La pollution plastique au Gabon : déjà une réalité.

Notre sol serait contaminé par les micro-plastiques, tout comme l’océan. Par extension, c’est aussi notre agriculture et notre alimentation qui est concernée. Les Gabonais polluent les eaux, et détruisent les habitats marins naturels et portent des dommages indirects leur propre santé. Il suffit de se promener le long des rives d’un cours d’eau ou au bord de la mer. On y trouvera certainement un morceau de plastique. Car l’exploitation des matières plastiques à usage unique s’est considérablement développée. Les Gabonais utilisent donc ces matériaux dans tous leurs gestes quotidiens. Et ces habitudes ont des conséquences désastreuses pour l’environnement. Ces déchets se décomposent en infimes particules de microplastiques qui finissent par se retrouver dans la chaîne alimentaire.

Longtemps considéré comme un matériau révolutionnaire, le plastique est de plus en plus décrié, pointé du doigt comme principale cause d’une catastrophe environnementale et sanitaire. Un changement de regard qui s’accompagne d’un changement de comportements. Les industriels et les consommateurs prennent conscience de l’urgence et tentent d’agir. Le Gabon semble encore bien loin d’atteindre une économie circulaire dans laquelle il réutilise et recycle la plupart des articles, au lieu de les jeter directement dans des décharges.

Les gens consomment probablement des volumes insignifiants de plastique, cependant, les micro-plastiques finiront par se transformer en nanoplastiques de taille inférieure à 100 milliardièmes de mètres et ces particules peuvent pénétrer dans les tissus et les organes humains, présentant une toxicité potentielle avec des conséquences graves dues à la bioaccumulation dans notre système.

Pour rappel, un sac en plastique a une durée de vie moyenne de 20 minutes, mais il peut survivre dans l’environnement marin pendant des milliers d’années. Aussi, réutiliser le plastique est une première étape indispensable pour la bonne gestion de cette ressource. Sauf si celui-ci contient du BPA. Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien qui provoquerait autisme, anomalies congénitales et problèmes de fertilité.

Si aucune mesure n’est prise, la production de ce matériau pourrait augmenter de 40 % d’ici 2030, aggravant une situation déjà alarmante. Cette crise mondiale de la pollution plastique est due à notre système actuel de production, d’utilisation et d’élimination du plastique, profondément défaillant et dans lequel personne n’est tenu pour responsable, mais ce n’est pas une fatalité. Il est encore possible d’inverser la tendance, même qu’il existe des solutions pour le faire : la réduction de notre consommation d’abord puis le réemploi, le recyclage, ou encore le développement de matières alternatives. La pollution plastique a été créée en une génération. Si chacun prend ses responsabilités, elle peut également être résolue en une génération.

Le gouvernement doit négocier un traité international juridiquement contraignant pour mettre fin à la pollution plastique, en établissant des objectifs nationaux pour favoriser la réduction, le réemploi et le recyclage du plastique. Les entreprises doivent prioritairement réduire le plastique excessif et inutile et s’engager à mettre sur le marché des produits recyclables et intégrer des matières recyclées. Les Gabonais ont aussi un rôle important à jouer pour demander au gouvernement et aux entreprises d’agir pour lutter contre la pollution plastique. Chaque citoyen peut également apprendre à réduire sa consommation de plastique inutile grâce à des défis accessibles à tous.



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Paul Essonne

Journaliste

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