Gabon : Les voleurs de la République gagnent chaque année 22 milliards de francs CFA.

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Une vue de l'immeuble interministériel

Pour la location des bâtiments qui abritent les bureaux de l’administration gabonaise, les voleurs gagnent chaque année la somme de 22 milliards de Francs CFA sous la barbe de la commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite(CNLCEI), du conseil d’Etat, de l’agence nationale d’investigation financière et de la direction générale des recherches (DGR).

A l’occasion de l’émission gouvernementale « Face à vous », le ministre du budget Sosthène Ossoungou Ndibangoye y a fait des révélations fracassantes en indiquant que le Gabon dépense chaque année 22 milliards de francs CFA pour la location des bâtiments servant de bureaux administratifs, comme si l’Etat était incapable de construire ses propres bâtiments pour s’y loger. Cette situation profiterait bien à des hautes personnalités qui, par manque de volonté politique ont décidé de se sucrer sur l’argent du contribuable. Elles ne sont nullement inquiétées, grâce au solide parapluie du parti au pouvoir, à savoir le parti démocratique gabonais(PDG).

A l’écoute de l’annonce de ce montant lors de l’émission « Face à vous », le grand public s’est rendue compte qu’il s’agissait d’un énorme scandale financier. La ligne budgétaire prend en compte les locations de biens immobiliers à usage administratif que n’alloue chaque année la somme de 4,6 milliards de FCFA en termes de loyer, en calcul simple cela fait un déficit de 17, 4 milliards de FCFA en termes de prévisions de dépense et la dépense nette.

Au Gabon, depuis  1980, souligne un ancien commis de l’Etat, « la majorité des bureaux administratifs publics sont logés dans des propriétés privées ». L’immeuble interministériel (qui a en son sein plusieurs départements ministériels) sis au quartier batterie 4, dans le premier arrondissement de la commune de Libreville, en est la parfaite illustration. Par contre, à Montagne sainte dans le 3ème arrondissement de la commune de Libreville, l’on enregistre un immeuble qui abrite les directions du baccalauréat technologie et d’autres cellules, et bien d’autres immeubles dissimulé dans la capitale. D’ailleurs, un ancien Maire affirme que « la majorité des immeubles appartiennent à des anciens premiers ministres, des ministres, des présidents des Institutions et autres, et dont la gestion est confié à des Libanais, Camerounais, qui à défaut d’être des opérateurs privées du bâtiment et des travaux public (BTP) maîtrisent bien le circuit de décaissement des finances. »

Dans les couloirs de certains ministères, l’on évoque une éventuelle enquête de la part du gouvernement gabonais sur les conventions administratives au cours de l’exercice 2021. Des enquêtes qui ne conduiront à rien parce que appartenant certainement à la famille X où Y. Et pour vouloir plaire une note circulaire signée le 5 février par Rose Christiane Ossouka Raponda indiquait ce qui suit « pour ce qui est des locaux administratifs, la direction générale du patrimoine de l’Etat (DGPE), collectera les contrats de location à l’échelle nationale et dans les missions diplomatiques et postes consulaires avant de procéder à un contrôle. Celui-ci portera sur la régularité du contrat de bail et sur la réalité de la location ».

En clair, la localisation des bâtiments, l’identification des occupants pour en faire une base de données fiable, apparemment ça n’existait pas jusque-là. Ce qui voudrait dire que malgré les conformités des conventions administratives lancées en 2015 rien ne va changer, la lourdeur administrative à fini par avoir raison sur l’Etat où ses propres enfants ont décidé de s’enrichir sans vergogne. Il va également falloir que l’Etat paye la dette aux voleurs de la République qui s’enrichissent avec l’argent du contribuable.

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