Ogooué-Ivindo : la Fête de la Libération, un accélérateur du développement

Prévue  le 30 août, la troisième édition de la Fête de la Libération prend finalement les allures d’une véritable quinzaine d’activités. Organisée cette année dans l’Ogooué-Ivindo, elle entend dépasser le cadre de la seule commémoration du 30 août 2023 pour devenir un puissant levier de développement économique, social, culturel et infrastructurel. À Makokou comme dans les quatre chefs-lieux de département, la fête se veut ainsi le point de rencontre entre mémoire, action publique et transformation du territoire.
Le 30 août n’est plus seulement une date dans le calendrier national. Trois ans après les événements du 30 août 2023, la Fête de la Libération s’installe progressivement comme un rendez-vous majeur de la vie nationale. Après Libreville en 2024 et Tchibanga en 2025, le choix de l’Ogooué-Ivindo pour cette troisième édition traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de cet événement itinérant un instrument de proximité avec les populations et, surtout, un accélérateur de projets.
Cette année, les festivités commencent bien avant le 30 août. Dès les 20 et 21 août, un séminaire consacré à l’élaboration des Plans locaux de développement réunit les élus locaux. Une entrée en matière qui donne déjà le ton : derrière les célébrations, l’enjeu est aussi de renforcer la capacité des collectivités à penser et à conduire leur propre développement.
À partir du 24 août, le programme monte progressivement en puissance avec une caravane médicale à l’Hôpital régional de Makokou, l’ouverture du « Village Ogivin », un méga-marché de la Centrale d’achat et un colloque consacré à l’Ogooué-Ivindo. Santé, commerce, culture, réflexion sur l’avenir de la province : autant d’initiatives qui donnent à la manifestation une dimension multisectorielle.
Le développement local au cœur de la célébration
La journée du 27 août illustre particulièrement cette nouvelle philosophie. Makokou accueillera un forum économique consacré aux potentialités de l’Ogooué-Ivindo. La province, longtemps confrontée à son enclavement et à l’insuffisance des infrastructures, entend ainsi présenter ses atouts, ses opportunités d’investissement et les perspectives liées à ses importantes ressources naturelles.
Dans le même temps, des opérations de digitalisation des permis ainsi que la délivrance de titres de séjour et de passeports rapprocheront davantage certains services publics des populations. La fête devient alors un moment de présence renforcée de l’État sur le terrain.
Cette logique trouve son prolongement dans les nombreux chantiers engagés à Makokou et dans les quatre chefs-lieux de département. Au total, dix-sept projets doivent contribuer à transformer le visage de la province. Routes, bâtiments publics, équipements sociaux et infrastructures diverses : l’objectif affiché est de faire de la célébration un moment concret d’amélioration du cadre de vie.
La question de la pérennité de ces réalisations demeure toutefois essentielle. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a lui-même insisté sur la nécessité d’assurer l’entretien des infrastructures réalisées dans le cadre de la Fête de la Libération. Une manière de rappeler qu’un chantier n’a de véritable valeur que s’il continue de servir les populations plusieurs années après l’événement.
Trois jours au cœur de l’Ogooué-Ivindo
Avec l’arrivée annoncée du président de la République le 28 août, la manifestation prendra une dimension institutionnelle et politique plus forte. Honneurs militaires, accueil populaire, inauguration du mausolée Emmanuel Issoze Ngondet, visites de chantiers et inaugurations rythmeront cette journée. Une découverte des chutes de Kongou figure également au programme, mettant en lumière le potentiel touristique exceptionnel de la province.
Le 29 août sera consacré à plusieurs activités citoyennes, militaires, sportives et sociales. Exposition des Forces de défense et de sécurité, Journée de la Défense, caravane militaire, distribution de kits scolaires, remise de parchemins aux bénévoles de l’Éducation nationale, finale de football, finale de boxe et remise du trophée du Cross de la Libération sont notamment annoncées.
Ces activités traduisent la volonté de faire de la Fête de la Libération un événement populaire, associant toutes les composantes de la société : forces de défense et de sécurité, administration, jeunesse, sportifs, enseignants, commerçants, opérateurs économiques et populations.
Le 30 août, entre mémoire et projection vers l’avenir
Le 30 août constituera naturellement le point culminant de cette longue séquence. La Place de l’Indépendance accueillera la cérémonie de décorations, suivie du grand défilé militaire et civil.
Mais la journée ne s’arrêtera pas à la dimension commémorative. La pose de la première pierre du siège de Fortescue Iron au centre-ville de Makokou devrait symboliser l’entrée de la province dans une nouvelle phase de son développement économique.
Le choix de l’Ogooué-Ivindo n’est d’ailleurs pas anodin. La province occupe une position stratégique dans la nouvelle ambition minière du Gabon, notamment avec le projet de fer de Bélinga. À travers cette célébration, Makokou se retrouve ainsi au centre de plusieurs enjeux nationaux : développement des infrastructures, exploitation des ressources minières, désenclavement, création d’emplois, amélioration des services publics et valorisation du potentiel touristique.
Le 30 août devient dès lors plus qu’une date de commémoration. Il sert de cadre à la présentation d’une vision du Gabon dans laquelle les provinces doivent davantage bénéficier des investissements publics et privés.
Après la fête, le véritable test
Le 31 août marquera le départ des délégations et la fin officielle des festivités. Mais c’est précisément à ce moment que commencera le véritable test de cette troisième édition.
Lorsque les tribunes seront démontées, que les visiteurs auront quitté Makokou et que les projecteurs se seront éteints, il restera les routes, les écoles, les infrastructures sanitaires, les équipements publics, les projets économiques et les engagements pris.
La réussite de la Fête de la Libération ne pourra donc pas être mesurée uniquement au nombre de manifestations organisées ou à la ferveur populaire suscitée. Elle devra également être évaluée à l’aune de son impact sur la vie quotidienne des habitants de l’Ogooué-Ivindo.
Après Libreville et Tchibanga, le modèle de la Fête de la Libération itinérante semble ainsi se préciser : déplacer temporairement le centre de gravité de la République vers une province, y concentrer les attentions nationales, accélérer les investissements et mettre en lumière ses potentialités.
Pour l’Ogooué-Ivindo, l’enjeu est désormais de transformer cette visibilité exceptionnelle en dynamique durable. La fête peut être le déclencheur. Le développement, lui, devra se poursuivre bien après le 30 août.



Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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