L’ASSAGA et le CAR traînent le Bugada devant les tribunaux.

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Une vue du tribunal de Libreville au Gabon.

Ce tient depuis ce lundi 6 juillet 2020, en référé, l’ouverture de l’audience de l’affaire qui oppose un collectif d’artistes menés par l’ASSAGA (Association gabonaise des artistes) et le CAR (Corporation des artistes réunis), au tribunal de le Libreville. C’est une première, car de mémoire de journaliste, jamais une structure en charge de la chose artistique n’avait été traînée devant les tribunaux.

L’aboutissement de cette plainte en référé, est le fruit de plus d’un an de tractations des membres de L’ASSAGA (association des artistes Gabonais) et du CAR (corporation des artistes réunis) ,pour arriver à convaincre les artistes de la possibilité de ce que la justice gabonaise peut traiter équitablement de ce dossier, et que le Bugada également peut être traduit en justice.

En effet, plusieurs de nos compatriotes, les artistes faisant partie demeurant quelque peu sceptiques sur l’impartialité des hommes en noir, et l’impossibilité de voir aboutir une plainte contre le Bugada (directeur général, Maximin Obame Ella), a fait que ce ne soient finalement que dix artistes tous  adhérents au Bugada qui ont répondu à l’appel des responsables des associations cités.

Ils n’ont cessé de mener des campagnes de sensibilisation qui se sont pour la plupart heurtées à la “contre sensibilisation” d’un certain nombre d’artistes de renoms, qui jouissent t du pourrissement du bureau gabonais des droits d’auteurs, qui n’a ténu qu’un seul conseil d’administration en plus de 7 ans d’existence. (le conseil d’administration est désormais caduque. Son renouvellement n’est pas la priorité de son directeur général qui lui-même est retraité depuis plusieurs mois voire un an). Le Bugada à l’ère du numérique n’a toujours pas d’adresse électronique, ce qui aurait facilité l’inscription (l’adhésion) des artistes de l’intérieur du pays, et même des créateurs gabonais vivants à l’étranger.

En 2018, exacerbée par ce qui au départ semblait n’être qu’un simple retard dans le payement des forfaits alloués aux artistes ( initié par Bilié Bi Nze, le paiement des droits d’auteurs proprement dit exigeant un mécanisme plus rigoureux que le DG du Bugada refuse toujours de mettre en place, alors que l’état a doté cette structure des outils le permettant) ,les membres de L’ASSAGA et du CAR, ont réussi à rencontrer le ministre ( Bilié Bi Nze en son temps) malgré toutes les stratégies mises en place  par Monsieur Obame Ella, pour les  empêcher. Le ministre convoquant le DG va le Sommer de payer dans les plus brefs délais, ce qu’il ne fera pas et le ministre ne pourra rien y faire, dans la mesure où celui-ci sera appelé à servir un autre département. Franck Nguema arrivant, la situation lui ayant été soumise, fera venir  dans son cabinet, à quelques mois de la fête de l’indépendance 2019, pour une réunion tripartite, les artistes toutes disciplines confondues, représentés par les présidents d’associations ou secrétaires généraux d’associations, le DG Maximin Obame Ella, et les techniciens du ministère de la culture en présence de la presse nationale.

Au cours de cette rencontre, il sera question de traiter entre autres des préparatifs du festival Gabon 9 Provences, et naturellement de l’épineuse question du non paiement jusqu’à lors des forfaits alloués aux artistes. En présence de tous, le ministre Franck NGUEMA, à ce sujet,  posera la question suivante au DG du Bugada, je le cite « M. le DG, combien avez-vous en caisse pour le paiement de ces droits ? » « 17 millions, Monsieur le ministre » a répondu Obame Ella. Sur ce le ministre Franck Nguema lui dira alors de payer les artistes.

Au sortir de cette réunion, les ayants droits pensant qu’il ne serait pas possible que la fête de l’indépendance ait lieu, et que ce payement lui, ne  puisse pas se faire, ont arrosé les réseaux sociaux de la bonne nouvelle. Ne voyant rien venir (ceci jusqu’aujourd’hui), les membres de l’ASSAGA et du CAR, traités d’insensés par les autres membres de la famille artistiques, du fait qu’il soupçonnaient déjà depuis fort longtemps le DG du Bugada de malversations, ont mené des enquêtes qui leurs ont conduit (certainement guidés par la providence ) jusqu’au  service du trésor public où ils vont découvrir que le compte du Bugada est épuisé depuis même, avant la réunion avec le ministre Franck Nguema, où Monsieur Obame Ella, s’est permis de répondre en présence de tous, que l’argent était bel et bien disponible. « Monsieur Obame Ella, a menti à la République toute entière, en toute impunité, manqué notoirement de respect aux artistes qu’il est censé servir, non se servir, et démontrer par la même occasion, son incompétence à diriger cette structure. » Ainsi, ont analysé  la frange d’artistes mécontents.

La situation du Bugada connue des médias, va permettre aux artistes et au DG du Bugada de bénéficier d’espaces radio, télé, presse écrite et en ligne. Mais il se trouve qu’une production télé (gab’culture, GABON TV) au courant de l’an 2019, va recevoir le DG du Bugada, sans contradicteur pour une partie d’émission et un sujet qui impose le débat, au cours de laquelle le DG du Bugada va en profiter pour faire passer les artistes menant le combat de la transparence pour des moins que rien, et ignorants des lois régissant le droit d’auteur et le fonctionnement du Bugada, toute en reconnaissant que les établissements de la place devaient de l’argent aux artistes, mais qu’il fallait que ces derniers mènent des actions fortes (marches pacifiques, grèves) pour rentrer en possession de leur dû. Ce qui est complètement insensé dans la mesure où le Bugada est justement mis en place pour répondre à cela.

Les artistes visés ont recherché un droit de réponse auprès des responsables de cette production, en vain. Alors, Monsieur Obame Ella à continuer sereinement à pavaner , pensant évidemment qu’ayant les médias avec lui, et le manque de durée en poste des responsables du département de la culture, comme partout d’ailleurs( autre Ministre) ,étant des alliés sur lesquels il pouvait compter, a davantage laisser trainer les choses, au point qu’aujourd’hui, il ne sera plus uniquement question de clarifier et payer les arriérés de forfaits 2018, 2019, mais plutôt depuis la mise en place effective de la structure par le président de la République en 2014.  Parce que, des usagers ce sont toujours acquittés de leurs obligations auprès du Bugada, mais rien n’est jamais parvenu aux artistes. Une découverte de compte parallèle au niveau de la Bicig, fait dire à l’avocat des artistes que nous ne sommes qu’à l’ouverture de la boîte de Pandore.

Gageons que l’issue de cet imbroglio soit équitable, pour un meilleur rayonnement de la culture gabonaise prime.

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