Gabon/Ministère de la Défense Nationale : Imbroglio autour du maintient ou pas du chef d’état-major général des forces armées Yves Dittengou.

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Courrier du Général de Division Yves Dittengou

Dans une correspondance en date du 4 février 2022, le Général de Division Yves Dittengou, Chef d’Etat-Major général des forces armées attire l’attention du Président de la République Ali Bongo Ondimba sur son admission en 2ème section et son relèvement de ses fonctions.

En effet, c’est dans une note de service n° 000154/MDN/CAB-M en date du mercredi 2 février et émanant du ministre de la Défense Nationale Michael Moussa Adamo que le Général de Division Yves Dittengou a été mis au courant de sa situation « Suite à l’admission en 2ème section à compter du 1er février 2022, du Général de Division Yves Dittengou, Chef d’Etat-Major général des forces armées, l’intérim de la fonction sera assuré par le Général de Brigade Jean Bedel Boucka ». Pourtant, cette décision du ministère de la Défense Nationale est inacceptable et ses conséquences terribles pour les militaires gabonais. Ainsi, le chef d’état-major général des forces armées a exprimé le sentiment de trahison légitime qu’il éprouve au regard des promesses faites et non tenues par l’Exécutif « En effet, j’ai été admis en 2ème section le 1er février 2022 et j’attendais la nomination par vous et par décret de mon remplaçant pour la passation du commandement. A ma grande surprise, je viens d’être relevé de mes fonctions par note de service du ministre de la Défense Nationale, qui confie l’intérim à mon adjoint chargé des opérations ».

Vue de la note de service du ministre de la Défense Nationale

Quel triste sort réserver au chef d’état-major général des forces armées, le Général de Division Yves Dittengou. Ce dernier a subi une humiliation publique alors que personne ne peut remettre en cause la droiture, le sens de l’État et l’attachement à la République du général Dittengou. Les militaires comme lui, qui risquent leur vie chaque jour, ont besoin de soutien, de considération et de respect, pas d’actes d’humiliation. L’imbroglio autour du remplacement, aujourd’hui, du général de division Dittengou est un événement exceptionnel. La confiance entre le ministère de la Défense Nationale et l’armée est gravement mise à mal, sans doute rompue, peut-être définitivement. Or, l’armée doit changer d’échelle et se préparer à des conflits plus durs, de haute intensité. Un changement de paradigme qui impose d’adapter la préparation opérationnelle des soldats, d’investir dans les nouveaux champs d’affrontements et de poursuivre la modernisation des matériels. Dans l’absolu, l’actuel chef d’état-major général des forces armées peut être maintenu à son poste jusqu’à l’élection présidentielle de 2023. Il est toutefois rare que le rythme de renouvellement des chefs d’état-major suive exactement celui des Présidents de la République.

Aujourd’hui, le Général de Division Yves Dittengou, Chef d’état-major général des forces armées reste à la disposition du Président de la République Ali Bongo Ondimba pour que le voile soit levé sur ces décisions rocambolesques.

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