Gabon : Patrick Daouda Mouguiama est-il un ministre sérieux ?

C’est la question que se posent les enseignants au moment où l’on parle d’un recrutement de 704 enseignants au sein du département ministériel chargé de l’Education au Gabon. « Daouda Mouguiama gagnerait à bien se reposer afin de prendre de bonnes décisions au sortir de ses vacances, apparemment il en a besoin » clame un groupe de professeurs.

La décision du ministre de l’Education Nationale suscite des débats au sein même de son ministère, mais des débats qui se chuchotent dans les oreilles par peur de représailles. Daouda Mouguiama lance le recrutement des (enseignants vacataires) direct ouvert à toutes les nationalités alors  que ce dernier n’a réussi à obtenir des syndicats qu’une suspension de la grève pour une durée de 2 mois depuis le 22 janvier dernier. Une chose est sûre, la grève reprendra le 22 mars 2022, à malin, malin et demi, les syndicats viennent encore de se faire rouler dans la farine par la tutelle.

L’Education Nationale fonctionnerait comme au Parti démocratique gabonais (PDG), où on exclut des cadres pour n’avoir pas trouvé de solutions à ces derniers et après on organise des démissions dans les Partis gazelles à défaut de faire démissionner des militants qui n’ont aucune légitimité au profit du Parti démocratique gabonais.

Daouda Mouguiama fait vraiment dans la provocation, lorsqu’on sait que les problèmes des enseignants affectés sans salaires, et les sortants de l’Ecole normale supérieure (ENS) en attente d’intégration reclassement, titularisation et paiement des vacations des enseignants existent dans le fichier aussi bien de la CONASYSED que du SENA. Malgré les dénonciations chaque année rien n’y fait.

A en croire les syndicalistes, cette décision ressemble à une entourloupe, pour faire face à une prochaine grève des enseignants.

Une chose est sûre, cette décision de Daouda, pourrait provoquer des grincements de dents, dans la mesure où ce recrutement est géré directement par le secrétariat général dudit ministère, qui dit-on souhaiterait faire la part belle aux étrangers. Voilà un gros marché où on fait juste du business, et où chacun viendra collecter des billets de francs CFA sans manifester un attachement au pays.

Selon un rapport commandité par la Présidence de la République dès 2018 auprès de l’Agence nationale des Bourses du Gabon (ANBG) et l’Office National de l’Emploi (ONE), 70% des nouveaux diplômés subissent un chômage moyen de 6 ans avant de trouver un travail satisfaisant.

Ce rapport ne semble nullement inquiéter les autorités qui auraient déjà montré leur incapacité à véritablement se soucier des problèmes du secteur éducatif pour ne citer que ce volet. Pour l’heure, il va falloir que les parents s’y attendent à une nouvelle grève le 22 mars prochain.




Assistant Edu Gabon

Paul Essonne

Journaliste

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