Le débat de Missélé eba’a : HAC, dégagez mesdames.

En observant la composition du Bureau de la Haute Autorité de la Communication (HAC), on note une incohérence entre ce qui a toujours été souhaité par le président de la République lorsqu’il parle d’une certaine parité hommes-femmes dans les postes de responsabilité de l’administration, de la promotion répétée de la décennie de la femme et ce collector de barbus aux mains quasiment liées par des feuilles de route imposées par des officines qui ont peur et ont toujours détesté la liberté d’expression dans notre pays.

N’y a-t-il plus de femmes compétentes et sérieuses dans l’univers des médias au point qu’on en vienne à dénaturer le combat de la place de la femme au Gabon ?

Quel est ce pays qu’on veut toujours reconstruire en détruisant systématiquement les fondamentaux et les acquis ? Et après on s’étonne que tout puisse aller dans tous les sens.

« Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon ce que nous sommes entrain de faire » avait dit le grand maître. De quels enseignements répondent les choix et les orientations qui sont donnés à notre pays ? Où va le Gabon quand personne ne peut comprendre ou savoir comment se terminera cette pagaille en ébullition permanente ?

Que retenir de la Conférence nationale qui soit encore d’actualité ?  Quasiment rien. Que retenir des accords de Paris qui soit toujours en vigueur ?  Quasiment rien. Que retenir des accords d’Arambo qu’on peut présenter aux jeunes générations ?  Quasiment rien. Que dire des accords d’Agondjé qui soit encore à jour ?  Quasiment rien. Même pas la possibilité de permettre aux médias libres de se choisir des représentants à la HAC.

Si Brice Laccruche Alihanga avait été accusé, certainement à tort, d’avoir écarté les fang du dernier Bureau de l’Assemblée nationale, cette fois-ci qui va-t-on rendre responsable d’avoir ostracisé la gent féminine du Bureau de la HAC à l’heure de la décennie de la femme ?

Mesdames dégagez, vos places sont ailleurs mais surtout pas là où la liberté d’expression devrait commander. Tel est le nouveau Gabon en construction. Ne sommes nous pas à l’ère du PAT, Plan d’accélération de la transformation. Tout simplement ridicule.

Dans ses mémoires, l’un des acteurs politiques français les plus brillants du siècle dernier, Michel Rocard, disait « De toute ma longue carrière politique, je ne connais pas un seul individu ou un seul pouvoir qui aurait gagné un combat contre la presse ». Avant de rajouter « c’est une faute de présenter les médias comme étant le quatrième pouvoir. En réalité, il est le premier des pouvoirs car il a la capacité de faire et de défaire tous les autres pouvoirs. Entendons législatif, exécutif et judiciaire ».

Qui au Gabon s’est cru le droit de revisiter les acquis de la presse libre sans craindre de se heurter à ses légitimes revendications ? L’avenir nous le dira.

Par Télesphore Obame Ngomo

Président de l’OPAM

 

 

Paul Essonne

Journaliste

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