Le champion du monde de danse Krump Tony Noscript participe d’une renaissance de la danse au Gabon.

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Tony Noscript brandissant sa ceinture de champion du monde

Retour sur le Krump, une danse obscure et fascinante qui sort enfin de l’ombre grâce au Gabonais Tony Noscript de son vrai nom Tony Ndoumba, champion du monde de danse Krump à l’European Buck Session (EBS) de Düsseldorf en Allemagne le 17 octobre dernier.

Au son de beats hip-hop lourds, saturés et lents, Tony Noscript a réalisé un exercice subtil de contrôle des énergies, avec un retour à l’intériorité entre lâcher-prise, contrôle et isolation du mouvement, de l’impulsion à l’impact. C’est un véritable langage du corps par la danse, à travers le stomp (les pieds frappent lourdement le sol), le chest pop (la poitrine semble faire des convulsions vers le haut) et le arm swing (mouvement de bras mimant le jet d’un projectile ou un coup de poing mais avec les mains ouvertes) auxquels s’ajoutent des gimmicks (langue tirée, front plissé, bouche ouverte, regards menaçants). Si les cris (« hype ») ont fusé, ce n’est pas par agressivité mais pour mieux inciter son adversaire de la finale à se surpasser. De l’extérieur, ça peut faire peur, mais Tony Noscript prône avant tout le dépassement de soi et le respect de l’autre. Quand il krumpe, il partage, il donne tout, il s’exprime.

Pour rappel, le K.R.U.M.P., dont l’acronyme « Kingdom Radically Uplifted Mighty Praised » se traduirait par « élévation du royaume par le puissant éloge ». Véritable mode de vie et moyen d’expression, à la dimension quasi spirituelle (danser rapprocherait du divin), les krumpers extériorisent avec la danse, leur violence et leur rage intérieure, pour mieux les canaliser. Le Krump est une danse urbaine rapide, saccadée ou sensuelle, d’amoureux de la ville qui sont dans l’urgence d’exprimer un sentiment, une colère, une envie. Il suit les mêmes codes que le hip-hop, mais les attitudes, les expressions de visage, les pas miment des gestes de bagarre, de dispute, de strip-tease, mais aussi des gestes quotidiens. Cette danse est non violente malgré son apparence agressive avec des mouvements exécutés très rapidement, de la rage ou la colère qui peut se lire parfois sur les visages des danseurs de Krump.

Gageons que Tony Noscript  fasse découvrir le Krump aux plus jeunes Gabonais, en mettant sur pied des formations, des cours et pourquoi pas organiser des compétitions.

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