Journée de la liberté de la presse : la censure : plus mortifère et sauvage !

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Edgard Nziembi Doukaga

Pour cette Journée internationale de la liberté de la presse, je me dois à la vérité d’opposer au faste vaseux que de nombreux acteurs du monde des médias veulent lui concéder, une réalité de la pratique de son exercice, du reste funeste, pardonnez-moi du peu.

Et de nous remémorer, pour ceux d’entre-nous communicateurs habitués des bibliothèques, cette “pensée – conviction” de Rosa LUXEMBURG, militante socialiste, communiste et révolutionnaire allemande, née en Pologne le 5 mars 1870 et assassinée le 15 janvier 1919 lors de la révolution spartakiste en Allemagne:

« Si l’on étouffe la vie politique dans tout le pays, la paralysie gagne obligatoirement la vie dans les soviets. Sans élections générales, sans une liberté de presse et de réunions illimitée, sans une lutte d’opinions libres, la vie s’étiole dans toutes les institutions publiques, végète, et la bureaucratie demeure le seul élément actif ».

Au-delà du soupçon qui entoure les critères définissant le profil des conférenciers sur des thèmes aux objectifs illusoires dans un environnement où le politique usurpe depuis 1993, ce débat qui revient exclusivement aux communicateurs, les réflexions sur l’avenir de notre liberté d’informer objectivement en conséquence de la diversité de toutes les opinions, sont encore menées comme chaque année, au sein de petits groupes de « collègues coalisés autour des sombres idéaux ».

Et avec ceux qui sont moins bavards que nous, de nous questionner: “Qui choisit qui ? Sur quels critères ? Pour animer quoi ? Pour quels objectifs à atteindre ? Avec quels moyens venant d’où ? Dans quel agenda ?

Un devoir de savoir qui renvoie à d’autres interrogations:

Compter autant d’années d’exercice du métier de journaliste, d’animateur, ou de technicien nous confère-t-il l’expérience systématique pour animer telle ou telle thématique ? Cumuler autant de fonctions de Directions ou des cabinets institutionnels nous concède-t-il la compétence de conférencier ? Objectivement, notre parcours dans l’exécution pratique des tâches, nous donne-t-il le droit de le penser ?

À l’épreuve, nous réalisons chaque jour que la compétence est même dans la jeunesse qui nous retrouve, elle, plus active et alerte face à l’évolution des outils, notamment le numérique. Et, c’est parce qu’on ne peut pas parler de la liberté d’exercer si on n’a pas épuisé le débat sur les équipements que nous utilisons au quotidien.

Comment comprendre qu’entre les éditions annuelles de cette Journée, consacrées les unes « aux devoirs des communicateurs vis-à-vis de la société », les autres « aux droits et libertés », nous ayons un Statut Particulier squelette dans les placards des décideurs politiques depuis ! Et qu’avec autant de communicateurs siégeant au Parlement, ce cadavre pollue toujours les relations entre les différents syndicats et les tutelles qui se succèdent depuis la Conférence nationale?

Au même titre que la Carte Nationale de Presse dont on a vanté à l’origine, les avantages dans l’accès aux services publics, les réductions dans les espaces commerciaux et plus décent, un libre accès aux sources d’information, ces assises, commissions, ateliers et conférences sont une parodie dont aucun communicateur lucide ne saurait s’accommoder, en tout cas pas moi. Les communicateurs qui sont d’abord des agents publics et des employés salariés des entreprises de presse privées, ne demandent pas la charité.

Ils attendent légitimement d’avoir les moyens matériels, d’accéder à une bonne formation, d’exercer leurs métiers en totale sécurité, de traiter l’information et la diffuser en toute objectivité et dans le respect de toutes les opinions…etc Ce qui est encore une sinécure, au regard du niveau de précarité et des conditions de travail dans lesquelles, à leur corps défendant, ils peinent à servir l’information à cette société qui lui est, humainement redevable.

Oui, au Gabon il n’y a pas de journalistes emprisonnés pour délit de presse, et l’honnêteté intellectuelle commande d’adosser cet acquis indéniable à l’engagement repris chaque année par le Président de la République, Chef de l’État, S.E Ali BONGO ONDIMBA.

Seulement à côté de cet avantage, il y a quoi d’autre si, chaque jour, des journalistes consacrent leur temps et leurs moyens personnels pour aller chercher l’information, la traiter et la voire interdite de publication ou de diffusion sous le farfelu prétexte du respect de la ligne éditoriale ? Mais diantre, la ligne éditoriale des médias financés par qui ?

Mais enfin, qui, de son passé dans une école de communication, en Afrique, en Occident, en Asie ou de passage dans une rédaction des médias étrangers, refuse de se souvenir que la CENSURE est plus BRUTALE, plus SAUVAGE et plus MORTIFÈRE qu’être en prison pour délit de presse !

Évidemment et c’est une conviction personnelle, ces énièmes débats sur la liberté de la presse ne produiront aucune conséquence matérielle parce que la crise qui flagelle notre monde est d’abord morale et éthique. Par conséquent, les moyens consacrés, s’il y en a, sont un gâchis !

La volonté de l’actuel Ministre de la Communication pour essayer de faire avancer la réforme du secteur audiovisuel, est établie clairement, pour asseoir l’instruction du Chef de l’Etat sur un socle qui valorise enfin le communicateur.

Nous encourageons les responsables sollicités dans ce dossier de réforme à convaincre le Ministre d’Etat, par leurs arguments, leurs compétences, le sens de l’intérêt commun et la culture du résultat, qu’il est sur la bonne voie. Le reste tient de l’enfumage.

Inutile de faire croire aux plus hautes autorités autre fourberie que l’accès à cette liberté qui est un gage fondamental de vivacité de cette démocratie dont chacun ou chacune revendique d’en être artisan.

À conditions aussi que nous-mêmes agents, ne soyons plus les fossoyeurs de notre propre liberté à nous épanouir. Surtout que les autorités à qui on attribue cette propension à la censure ne nous demandent rien par écrit dans ce sens…

Excellente Journée Internationale de la liberté, enfin…de la liberté !

Edgard Nziembi Doukaga

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