Raphael Ntoutoume Nkoghe : l’AVC de trop.

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Raphael Ntoutoume Nkoghe, Président de la Haute Autorité de la Communication (HAC)

L’AVC de Raphael Ntoutoume Nkoghe, Président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) depuis 2018, interpelle plus d’un. Il était craint, même redouté, sur tous les fronts, dans la décision immédiate, soumis à des pressions colossales. Ce comportement du “patron” permettait alors de lire mimétiquement ou fallacieusement celui de l'”homme”.

Après un accident vasculaire cérébral (AVC), la séquelle la plus connue est l’hémiplégie (paralysie de la moitié du corps), mais il en existe d’autres : troubles de la parole, troubles sensitifs, négligence d’un côté de l’espace environnant.

Mais c’est le lot de tout patron. Son rôle est d’exercer et d’endosser la responsabilité de prendre toutes les décisions difficiles, y compris celles que certains de ses collaborateurs ne peuvent ou ne veulent assumer.

Cet AVC est survenu en cette période de crise sanitaire du Covid-19. Certainement, il dormait de moins en moins, il travaillait de plus en plus, il était sommé d’adopter des comportements ou des décisions stratégiques qui mettaient à mal ce qu’il était intrinsèquement. Tout allait si vite et si gravement.

Toutefois, il existe des dizaines de causes possibles d’AVC, le stress est bien sûr l’une des principales, mais pour autant rien ne peut assurer scientifiquement qu’en ce qui lui concerne il en est l’origine.

Et lorsqu’elles portent sur l’humain, séparation individuelle ou plan social, ces décisions douloureuses dictent d’adopter une attitude souvent froide, noire. Elle est à la fois une posture vis-à-vis de l’extérieur et une protection personnelle pour que l’émotion ne déborde pas ou ne détourne pas de la décision à prendre.

Pour autant, et même si la réalité de la personnalité du président de la HAC n’est heureusement pas aussi réductrice son humanité personnelle est, grande, de considéré l’existence “belle”, d’avoir ambitionné et accompli des responsabilités d’une telle envergure, et donc nécessitant une telle dureté.

Le chef est celui qui n’a pas le droit d’avoir de problèmes, c’est-à-dire à qui on ne donne pas ce droit et qui s’interdit de se le donner. La confiance doit être absolue, totale. Il est celui, pensent les subordonnés, qui peut et doit répondre à des contraintes, des enjeux, des obstacles dix fois supérieurs aux leurs. C’est ainsi. Alors oui, accepter la défaillance est insupportable et culpabilisant. Et donc moins que tout autre, le patron ne peut se donner le droit de se plaindre, de souffrir, d’avoir des états d’âme.

Divers professionnels de santé peuvent être impliqués dans le prise en charge post-AVC : kinésithérapeute, ergothérapeute, orthophoniste, psychothérapeute, psychologue.

Que restera-t-il de cet homme d’hier ? Et quel homme nouveau sera-t-il ? 

Il sera sommé d’écouter pour se reconstruire, pour appliquer les recommandations médicales. Car, au début, il ne sera pas en mesure de s’exprimer. Le président de la HAC prendra certainement du plaisir à écouter ses interlocuteurs qui au fur et à mesure de ses modestes progrès d’élocution prendront eux-mêmes le temps de l’écouter. Cela peut s’étendre sur plusieurs années, il devra donc décupler ses dispositions d’écoute.

Incontestablement, l’absence d’écoute est un mal qui guette tout grand décideur, qu’il soit d’entreprise ou politique. 

De l’expérience du temps post-AVC, il y a bien sûr un enseignement rétroactif déterminant : rien n’est plus précieux pour prendre la bonne décision que de prendre le temps de la mûrir, ceci est une évidence, et pour cela, ce qui l’est beaucoup moins de prendre du temps pour soi.

Le temps de la réflexion, du recul, de la distance est fondamental d’autant plus à l’ère, des technologies de la communication qui nous inféodent encore plus. La réalité, c’est que le temps nous appartient. Et aucune fonction professionnelle aussi dévorante soit-elle ne peut le contester, quoi qu’on en pense.

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