aux malvoyants de part et d’autre par la peinture et le son.

Pourquoi as-tu abandonnée le hip-hop?

Rapper me paraissait très limité par rapport à tout ce que je voulais exploiter dans la musique et dans l’art en général. Il faut préciser qu’à nos débuts le rap se rapportait plus à la liberté et à l’occasion d’expression qu’à la musique, c était une expression, un discours qui se couchait sur des beats. A présent, les acteurs urbains doivent vivre de leur art, aussi la discipline s’est adaptée aux nuances commerciales, et c’est cela qui envahit le monde. Ce format j’aurais pu l’exploiter mais alors il aurait limité mes prévisions.

Penses-tu refaire une incursion en individuel ou en featuring ?

Je ne vais pas revenir dans le hip-hop en dehors de coaching en studio et des participations dans des conceptions, en faisant les chœurs mais très rarement de feat. J’ai besoin de continuer mon exploration dans les concepts innovants à travers le monde. Ce sont des projections d’avenir. J’ai besoin de sécuriser mon activité sur long terme, cela représente beaucoup de travail et nécessite de la foi, je ne vais pas faire demi tour pour le hip hop.

Que penses-tu de l’ascension de Tina ?

Elle est très intéressante et tu remarqueras que plusieurs succès de Tina ne sont pas trop hardcord.

La musique au Gabon as-t-elle un avenir ?

Oui absolument, grâce à la détermination et la passion des acteurs. On peut tout me dire, moi j’y crois et je sais de quoi je parle car je fréquente toutes les générations de musiciens gabonais. La musique gabonaise est le seul domaine au Gabon où on trouve des professionnels internationaux alors que nous n’avons aucune école pour les former, aucun statut juridique et toujours pas de perception de droits.

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