Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé dimanche à un remaniement gouvernemental marqué par cinq départs, huit nouvelles nominations et plusieurs réaffectations. Annoncée à la télévision par la secrétaire générale de la Présidence de la République, Murielle Minkoué Mézui, la nouvelle composition du gouvernement se distingue également par une réorganisation des portefeuilles ministériels, notamment dans les secteurs de l’Éducation nationale, du Commerce, de l’Industrie et de l’Environnement.
Au total, l’équipe gouvernementale passe de 30 membres en janvier 2026 à 33 membres, tandis que le nombre de ministres d’État est ramené de trois à deux.
Jacqueline Ilogue à l’Éducation nationale
Parmi les changements majeurs figure le départ de Camélia Ntoutoume-Leclercq, ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique. Elle est remplacée par Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, précédemment ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle.
Ce changement s’accompagne d’une rétrogradation institutionnelle du portefeuille de l’Éducation nationale, qui ne conserve plus le rang de ministère d’État.
Autre départ notable, celui de Philippe Tonangoye, qui quitte le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, désormais confié à Olivier Mouckocko.
Jean-François Ndong Obiang quitte également le gouvernement. Le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions revient à Aimé Martial Massamba, précédemment chargé de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue. Georges Christian Waza lui succède à ce dernier poste.
Les deux autres départs concernent Lubin Ntoutoume, ancien ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, et Armande Longo épouse Moulengui, qui dirigeait les Affaires sociales, la Protection de l’enfance et la Femme.
Leurs portefeuilles font l’objet d’une nouvelle répartition. Emmanuel Eyeghe Nze prend la tête du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, tandis que Raïssa Nana épouse Ghogho est nommée aux Affaires sociales, à la Famille et à la Protection de l’enfance.
Huit nouvelles nominations
Outre Olivier Mouckocko, Georges Christian Waza, Emmanuel Eyeghe Nze et Raïssa Nana épouse Ghogho, quatre autres personnalités font leur entrée au gouvernement.
Lambert Mouvinde Millot est nommé ministre des Travaux publics et de la Construction, en remplacement d’Edgard Moukoumbi, qui prend désormais les commandes du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation.
Axel Jesson Ayenoue hérite du Tourisme durable et de l’Artisanat, précédemment dirigés par Marcelle Ibinga épouse Itsitsa. Cette dernière est réaffectée au ministère de l’Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel, désormais chargé également de la Formation professionnelle.
Stephen Olouna Mouba fait son entrée dans l’équipe gouvernementale en qualité de ministre de l’Environnement et du Climat. Ce portefeuille est désormais distinct de celui des Eaux et Forêts, maintenu sous la responsabilité de Maurice Ntossui Allogho, qui conserve également la gestion du conflit homme-faune.
Enfin, Malcom Emery Djenno Ngomand est nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Il rejoint ainsi Marc Abeghe, qui conserve son poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Économie.
La nouvelle composition ne reprend toutefois plus, pour Marc Abeghe, la mention « chargé du Budget », qui figurait dans la liste gouvernementale de janvier. Cette modification d’intitulé ne permet pas, à elle seule, de conclure à la suppression de ses attributions budgétaires.
Une nouvelle répartition des responsabilités
Le remaniement entraîne également une succession de mouvements au sein des portefeuilles économiques et sociaux. Nommé à l’Intérieur, Edgard Moukoumbi succède à Adrien Nguema Mba, qui prend le ministère du Travail, du Plein emploi et du Dialogue social.
Ce dernier récupère ainsi une partie des compétences auparavant exercées par Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba. La Formation professionnelle est, quant à elle, détachée du ministère du Travail pour être rattachée à celui de l’Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel.
Zenaba Gninga Chaning conserve le ministère des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat, mais perd le portefeuille du Commerce, désormais intégré au département confié à Emmanuel Eyeghe Nze.
Ce dernier cumule également les fonctions de porte-parole du gouvernement, succédant à Charles Edgard Mombo, qui demeure ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Ces mouvements traduisent une volonté de réorganiser plusieurs secteurs de l’action publique, avec le regroupement de certaines compétences et la séparation d’autres domaines jusque-là réunis au sein d’un même département.
Hermann Immongault maintenu à la vice-présidence
Au sommet de l’exécutif, Hermann Immongault conserve ses fonctions de vice-président du gouvernement. Brigitte Onkanowa reste ministre d’État chargée de la Défense nationale, tandis qu’Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve le rang de ministre d’État aux Transports, à la Marine marchande et à la Logistique.
Thierry Minko demeure, pour sa part, à la tête du ministère de l’Économie et des Finances.
Avec 33 membres contre 30 en janvier 2026, la nouvelle équipe gouvernementale s’élargit de trois postes, selon le décompte incluant le vice-président du gouvernement, les ministres d’État, les ministres et les ministres délégués, mais excluant le président et le vice-président de la République.
Au-delà des changements de titulaires, ce remaniement se caractérise donc par une redistribution des responsabilités ministérielles et une modification de la hiérarchie de certains départements. Les secteurs de l’Éducation nationale, du Commerce, de l’Industrie et de l’Environnement figurent parmi les principaux concernés par cette nouvelle architecture gouvernementale.

