Le pangolin, une espèce protégée à préserver au Gabon.

0
493
Pangolin à ventre blanc (Phataginus tricuspis) dans le Parc de la Lékédi au Gabon

Face à l’augmentation du trafic d’espèces protégées au Gabon, notamment de pangolins, Pauline Grentzinger, Docteur vétérinaire au parc de la Lékédi, et l’équipe de vétérinaires du Centre interdisciplinaire de recherches médicales de Franceville (CIRMF) souhaitent partager des informations générales (cadre juridique, sanctions…) ainsi que quelques recommandations à suivre pour lutter contre le braconnage de cette espèce protégée.

  • Le pangolin au Gabon

Il existe huit espèces de pangolins dans le monde : quatre vivent en Afrique, et quatre en Asie. Au Gabon, trois espèces de pangolins sont présentes : les pangolins géants (Smutsia gigantae), à ventre blanc (Phataginus tricuspis) et à ventre noir (Phataginus tetradactyla).

  • Cadre juridique et sanctions sur le trafic animalier

Depuis quelques mois, une augmentation du trafic d’espèces protégées est constatée au Gabon, notamment de pangolins. Pour lutter contre ce fléau, le Gabon a établi un Code forestier (loi n°16-01 du 31 Décembre 2001) régissant les relations entre activités humaines et protection de l’environnement. Les espèces y sont classées en trois catégories : intégralement protégées,  partiellement protégées,  non protégées.

Les pangolins sont inscrits sur la liste des espèces intégralement protégées. Il est donc interdit de tuer, capturer, transporter, manger, vendre ou de garder en captivité ces animaux ou des morceaux (écailles, viande, peau, etc.). Les sanctions encourues vont de 3 à 6 mois d’emprisonnement associés à une amende allant de 100 000 à 10 000.000 CFA.

  • Les risques

*Les risques de déclin sévère de la population de pangolin: le pangolin est le mammifère le plus braconné au monde (un pangolin tué toutes les dix minutes). Au Gabon, le braconnage, le trafic animalier, le marché de la viande de brousse ou encore les activités touristiques illégales sont responsables du déclin sévère du nombre de pangolins.

*Le risque de transmission de nombreuses maladies entre la faune sauvage et l’homme (zoonoses): tous les animaux sont susceptibles de transmettre des agents pathogènes. La plupart des maladies émergentes ont d’ailleurs pour origine la faune sauvage. De plus, lorsqu’elles sont à l’origine d’épidémies, elles peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour la santé publique, l’élevage et l’agriculture, le commerce international, la survie des populations isolées ou encore l’équilibre de tout un écosystème.

D’après l’OIE (l’organisation mondiale de la santé animale), 75% des maladies infectieuses (dont le SIDA, Ebola, etc.) existant chez l’homme ont une origine animale. La plupart de ces maladies sont très graves voire mortelles pour l’homme, et il n’existe pas de traitement pour plusieurs d’entre elles. De plus, les modes de transmissions sont multiples et il est donc très difficile de se protéger. En effet, certaines maladies peuvent se transmettre par voie aérienne (tuberculose) ou par simple contact avec l’animal (tularémie, etc.). Les principaux modes de transmission rencontrés sont par manipulation ou la consommation de viande mal cuite (Ebola, etc.) ou encore le contact rapproché (léchage, morsure, etc.) avec les animaux (rage, parasites, etc.).

Que faire pour protéger ces espèces, les pangolins en particulier ?

Des activités à risque doivent donc être proscrites dans l’intérêt de tous.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here