Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité, a été sommé de publier la liste des coupables de vol de courant afin de renforcer la transparence et la lutte contre les pratiques frauduleuses dans le secteur de l’électricité le mardi 3 mars dernier lors d’une séance de travail tenue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema avec les responsables de la SEEG et le groupe Suez.
La SEEG recense actuellement 4 047 branchements directs illégaux ou provisoires à travers le Gabon. Trois types de branchements directs ont été identifiés :
Technique : branchement temporaire dû à un compteur défectueux, en attente de remplacement.
Fraude : branchement illégal réalisé par des habitants sans intervention de la SEEG.
Piratage : connexion illégale à un compteur existant ou installation de compteurs falsifiés, parfois avec complicité interne ou externe.
Les localités les plus touchées sont Port-Gentil (1 389 cas), Franceville (1 173), Moanda (561), Koulamoutou (235), et Libreville (663, avec possibilité de révision après enquête).
Pour remédier à cela, un délai de trois mois est donné aux foyers concernés pour régulariser leur situation en installant un compteur officiel.
Les cas confirmés de fraude et piratage feront l’objet d’enquêtes par des brigades mixtes composées d’agents de la SEEG, de la gendarmerie et de la magistrature, selon le ministre Phillipe Tonangoye.
Face à la recrudescence des délestages à Libreville, le président gabonais a réuni les responsables de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), les représentants du groupe Suez, et le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’électricité.
L’objectif principal est d’améliorer durablement l’accès des populations à l’eau potable et à l’électricité, et de mettre fin aux délestages et coupures d’eau récurrentes dans le Grand Libreville.
Le président a exprimé son mécontentement quant aux performances de la SEEG, malgré les mesures d’accompagnement de l’État, et a dénoncé des dysfonctionnements internes tels que la gestion opaque, le manque de rigueur et de transparence, ainsi qu’une communication insuffisante envers la population.
Il a rappelé le partenariat stratégique récent entre l’État gabonais et le groupe Suez, visant à optimiser les infrastructures et améliorer la production et distribution d’eau potable.
Le président a appelé à un usage responsable des infrastructures par les usagers, et a exhorté les cadres et techniciens de la SEEG à s’impliquer pleinement dans les réformes et à collaborer de manière transparente pour tirer parti des nouvelles technologies.
Une amélioration de la gouvernance au sein de la SEEG a été soulignée comme nécessaire, notamment par des mesures de redressement financier et la lutte contre les fraudes.
Enfin, il a insisté sur le fait que le contrat avec Suez doit restaurer la confiance, assainir la gestion, et garantir un service public conforme aux attentes des Gabonais.

