Les malades mentaux : amis ou ennemis ?

La société gabonaise dans laquelle on vit n’est malheureusement pas très solidaire pour les plus fragiles et la notion de rédemption, de deuxième chance est oubliée au profit d’un sécuritaire permanent. Les mentalités ne changent pas. On ferme toujours davantage les yeux sur la maladie mentale.

L’internement à l’hôpital psychiatrique de Melen situé dans le 5e arrondissement de Libreville, concerne des personnes qui portent cette double peine d’être considérées à la fois comme folles et comme dangereuses, suite à une crise, une décompensation, un coup de folie qui va déterminer leur vie pendant de très longues années. Mais on oublie qu’on a affaire à des êtres humains avant tout.

Les personnes qui souffrent d’un trouble mental grave meurent jusqu’à 20 ans plus tôt que la population générale. Le manque de données fiables est un aspect du problème. Disposer d’informations détaillées et à jour est essentiel pour comprendre la prévalence de la maladie mentale, avec ses coûts, et observer les résultats des traitements et la qualité des soins.

La maladie mentale est insuffisamment prise en charge. Entre un tiers et la moitié des personnes souffrant de troubles mentaux ne reçoivent aucun traitement. Le gouvernement doit donc intensifier ses efforts pour améliorer les soins de santé mentale qui restent mal dotés en ressources et auxquels il n’est pas attaché un degré de priorité suffisant au Gabon.

Investir davantage dans les soins primaires serait une façon efficace, sur le plan des coûts, de traiter les troubles mentaux légers à modérés. Toutefois, les systèmes de soins primaires ne peuvent seuls répondre aux besoins de traitement des personnes souffrant de troubles mentaux légers à modérés. Les psychothérapies comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ont fait la preuve de leur efficacité et elles peuvent représenter une option intéressante par rapport à son coût, surtout si on tient compte des économies potentielles en termes d’emploi, de productivité et de prestations sociales.

Obone Flore

Journaliste

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